Les résultats de la dernière enquête PISA viennent confirmer une tendance que le SNALC dénonce depuis des années : le niveau scolaire des élèves s’effondre. Une réalité que le discours institutionnel a longtemps eu du mal à regarder en face.
Les chiffres publiés ce 8 septembre 2026 sont sans appel. Les résultats de l’enquête PISA 2025 placent la France à son plus bas niveau. En mathématiques, les élèves français obtiennent un score moyen de 458 points, soit 16 points de moins qu’en 2022 et près de 30 points de moins qu’en 2018. En compréhension de l’écrit, la chute dépasse 40 points en dix ans. Plus inquiétant encore : 36 % des élèves français n’atteignent pas le niveau attendu en mathématiques, tandis que seuls 4 % appartiennent désormais aux élèves les plus performants. En 2003, cette dernière proportion atteignait 15 %.
Ces résultats lamentables ne constituent pourtant pas une surprise pour le SNALC et mettent à mal l’idée que le problème se réduit à une simple querelle idéologique sur la question du « niveau ».
En effet, depuis des années, seul le SNALC alerte sur la dégradation progressive des acquis scolaires et sur les conséquences des politiques éducatives qui ont progressivement réduit les exigences et fragilisé l’autorité des enseignants. Sous la forme d’articles syndicaux[1], de communiqués de presse[2], d’audiences au Ministère et dans les rectorats, d’auditions auprès de députés et de sénateurs[3], ou encore par des congrès syndicaux – avec des invités prestigieux comme Michel Desmurget[4]-, le SNALC n’a eu de cesse de dénoncer ce délabrement du savoir dans la durée, au point de dresser ce constat sans appel : le français est devenuune langue étrangère en France. Les enseignants le constatent quotidiennement et sont désemparés : difficultés de compréhension des consignes, maîtrise insuffisante de la langue, lacunes en calcul, difficultés à raisonner et à mobiliser des connaissances élémentaires, désinvestissement des parents, copies indigestes, manque de vocabulaire, phrases sans queue ni tête, élèves inaptes à s’exprimer correctement, concentration lacunaire…. Au point de se demander : que savent réellement faire les élèves lorsqu’ils sortent du système ?
La question qui découle de ce constat est simple : comment en sommes-nous arrivés là ? Ces résultats inquiétants ne sont que la suite logique d’une multitude de renoncements idéologiques : la ringardisation de l’écrit et du savoir, le passage automatique malgré de fortes lacunes, la hausse – dans le dos des correcteurs – des notes aux examens nationaux couplée à l’inflation abracadabrantesque des mentions au bac général, l’érosion de l’autorité professorale, l’abandon de l’exigence de la maîtrise de rudiments scolaires, la baisse du nombre d’heures de cours, la multiplication de dispositifs chronophages (« journée de », « semaine du »…). S’ajoutent à cela des bouleversements sociétaux comme l’extinction de la lecture régulière comme loisir et surtout la place omniprésente des écrans à la maison associée à une consommation quotidienne préoccupante – pendant que l’Education nationale, contre l’avis du SNALC, numérise massivement les classes à tous les niveaux du système scolaire.
De renonciations en abdications, depuis tant d’années, la facture à payer aujourd’hui est salée Les enseignants font désormais face en classe à un mur d’ignorance. Et l’ignorance coûte cher à terme à un pays, culturellement, politiquement et économiquement.[5]
Le SNALC ne demande pas une énième réforme venant s’ajouter aux trop nombreux changements subis ces dernières années. Il réclame une refonte générale du système scolaire. Refonte grâce à laquelle la responsabilité des parents dans l’éducation de leurs enfants soit correctement établie, les examens nationaux ne soient plus une mascarade, l’autorité professorale soit respectée et la notion de persévérance restaurée. Sans oublier un rattrapage salarial – pas une revalorisationnette – pour rendre le métier de nouveau attractif allant de pair avec des formations initiales et continues de qualité.
Les résultats PISA montrent que cette alerte ne peut plus être traitée comme une simple posture syndicale. Il est temps de prendre ce diagnostic au sérieux et de réagir, avec courage.
[1] https://snalc.fr/ecole-des-dispositifs-contre-ecole-des-savoirs/ ; « Les élèves mauvais en maths, une surprise ? », Quinzaine universitaire, n°1449
[2] https://snalc.fr/wp-content/uploads/20220127_compresse_math.pdf
[3] Audience au Sénat le 9 octobre 2024
[4] https://snalc-champagne.fr/et-maintenant-lia-table-ronde-avec-michel-desmurget-et-marius-bertolucci-05-02-26-a-reims/
[5] « L’économie à l’ère de l’attention du numérique », Solal Chardon-Boucaud, Trésor Eco, n°369, septembre 2025





