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École des dispositifs contre école des savoirs 

© Magnific.com + SNALC

Dossier du mois de la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1516 du 4 septembre 2026

Sommaire

Encore une année agitée en perspective

L’année scolaire 2026-2027 n’échappera pas à certaines habitudes désormais bien ancrées depuis près d’une décennie. Dans une forme de mouvement perpétuel, voire de véritable culte de l’impermanence, le ministère de l’Éducation nationale va faire évoluer des programmes – en l’occurrence, ceux du cycle 4 – tout en poursuivant la refonte des référentiels de la voie professionnelle.

Il entend également expérimenter de nouveaux dispositifs – et pas seulement dans son rôle d’organisme certificateur habilité à délivrer des diplômes. Il conduira notamment dans certains départements des expérimentations destinées à « cesser de subir la baisse démographique en en faisant une opportunité » selon les termes employés par l’un des DASEN concernés. 

D’autres dispositifs, comme les PAS, seront par ailleurs étendus, alors même qu’ils sont susceptibles d’avoir des conséquences pédagogiques importantes et qu’aucun bilan clair et officiel  de leur mise en place n’a encore été établi.

Cette fuite en avant est malheureusement devenue une caractéristique forte de notre institution : réformer tête baissée, déployer et multiplier les dispositifs parfois pour les abandonner dans la foulée. Après tout, faire et défaire c’est toujours travailler… Ainsi, près de 800 collèges verront apparaître sous peu le fameux dispositif « collèges en progrès » dont l’utilité peut légitimement être questionnée et dont les effets pourraient eux se révéler particulièrement nocifs voire toxiques… Dans le même temps, le Ministère a prévu de poursuivre et accélérer le développement de l’IA, non seulement comme objet d’étude, mais aussi comme outil d’aide pour les agents. Il achèvera par ailleurs sa réforme de la formation initiale des professeurs, un chantier sur lequel, là encore, il reste encore beaucoup à dire.

Face à ces évolutions incessantes, le SNALC conserve sa boussole. Au nord, elle pointe vers l’amélioration de la rémunération, de la considération et des conditions de travail des professeurs et de l’ensemble des métiers de notre institution. Au sud, elle rappelle une autre exigence fondamentale : celle d’une éducation qui élève réellement les futurs citoyens dont nous avons la responsabilité de former les esprits. Et cette boussole nous conduit également à porter des mandats clairs à l’approche des élections qui se dérouleront dès le début du mois de décembre.

Il faut le rappeler :  plus le SNALC recueillera de voix, plus il sera représentatif et pourra peser dans les discussions et décisions. C’est cette représentativité qui nous permettra de nous opposer plus efficacement aux réformes qui fragilisent, désorganisent voire mettent à mal notre système éducatif, ses professeurs et ses élèves.

Encore des changements de programmes !

La valse des programmes se poursuit, à un rythme encore plus effréné que celle des ministres – c’est dire. Après la révision des cycles 1 à 3, c’est désormais au cycle 4 qu’il va falloir s’attaquer.

Or, depuis deux ans, les programmes réécrits présentent ─à l’exception de ceux d’histoire-géographie qui soulèvent d’autres difficultés─, un même travers : ils mettent davantage l’accent sur la manière d’enseigner que sur les contenus à transmettre. Les objectifs y sont généralement présentés sous forme de compétences, dans la colonne de gauche d’un tableau, tandis qu’une colonne de droite propose des exemples, le plus souvent intitulés « exemples de réussite ». Le SNALC s’est évidemment opposé à cette présentation, qui revient peu ou prou à indiquer aux professeurs comment enseigner. On nous a pourtant répondu qu’il ne s’agissait que de simples exemples. Mais le SNALC sait lire : le terme « réussite » n’est pas neutre. Un inspecteur un peu trop zélé pourrait parfaitement considérer qu’un professeur qui ne suit pas les pratiques suggérées par le programme — document qui constitue l’une des deux contraintes légales encadrant notre liberté pédagogique — ne met pas ses élèves dans de bonnes conditions pour réussir.

