Le 13 mai 2026, le Ministère a présenté au SNALC son projet de concours général des collèges afin de recueillir notre avis, nos demandes et nos éventuelles propositions.
L’idée ? Proposer cinq épreuves aux élèves de 3e organisées en janvier ou en février, sur temps scolaire. Un objectif de 10 % d’élèves inscrits est fixé. Chaque candidat ne pourrait passer qu’une seule épreuve et les collèges devraient respecter une stricte parité filles-garçons. Les cinq épreuves prévues- qui pourraient évoluer à l’avenir notamment pour intégrer les langues- seraient les suivantes :
- raisonnement scientifique mêlant mathématiques et sciences ;
- écriture créative et littéraire ;
- histoire ou géographie, une question et deux ou trois documents d’appui ;
- arts plastiques avec création bidimensionnelle sur un thème puis explications des choix et intentions créatives ;
- informatique et technologies d’avenir. Cette épreuve s’adossera aux programmes de technologie du cycle 4 et aux mathématiques, le tout sur une thématique sociétale.
Le Ministère a bien insisté sur le fait que les qualités rédactionnelles des élèves seront particulièrement scrutées.
Le SNALC a d’emblée précisé qu’il n’est pas demandeur de ce concours général. Il lui semblerait plus urgent de travailler avec le Ministère sur les priorités du moment : pertes de postes, effectifs chargés, mauvaise gestion de l’inclusion par exemple.
Cela ne nous a pas empêchés de formuler plusieurs remarques. Nous avons notamment souligné que l’objectif de 10 % était très ambitieux et qu’introduire une stricte parité pourrait empêcher certains élèves – filles comme garçons – de participer.
Rappelons également que l’année de 3e était déjà émaillée de nombreux dispositifs : brevets blancs, stage de découverte professionnelle, réflexion sur l’orientation, oral blanc du brevet, oral du brevet , passages de PIX, Evalang et ASSR semblent déjà reléguer heures de cours et respect des programmes en queue de peloton des priorités. Est-il bien nécessaire d’en rajouter ?
Enfin, nous avons alerté le Ministère sur un autre point très concret : même si les épreuves ont lieu sur le temps scolaire, beaucoup de chefs d’établissement risquent de convoquer des professeurs en dehors de leurs heures de cours pour assurer la surveillance. Qu’en sera-t-il par ailleurs de la préparation du concours et de la correction des copies ? Le SNALC a donc fortement insisté sur la nécessité d’une note de service garantissant la rémunération de tout travail supplémentaire. Il est hors de question que le décret de 2014 soit encore brandi pour légitimer la généralisation du bénévolat.
Article publié dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1514 du 5 juin 2026





