Le SNALC a été auditionné le 8 juin au Ministère au sujet d’une note de service visant à favoriser la réussite des élèves entrant en seconde. Notre syndicat a montré qu’en l’état, ce texte était inacceptable et risquait de braquer les professeurs comme les chefs d’établissement.
La mécanique administrative est bien en place. La note prévoit une multiplication de réunions en début d’année : entre collègues, avec les élèves et leurs familles, mais aussi avec les professeurs des collèges de recrutement. S’y ajoutent bien entendu les traditionnelles fiches de suivi, tableaux d’objectifs et autres documents assurément indispensables.
L’intention affichée est d’identifier rapidement les difficultés des élèves afin de mettre en place des dispositifs de remédiation à partir des compétences disciplinaires avec des objectifs définis et partagés par les élèves et leurs parents. Il s’agirait de coconstruire un projet d’enseignement adapté à chacun en mobilisant les leviers pertinents : AP en lycée général et technologique, heures de soutien au parcours en lycée professionnel. Pas de doute, le jargon technocratique est bien au rendez-vous !
Grand absent en revanche : le financement. Aucun moyen supplémentaire n’est prévu. Le SNALC a d’ailleurs dû rappeler au Ministère que l’AP a disparu dans l’immense majorité des lycées. Lorsqu’elle subsiste, elle repose sur la marge horaire des établissements déjà largement absorbée par les options, dédoublements en sciences…
Sans temps ni moyens supplémentaires, les professeurs – tout particulièrement les professeurs principaux – risquent encore une fois d’être confrontés à l’impossibilité de faire correctement leur travail.
Le SNALC a donc clairement indiqué que cette note de service fortement injonctive risquait de rester lettre morte ou de se traduire par une dégradation des conditions de travail des professeurs et des conditions d’apprentissage des élèves.
Le SNALC partage évidemment l’objectif de permettre aux élèves de réussir leur classe de seconde. Il a donc encouragé le Ministère à revoir sa copie en élaborant une note de service plus réaliste et débarrassée des contraintes inutiles et chronophages telles que réunionite et paperasse. Il a surtout rappelé que la réussite en seconde se prépare en amont ; il est toujours plus efficace de prévenir que de guérir.
Article publié dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1515 du 10 juillet 2026