Le combat a donc été engagé. Et le SNALC, avec d’autres organisations, a obtenu le retrait de cette fameuse colonne de certains programmes. Nous avons également mené la bataille contre les éléments placés en amont des tableaux d’objectifs, les fameux « points de vigilance ». Là encore, nous avons obtenu des avancées. Ces « points de vigilance » sont d’ailleurs particulièrement problématiques, tant ils oscillent entre injonctions pédagogiques et vision parfois condescendante, voire insultante, du métier de professeur.

Malheureusement, le Ministère est têtu. Dans les projets de programmes du cycle 4, les exemples de réussite comme les points de vigilance font leur retour. Le SNALC mènera donc une nouvelle fois le combat contre ces éléments qui n’ont rien à faire dans les programmes scolaires.

Pour le SNALC en effet, le rôle des programmes est de définir ce qui doit être enseigné. Comme nous ne cessons de le répéter lors des audiences et des réunions, un programme doit fixer le QUOI et non le COMMENT. Introduire le COMMENT dans les programmes témoigne d’un manque de confiance du Ministère envers les professeurs et les rabaisse au niveau de simples exécutants. Pour le SNALC, cette conception du métier est tout simplement inacceptable.

« Collèges en progrès » : un dispositif sans moyens mais pas sans danger

L’annonce du dispositif par le ministre avait fait son petit effet : il s’agissait de « mettre le paquet » sur les 800 collèges (soit 15 %) les plus en difficulté. Le SNALC attendait donc de voir et pouvait même envisager de soutenir l’annonce de la DGESCO : les moyens jusqu’alors consacrés aux groupes de 6e seraient redéployés au profit de ces collèges.

Las, finalement, à défaut de moyens supplémentaires, le Ministère propose de distribuer les « leviers d’action » dont il a le secret : ils seront bien entendu construits « au plus près des réalités de terrain ». Citons notamment parmi ces leviers « Devoirs faits », AP, réunions de travail et formation des enseignants. Or, « Devoirs faits » repose largement sur le volontariat – sauf en 6e pour les élèves, mais en 6e aussi pour les professeurs. Quant à l’accompagnement personnalisé, il suppose de sacrifier options et effectifs réduits en sciences et en langues. Dans ces conditions, il n’est pas difficile de deviner ce qui risque de devenir le cœur du dispositif : les réunions et la formation des enseignants.

Tout est d’ailleurs prévu pour un accompagnement renforcé des équipes éducatives. Le pilotage sera assuré par un groupe d’experts dont les DASEN pourront faire partie. Cet aréopage de spécialistes s’appuiera sur une batterie d’indicateurs pour « coconstruire avec le collectif du collège une feuille de route pluriannuelle ». Pilotage, indicateurs, experts, leviers, rien ne manque au jargon technocratique qui est devenu la marque de fabrique de l’Éducation nationale. L’objet rappelle furieusement la mise en place des conseils académiques des savoirs fondamentaux, institutions présidées par le recteur dont le principal « levier » consiste à faire intervenir les inspecteurs pour vérifier que les professeurs travaillent de la bonne manière, diffuser la bonne parole pédagogique et organiser les formations censées remédier à leurs supposées insuffisances

Le SNALC s’est déjà opposé à ce type de dispositif déployé sans moyens, mais pas sans arrière-pensées.  Les effets de ces pépites managériales finissent en effet toujours par retomber sur les professeurs. Quand les résultats ne sont pas au rendez-vous, les causes sont connues : les professeurs ne sont pas assez formés et doivent remettre en cause leurs pratiques.

Or, le SNALC rappelle les besoins urgents des professeurs : des programmes solides, du temps pour les mettre en œuvre et des rémunérations à la hauteur de leurs responsabilités. Les leviers, les pilotes, les réunions supplémentaires et les formations imposées ne figurent pas dans la liste. Les vrais experts de l’enseignement sont dans les classes. Il faut leur donner les moyens de travailler, leur faire confiance et les laisser enseigner !

Les PAS : de la compensation humaine à la compensation pédagogique

Le SNALC a déjà dénoncé le déploiement des PAS qui, à la suite des PIAL, vont détériorer davantage les conditions de travail des enseignants et des AESH, et modifier la prise en compte du handicap. Quelles sont les conséquences prévisibles ?

