À l’occasion de la réunion du Comité consultatif du Conseil d’évaluation de l’École du 8 avril, le SNALC a réaffirmé ses profondes réserves sur l’orientation actuelle des politiques d’évaluation.
Si certaines intentions sont partagées -amélioration des acquis des élèves, refus du classement des établissements ou encore prise en compte de l’équité-, le SNALC rejette une logique jugée trop bureaucratique et éloignée des réalités de terrain. La généralisation de l’évaluation, désormais installée à grande échelle, est perçue comme lourde, chronophage et peu utile pédagogiquement, notamment dans le premier degré.
Le SNALC dénonce le pilotage par les indicateurs et les données, qui réduit la complexité des apprentissages à des chiffres, ainsi que le recours croissant au numérique et à l’intelligence artificielle, susceptibles de renforcer le contrôle institutionnel. La multiplication des outils, questionnaires et dispositifs, participe d’une dérive technocratique.
Autre point d’alerte : la montée d’une logique managériale incarnée par le renforcement du rôle des chefs d’établissement et la valorisation du leadership. Le SNALC y voit un risque pour la liberté pédagogique et l’expertise individuelle des enseignants. Il s’oppose aussi à l’imposition accrue du travail collectif et à l’autonomie des établissements, facteurs potentiels d’inégalités.
Le SNALC souligne par ailleurs les limites reconnues par le Conseil lui-même : utilité inégale des évaluations, difficulté à relier diagnostic et effets réels ou encore production de réponses formelles sans transformation concrète.
Concernant les évolutions à venir (programme 2026, plateforme EOS), le SNALC appelle à la vigilance : les outils doivent rester au service des équipes sans alourdir leur charge ni devenir des instruments de contrôle. Il insiste sur la nécessité de préserver la confidentialité des travaux et de ne pas multiplier les indicateurs.
Enfin, le SNALC rappelle une exigence centrale : dégager du temps pour les équipes -en particulier dans le premier degré- et recentrer l’École sur sa mission première, la transmission des savoirs, dans le respect de la liberté pédagogique.
Article paru dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1513 du 7 mai 2026





