Sur la plage d’appel abandonnés
Les agrégés déclassés
Qui l’eût cru déplorent la perte préméditée
De leur corps dévalorisé
On a usé de manigances
Pour tuer l’agrégation
Et c’est triste quand on voit la réduction
De leur rémunération
Privilégiés, les agrégés ? L’image de grosses têtes vivant sur un grand pied a vécu. Au fil des ans, ce corps de rêve est devenu de moins en moins désirable. En effet il y a belle lurette que le traitement des agrégés ne donne plus à ces derniers de quoi bomber le torse. La valse des réformes a considérablement amoindri l’épaisseur de leur bourse. Car dès qu’il s’agit de faire des économies, le ministère leur tombe dessus à bras raccourcis ! Autant de tours de vis qui affinent le tour de taille…
Le prétexte à ce régime détox au goût d’intox ? Pensez, ce corps coûte les yeux de la tête ! Pas étonnant que l’institution l’ait dans le pif ! et traîne systématiquement des pieds pour promouvoir les agrégés à leur juste valeur professionnelle… En ces temps de vaches maigres, le ministère, peau de vache, leur fait comprendre qu’il serait malvenu de faire la fine bouche. Ainsi tout va de mal en pis…
Pourtant ce corps constitue en proportion le plus petit des autres corps d’enseignants. Notre hiérarchie le sait parfaitement, mais fait la sourde oreille. Le gel du point d’indice, aux effets délétères pour tous, agrégés comme certifiés, a mis particulièrement les agrégés à l’index. Cela n’empêche pas les contre-vérités de circuler, sous le regard bienveillant du ministère qui ne verrait sans doute pas d’un mauvais œil un corps à corps pour mieux les envoyer dans le décor. Tous sont à l’os dans l’affaire. Ne parlons point du supérieur ni des plaisirs de la chaire ! Et que dire de l’excellence disciplinaire ? L’exigence des savoirs, ça fait une belle jambe au ministère ! Pour mettre les agrégés sur les dents, il n’y va pas avec le dos de la cuiller. Quant à l’agrégation, on l’a les doigts dans l’nez : élémentaire !
Le SNALC, lui, n’a pas froid aux yeux : il fait front contre cette course à corps perdu vers un corps unique qui se substituerait au corps désagrégé, voué à finir dans le plus simple appareil. Le procédé est mis à nu, alors… même pas en rêve
Article paru dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1518 du 30 octobre 2026