  • L’Éducation nationale deviendra prescriptrice. Le risque est alors de passer d’une logique dans laquelle l’offre d’accompagnement répond aux notifications de la MDPH à une logique inverse. L’offre d’accompagnement pourrait ainsi déterminer progressivement la réponse apportée aux besoins des élèves.
  • L’Éducation nationale travaillera plus étroitement avec le secteur médico-social. Ce rapprochement se concrétisera par une collaboration avec des éducateurs spécialisés.
  • Le public concerné par le dispositif s’élargira considérablement. Les AESH continueront à accompagner les élèves en situation de handicap, mais le PAS ne se concentrera plus uniquement sur eux : le dispositif vise désormais l’ensemble des élèves à besoins éducatifs particuliers.

C’est cette troisième évolution qui doit particulièrement attirer notre attention ; la compensation humaine, portée notamment par les AESH, n’est plus appelée à constituer la réponse de référence. Pour les professeurs, la conséquence est très concrète : il leur faudra davantage encore recourir à la compensation pédagogique pour faire réussir les élèves à besoins éducatifs particuliers. Or, comme le rappelle régulièrement le SNALC, tous les élèves peuvent potentiellement être considérés comme ayant des besoins éducatifs particuliers. Autant dire que nous ne sommes pas sortis des ronces…

Certains verront du positif dans le rapprochement entre l’Éducation nationale et le secteur médico-social. Si le SNALC ne conteste pas l’intérêt d’une meilleure coopération entre professionnels, il ne se fait pas d’illusion sur l’ensemble du dispositif. Faire cours devant 25 à 30 élèves, gérer l’inflation des PAP et des PPRE tout en accueillant plusieurs élèves en inclusion constitue déjà une équation particulièrement complexe. Cette situation met en difficulté voire en souffrance bon nombre d’enseignants et mène beaucoup d’élèves à l’échec. Avec les PAS, la pression risque de s’accentuer : le professeur devra encore adapter davantage pratiques, supports, et rythmes d’apprentissage jusqu’à près d’une douzaine par classe.

La réponse au handicap est donc appelée à se diluer dans une catégorie beaucoup plus large et, dans un contexte de diminution du nombre d’AESH, la charge de l’adaptation va encore se reporter davantage sur l’enseignant. Le SNALC attend le bilan de l’expérimentation des PAS dont la publication est annoncée pour le 15 septembre 2026. Il est d’ores et déjà clair que ce dispositif aggravera une inclusion déjà mal menée et génératrice de souffrances pour tous.

Baisse démographique : expérimentations et boniments

Comme souvent, tout part d’un constat juste et partagé : le nombre d’élèves diminue en France et le phénomène risque de perdurer. Pour le SNALC, cette baisse démographique doit constituer l’opportunité d’investir pour offrir de meilleures conditions d’apprentissage à nos élèves.

Lors du lancement d’une expérimentation dans 18 départements, il aurait donc pu – s’il n’était déjà bien échaudé – se réjouir des belles déclarations d’intention de l’institution affirmant, DASEN en tête, qu’il fallait « cesser de subir la démographie et en faire une opportunité ». Malheureusement, comme souvent, passé le constat, les divergences sont apparues notamment sur le sens donné au mot « opportunité » …

En effet, en filigrane, entre jargon institutionnel et éléments de langage, ont émergé des concepts qui ont permis de mieux cerner les intentions. La référence aux « cités éducatives » l’intérêt pour les RPI (regroupement pédagogique intercommunal) ou pour les rapprochements d’écoles ont rapidement fait apparaître la logique à l’œuvre. Plutôt que de réfléchir chaque année aux moyens à attribuer aux écoles en fonction de l’évolution des effectifs, les DSDEN souhaitent établir une programmation pluriannuelle en concertation avec les communes et les départements. Parmi les pistes envisagées figurent l’intégration d’écoles primaires au sein de collèges et la création de nouveaux regroupements d’écoles. Pour le dire plus franchement : les économies d’échelle constituent bien l’objectif de l’expérimentation. Mais les DASEN savent bien que les communes sont particulièrement attachées à leur école. Ils ont donc commencé à réfléchir à l’utilisation des bâtiments : pourquoi pas des maisons d’accueil pour les seniors ? De quoi consoler les communes et départements qui auraient pu déplorer d’avoir investi en pure perte !

Bref, contrairement au SNALC qui espérait une politique d’investissement pour améliorer la qualité de notre système éducatif, nos décideurs semblent privilégier la satisfaction de besoins immédiats liés à la courbe démographique. Le SNALC suivra avec attention les conséquences de cette expérimentation dans les départements concernés.

