Alors que notre métier subit une grave crise d’attractivité, et que les taux de démission des stagiaires atteignent un niveau sans précédent, il est important de s’interroger sur la capacité de notre institution à « fidéliser » ses agents. Pour ce faire, le SNALC a interrogé les stagiaires.
En premier lieu, le SNALC constate que 95 % de nos répondants ont été placés sur des postes hors de l’éducation prioritaire, et que 76 % d’entre eux étaient dans l’académie qu’ils souhaitaient intégrer. En termes de ressources humaines, ces chiffres sont positifs. De même, seuls 5 % de nos stagiaires étaient professeurs principaux et 60 % n’avaient pas de classes à examen. Ces éléments peuvent expliquer qu’au final, une majorité des répondants estime que cette année de stage a eu un effet positif sur leur envie de rester dans notre ministère (53 %). Par ailleurs, 17 % considèrent que cette année n’a rien changé à leur désir de devenir professeurs.
Pourtant, si l’on s’arrête à ces chiffres, comment ne pas s’interroger sur les raisons pour lesquelles 30 % des stagiaires ont vécu cette année comme un repoussoir ? Il apparaît tout d’abord que 64 % des stagiaires considèrent que leur employeur ne les a pas placés dans les meilleures conditions pour apprendre leur métier. Par ailleurs, si la partie pratique de la formation ainsi que le travail avec le tuteur demeurent des points forts — 87,5 % des stagiaires ont bien vécu cette collaboration — c’est vers la partie INSPE qu’il faut se tourner afin de comprendre ce désamour relatif. La formation disciplinaire est manifestement perfectible, car ils sont aussi nombreux à la juger inutile ou peu utile qu’à la considérer satisfaisante. Et lorsqu’on s’intéresse à la formation transversale, les résultats sont encore plus inquiétants : 72 % des stagiaires déclarent au SNALC que ce volet de leur année de stage ne répond pas à leurs besoins.
Ces résultats montrent que la formation doit évoluer et que le ministère pourrait réellement améliorer l’attractivité de notre profession. Pour le SNALC, la réforme à venir avec le nouveau master M2E ne résoudra aucun des problèmes actuels. Nous continuerons donc d’interroger les stagiaires et de nous appuyer sur nos enquêtes pour infléchir les choix ministériels, afin que nos futurs collègues soient mieux outillés et épanouis dans leur métier.
Article publié dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1514 du 5 juin 2026





