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Sud Radio – Orthographe au bac : un sparadrap sur une hémorragie

« ... C'est comme si vous étiez malade et que je vous disais : écoutez, on va vous maquiller un peu, et vous verrez, ça ira mieux...»
Maxime Reppert
Vice-président du SNALC

Alors que le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray annonce vouloir sanctionner les copies du baccalauréat mal rédigées, Maxime Reppert, vice-président du SNALC, démonte point par point une mesure qu’il juge purement symbolique. Derrière l’intention louable, il dénonce des décennies de renoncements : baisse des heures d’enseignement du français, méthodes pédagogiques dégradées, métier enseignant dévalué. Pour lui, afficher plus d’exigence à l’examen sans s’attaquer aux causes profondes, c’est maquiller un malade plutôt que de le soigner.

Maxime Reppert, vice-président du SNALC, est l’invité de Sud Radio le 20 mai 2026.

Sud Radio – Jean-François Aquilin
Le ministre Édouard Geffray, de l’Éducation nationale, veut sanctionner les copies du bac mal rédigées. Invité dans ce studio : Jérôme Fournier, professeur d’histoire-géographie et secrétaire national du syndicat SE-UNSA, et Maxime Reppert — bienvenue — qui nous rejoint, installez-vous, vice-président du SNALC, le Syndicat national des lycées, collèges, écoles et études supérieures. Bonjour et bienvenue, installez-vous. Je vais vous faire écouter, en attendant que vous vous installiez, ce que dit Iannis Roder, l’historien, au sujet de cette déclaration du ministre de l’Éducation nationale sur Sud Radio.

Iannis Roder
C’est aussi un signal, je crois, envoyé à la fois aux élèves et aux professeurs, pour qu’ils prennent en compte le niveau d’expression écrite de leurs élèves. Ça veut dire aussi que les élèves doivent comprendre qu’écrire demande des efforts, de la rigueur, du sérieux. Mais le signal, je pense que le signal est important. La langue, ça se maîtrise, la langue, ça se travaille — la syntaxe, l’orthographe. Et ce sont autant d’efforts qui permettent de structurer sa pensée.

Sud Radio – Jean-François Aquilin
Maxime Reppert, bonjour, bienvenue. C’est chaud de nous rejoindre parfois. Vice-président du SNALC, vous avez entendu évidemment les déclarations du ministre hier, et notamment ce commentaire qui vient d’être diffusé. Vous dites quoi ? C’est un bon signal ?

SNALC – Maxime Reppert
Non, c’est un faux signal. Écoutez, je pense que nous sommes tous d’accord autour de cette table pour dire qu’il faut maîtriser la langue française, que l’orthographe, la syntaxe, la grammaire, la façon de s’exprimer, c’est quelque chose d’important. Nous sommes tous d’accord, je pense. Bon, maintenant, pour en revenir aux déclarations du ministre, je vais faire une comparaison qui va tout de suite résumer les choses. C’est comme si vous étiez malade et que je vous disais : écoutez, on va vous maquiller un peu, et vous verrez, ça ira mieux. Eh bien, c’est un peu la même chose ici. Il faut être lucide, il faut être réaliste. Ces annonces partent d’une intention tout à fait louable, mais on reste dans une posture — une posture de communicant, une posture d’affichage — parce que…

Sud Radio – Jean-François Aquilin
Mais comment l’expliquez-vous ? Pourquoi ça arrive maintenant, alors qu’on est à quelques jours du bac ?

SNALC – Maxime Reppert
Ça arrive maintenant pour montrer que… voilà, on essaie de montrer — vous savez, l’Éducation nationale, c’est une belle vitrine, et c’est une succession de politiques d’affichage. Pour résumer les politiques éducatives : on essaie de dire, en gros, regardez, on va vous montrer que le bac, ça a de l’importance — alors qu’au passage, pas tous les bacs, puisque la voie professionnelle a été repoussée à 2027, pour des questions techniques. Mais le problème, ce n’est pas ça. Le problème, c’est que les jeunes ne maîtrisent pas la langue française. Et ce n’est pas en demandant d’être plus exigeant en termes de correction qu’on va changer la donne. Regardez le paradoxe : pendant des années, on a diminué le volume horaire d’enseignement du français. Parallèlement, chaque année, on a demandé aux correcteurs de remonter les notes quand ils étaient trop stricts. Et là, aujourd’hui, on tient le discours inverse. Je suis désolé : si on veut agir sur la maîtrise de la langue française, ce n’est pas ce type d’annonce qu’il faut faire.

[…]

Sud Radio – Jean-François Aquilin
Messieurs, est-ce que tout cela n’est pas la résultante — je commence par vous, Maxime Reppert — de l’irruption désormais des écrans dans nos vies, dans la vie des jeunes, comme dans celle des adultes, et qui vient, au fond, fracasser l’enseignement des langues et de l’orthographe ?

SNALC – Maxime Reppert
Vous avez raison. On en arrive là parce que c’est un ensemble de phénomènes, y compris celui que vous venez de décrire. Mais en même temps, regardez ce qu’on a fait au niveau de l’école. Regardez l’exigence — où est-elle, vis-à-vis de nos élèves ? Elle n’existe plus. On a diminué le nombre d’heures. On a rendu le métier de moins en moins attractif, à tel point qu’il est difficile aujourd’hui de trouver des professeurs de lettres pour faire cours face aux élèves. Sans parler des méthodes pédagogiques que l’on a abandonnées. Il y a d’autres problématiques — celle des écrans en est une excellente — et on se retrouve aujourd’hui dans une situation où il faut opérer en urgence, et où le ministre nous dit : attendez, on va mettre un sparadrap. Parce que la réalité, c’est ça. Il faut arrêter de mentir — arrêter de mentir aux auditeurs, arrêter de mentir aux élèves, arrêter de mentir aux parents — et, à un moment donné, reconnaître les problèmes tels qu’ils se présentent.

Sud Radio – Jean-François Aquilin
Messieurs, il faut conclure. Dommage que vous soyez arrivés si tard, mais on a bien entendu vos messages. […] Maxime Reppert, même conclusion pour vous ?

SNALC – Maxime Reppert
Je pense qu’il faut redonner à l’enseignant sa place de professionnel. Il faut arrêter de l’infantiliser, de le culpabiliser, de l’isoler, parce que nous sommes des professionnels de l’Éducation nationale. Rendez-nous notre professionnalisme et reconnaissez notre travail. Voilà le message que j’aimerais adresser à notre ministre.

Sud Radio – Jean-François Aquilin
J’imagine que, pour ce qui est de l’éducation de nos enfants, rendez-vous en 2027. Ce sera l’un des grands débats — vous êtes d’accord avec ça, messieurs ?

SNALC – Maxime Reppert
Évidemment !

Sud Radio – Jean-François Aquilin
Merci à tous les deux, Jérôme Fournier et Maxime Reppert, d’avoir répondu à nos questions ce matin.

« ... Il faut qu'on arrête de mentir aux auditeurs, aux élèves, aux parents — et reconnaître les problèmes tels qu'ils se présentent...»
Maxime Reppert
Vice-président du SNALC