Examens : tirer enfin les leçons

Les examens 2026, Baccalauréat et DNB, ont bien eu lieu, dans une dramaturgie parfois tragicomique. Le SNALC fera tout pour que le Ministère en tire les bonnes leçons. 

Cela commence par le calendrier (deux réunions se sont tenues cet été). Pour le SNALC, il doit permettre des ajustements en cas de conditions extrêmes telles que cette année. Prévoir des épreuves uniquement le matin relève du bon sens.

Le SNALC a également demandé que les deux examens se tiennent un peu plus tôt au mois de juin pour donner plus de temps aux correcteurs et se réserver la possibilité de repousser les épreuves en cas de nécessité.  En arrière-plan, il s’agit aussi d’éviter que le Ministère finisse par céder à ceux qui promeuvent la disparition des examens nationaux au profit du tout-contrôle continu.

Concernant la valeur des diplômes, le SNALC a rappelé la séquence aussi rocambolesque qu’affligeante au cours de laquelle la tête a annoncé requérir plus de sévérité sur l’orthographe et l’intelligibilité des copies tandis que le corps –d’inspection- a refusé de suivre.

Le Ministère doit aussi tenir compte des nouvelles formes de triche toujours plus sophistiquées : les appareils connectés cachés dans les toilettes ou portés sous forme de lunettes ont été maintes fois évoqués.

Certes des chefs de centre ont été équipés d’appareils de détection, ce qui prouve que le phénomène est pris au sérieux. Mais Il faudra aller plus loin car c’est la valeur et la représentativité de nos diplômes qui sont en jeu. Notons au passage que le contrôle continu est encore plus propice à ces nouvelles triches technologiques et qu’il n’est donc pas la panacée présentée par certains.

Enfin, en matière d’image et de représentativité des diplômes, il serait temps que la tête et les différents corps du Ministère se mettent au diapason et agissent dans le bon ordre. Le SNALC est certes favorable à l’organisation d’examens sérieux qui ne mentent pas aux élèves et évaluent réellement leur niveau. Mais, avant d’évaluer avec justesse et exigence, le Ministère doit se donner les moyens d’élever le niveau de connaissance des élèves.

Dans les discussions à venir, le SNALC sera pleinement mobilisé pour que les examens se déroulent dans les meilleures conditions et qu’ils retrouvent toute leur valeur.

IA : Aide ou boîte de Pandore ?

Depuis les premières réflexions autour du Cadre d’usage de l’IA dans l’Éducation nationale, le SNALC réclame que soient clairement distingués trois sujets : l’usage administratif, qui nécessite une réglementation très pointue au regard des données qui sont en jeu, l’usage par les élèves qui doit tous nous interroger, et l’usage par les enseignants.

Le volet administratif a de quoi inquiéter tant on connaît la fragilité de l’Éducation nationale en matière de cybersécurité. C’est pourquoi nous demandons des garanties fortes avant que l’institution se lance à corps perdu dans l’IA.

L’usage par les élèves est clairement problématique. La posture béate confondant progrès technique et progrès humain est de plus en plus rare et Ministère lui-même dénonce la tendance des élèves à utiliser l’IA « pour qu’elle fasse à la place de ». Tout le monde a en effet bien compris que la grande majorité des élèves considèrent l’IA comme un moyen de tricher, plagier ou déléguer le travail à la machine. Or, le risque de ce fonctionnement est évident : former des élèves – donc des futurs citoyens- dénués de connaissances et incapables de réflexion. Perspective inacceptable pour le SNALC.

Enfin, le SNALC a une vision assez simple du cadre d’usage de l’IA par les professeurs : ils doivent pouvoir bénéficier de la formation et des outils idoines s’ils estiment que l’IA peut avoir une plus-value dans leur enseignement. Mais le SNALC ne saurait cautionner une conception du métier qui déléguerait toute recherche et toute réflexion à la machine. Outre la perte de qualité humaine du travail réalisé, les gains de temps escomptés d’un tel fonctionnement pourraient donner la mauvaise idée aux décideurs d’augmenter les ORS des professeurs, aubaine particulièrement bienvenue dans un contexte de crise d’attractivité du métier. Le SNALC refuse aussi absolument de considérer, comme dans certains documents ministériels, que l’IA constitue une opportunité de faire évoluer la pédagogie des enseignants. Nous connaissons trop bien la tentation de définir voire d’imposer les bonnes pratiques au nom de l’innovation… De même, le SNALC a combattu l’idée de déléguer à l’IA une partie de la correction des examens pour éviter les erreurs potentielles et les décalages de notation.

