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Lycée 4.0 : une honte pédagogique et budgétaire

© magnific_krakenimages.com

Expérimenté dans quelques établissements par la région Grand Est en janvier 2017, le dispositif “Lycée 4.0” a été généralisé à tous les lycées de la région depuis la rentrée 2020. Il consiste en la distribution, à la rentrée de septembre, d’un ordinateur portable accompagné des licences de manuels et de ressources numériques à tous les lycéens entrant en seconde.

Pour en défendre la pertinence, la région a avancé plusieurs arguments. D’un point de vue pratique, il s’agissait de remplacer les manuels papier par des ressources numériques pour alléger les sacs. La distribution d’ordinateurs devait aussi permettre aux lycéens « d’étudier dans de meilleures conditions », tout en favorisant les usages du numérique dans l’enseignement présentés comme « un puissant levier de modernisation, d’innovation pédagogique et de démocratisation du système scolaire ». Bref, ce dispositif s’inscrivait, selon elle, dans « une démarche pédagogique ambitieuse »[1]. Autrement dit, une véritable révolution scolaire au bénéfice des élèves et des enseignements était annoncée

Qu’en est-il réellement ? Après plus de sept ans d’existence dont cinq à l’échelle de toute la région Grand Est, l’heure du bilan est venue. C’est ce qu’a entrepris le SNALC à l’automne 2025, à travers un sondage auprès des professeurs de lycée en Champagne-Ardenne et en Lorraine. En voici les principaux enseignements.


[1] Dane.ac-reims.fr

EN CLASSE 

Question 1 : avez-vous observé une amélioration de l’attention et de la concentration des élèves grâce aux ordinateurs ?

À LA MAISON

Question 2 : avez-vous observé un nombre plus important d’élèves faisant régulièrement leurs devoirs depuis la mise en place du dispositif ?

Question 3 : avez-vous observé une amélioration de la qualité des devoirs faits à la maison depuis la mise en place du dispositif ?

DE MANIÈRE GÉNÉRALE

Question 4 : avez-vous observé de manière globale de meilleurs résultats scolaires des élèves grâce au dispositif ?

Question 5 : avez-vous observé des changements négatifs dans le système scolaire à cause du dispositif ?

Question 6 : quels changements négatifs avez-vous pu constater ?

Parmi les 81% de oui, une majorité de réponses pointe la baisse de l’attention et de la concentration et fait état d’usages récréatifs des ordinateurs en cours. Sont mentionnées aussi une plus grande passivité et une diminution de l’investissement dans le travail.

EN CONCLUSION

Question 7 : pour reprendre une expression de la Région Grand Est, est-ce que finalement le dispositif « lycée 4.0 » représente selon vous « un puissant levier […] de démocratisation de notre système scolaire » ?

Question 8 : avez-vous déjà été sollicité par votre établissement, votre département ou la Région Grand est pour une évaluation de l’impact du dispositif « Lycée 4.0 » ?

CE QUE RETIENT LE SNALC 

Les réponses sont sans équivoque : le lycée 4.0 ne permet pas « d’étudier dans de meilleures conditions » et ne constitue pas « un puissant levier […] de démocratisation du système scolaire ». Sans surprise, les inégalités persistent. En effet, les bénéfices pédagogiques de ces ordinateurs ne sont pas probants ; en outre, ils constituent un facteur important de déconcentration en classe, avec comme corollaire l’épuisement et l’impuissance des enseignants qui doivent pallier tous les problèmes de mise en route en début de cours, tout en tentant de vérifier que chaque élève ne se distrait pas derrière son écran.

Les réponses témoignent aussi de la baisse de capacité cognitive des élèves ; elle se traduit par des difficultés plus importantes à lire et comprendre, et une perte de l’automatisme de l’écrit. Si de rares témoignages indiquent que ce dispositif permet de donner un outil de travail numérique à toutes les catégories sociales, de faciliter la différenciation pédagogique et d’améliorer la communication avec les familles, les nombreux inconvénients mentionnés appellent à s’interroger sur le bienfait d’une mesure pesant très lourdement sur les finances régionales (37 millions d’euros tous les ans)[1]. C’est pourquoi, le SNALC va écrire au président de la Région Grand Est pour lui demander de mener rapidement un audit sérieux de son dispositif « Lycée 4.0 ».

Le SNALC est las des opérations de communication élaborées sans les professeurs et trop souvent au détriment des élèves. Il dénonce la généralisation de dispositifs dont la pertinence pédagogique n’est quasiment jamais interrogée, mais que l’on maintient pour entretenir une belle vitrine y compris quand la balance bénéfices/risques est largement déficitaire. Soucieux de l’utilisation efficace des deniers publics, le SNALC ne peut s’empêcher de penser avec amertume au nombre de postes d’enseignants qui pourraient être financés avec le budget alloué au dispositif « Lycée 4.0 ».


[1] Fascicule « Grâce à ma région… », Région Grand Est, juillet 2024


Article paru dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1513 du 7 mai 2026