L’IA ne doit devenir ni un substitut à la pensée ni un moyen d’asseoir un diktat pédagogique ni enfin un instrument de contrôle orwellien.

Ce que veut le SNALC

Alors que cette année revêtira une importance toute particulière avec la tenue, en décembre, des élections professionnelles, il nous semblait impossible de conclure ce dossier autrement que par une synthèse des revendications du SNALC dans le domaine de la pédagogie. Nos lecteurs ne s’étonneront donc pas de ne pas y retrouver les revendications majeures que notre syndicat porte en matière de rémunération, de carrière, de santé ou de sécurité au travail.  Notre réflexion se concentre en effet ici sur la pédagogie avec une boussole axée sur deux pôles : le respect et le sens du métier d’une part ; un enseignement qui élève réellement d’autre part.

Depuis plusieurs années, le SNALC constate deux problèmes majeurs et étroitement liés : la perte du sens du métier pour les enseignants et la défiance croissante de l’institution à l’égard de ses professeurs. Cette défiance se traduit par la multiplication des contrôles et des prescriptions sur la manière d’enseigner ou d’évaluer. Les programmes sont moins prolixes sur le contenu à enseigner, mais de plus en plus injonctifs sur le « comment faire ».  Les projets locaux d’évaluation en constituent un exemple parmi bien d’autres. Elle se manifeste également par la création de dispositifs au sein desquels des experts, qui n’enseignent pas ou plus, viennent expliquer aux professeurs quelle pédagogie ils devraient adopter. Elle apparaît enfin dans les nouveaux référentiels de formation des futurs enseignants où la didactique et la pédagogie prennent une place toujours plus importante au détriment des connaissances disciplinaires.

Pour le SNALC, il est temps de remettre les connaissances au centre et de faire confiance aux professeurs. Ils doivent pouvoir se former aux différentes approches pédagogiques et exercer leurs choix en tant que professionnels et premiers experts de leur enseignement. Le rôle de la hiérarchie devrait dès lors être clair : leur permettre d’exercer leur métier dans les meilleures conditions et non se substituer à eux en prétendant savoir mieux qu’eux comment enseigner.

Pour que le métier retrouve son sens et que les élèves disposent d’un enseignement de qualité, chaque discipline doit prendre toute sa place et disposer de programmes clairs sur les connaissances à acquérir. Cela suppose notamment que les options comme les langues anciennes bénéficient de véritables horaires, que la technologie soit enseignée à tous les niveaux et que les effectifs permettent réellement d’accompagner les élèves.

Enfin, pour une École qui élève et qui conforte la professionnalité de ses « hussards noirs », il faut faire rimer bienveillance avec exigence. Avant de multiplier les annonces à grand renfort de fanfare et trompettes sur les examens et parallèlement au travail nécessaire sur les programmes et les effectifs, il faut s’attaquer au traitement de la difficulté et de l’échec scolaire. Nous ne pouvons pas nous satisfaire d’un système dans lequel des élèves traversent leur scolarité jusqu’au baccalauréat avec des lacunes parfois abyssales en matière de compréhension, de connaissances et de réflexion. C’est pourquoi le SNALC continuera de pousser le Ministère à engager une réflexion refusant l’assimilation systématique de toute forme d’exigence à un risque de tri social. Laisser des élèves en grande difficulté s’engager dans l’enseignement supérieur sans leur avoir donné en amont le temps, les moyens et les conditions nécessaires pour progresser, n’est pas acceptable pour le SNALC.

Les chantiers sont nombreux pour sortir notre système scolaire de la crise. Plus le SNALC sera représentatif dans chaque académie comme dans les plus hautes instances ministérielles, plus il pourra peser sur les choix du Ministère et contribuer à infléchir la politique éducative.

Pensez-y en décembre à l’occasion des élections professionnelles : le SNALC compte sur vous !