Réunion ministérielle avec les organisations représentatives
en présence du ministre
Compte rendu du SNALC du 27 octobre 2026
LE THÈME
Échange entre le ministre et les organisations représentatives sur les annonces faites hier sur les lycées.
L’ESSENTIEL
Rappel des mesures annoncées hier :
- Bâti scolaire (avec un accompagnement renforcé pour 500 lycées, et 4 milliards de prêts à taux réduits qui viennent bien en plus de l’existant).
- Taille des classes : plafonnement des classes de seconde à 28 (50 % pour les moins favorisées en 2027, le reste en 2028), avec création de 500 postes (et annulation des 800 suppressions prévues). Cela concerne les lycées professionnels.
- Parcoursup : premières modifications pour cette session, débat sur Parcoursup à l’Assemblée pour des modifications/transformations/suppression en 2028.
- Création de 15 000 places pour la rentrée 2027 : 10 000 en BTS (avec créations de postes), 4 000 en IUT, 1 000 en licence santé.
- Santé mentale : 200 créations de postes supplémentaires pour arriver à +500 dans le PLF.
Chantiers ouverts :
- Démocratie lycéenne → hausse du nombre de représentants et présence dans de nouvelles instances, représentation spécifique des LP, inscription des points du CVL à l’ordre du jour des CA.
- Contrôle continu → question de son poids (dans Parcoursup, au bac, en classe de première)
- Emplois du temps et organisation de la scolarité → question d’organisation des spécialités et des triplettes, question de l’enseignement scientifique et des mathématiques par rapport aux horaires globaux.
Les groupes de travail vont commencer dès la semaine prochaine. L’objectif serait d’aboutir en décembre.
LE SNALC A INSISTÉ SUR
- La question de l’attractivité des métiers, préalable indispensable pour pourvoir les postes annoncés. Le rattrapage salarial demeure notre priorité numéro 1, et nous n’accepterons pas une mesurette dont la majorité est exclue (cf. amendement Genetet à l’Assemblée nationale). L’enveloppe prévue pour le pacte doit servir à la place au rattrapage salarial.
- La nécessité d’avoir des garanties sur le maintien des mesures annoncées même en cas de passage du budget via l’article 49 alinéa 3. Par exemple, le ministre de la Ville a déclaré ce matin : « si on n’est pas capable au parlement de se mettre d’accord sur un budget, il n’y aura pas de profs en plus ». Qu’en est-il ? Le ministère répond que ces mesures sont bien prévues pour être mises en œuvre quelle que soit la façon dont le budget est « adopté ».
- Les précisions nécessaires sur les créations de postes et leur financement, pour s’assurer qu’elles ne sont pas financées par d’autres suppressions ailleurs, ou que ces mesures n’auront pas un impact sur les tailles des classes en première, en terminale, au collège, voire au primaire. Le ministre précise que ce n’est pas financé par des suppressions ailleurs.
- L’absence d’annonces concrètes sur les lycées professionnels. Les secondes à 28 les concernent-elles aussi ? (réponse du ministre : OUI) Le SNALC demande à ce que la voie technologique soit concernée par ces seuils.
- Les critères utilisés pour déterminer quels lycées sont concernés par les secondes à 28 élèves à la rentrée 2027. Quelle mise en œuvre concrète de la mesure ? Est-ce que cela ne coûte que le nombre de postes créés ? Est-ce qu’on prend une partie sur la marge ─ce que nous rejetons ? Comment anticipe-t-on dans des lycées qui ne perdent pas d’élèves en termes de nombre de salles et d’emplois du temps ?
- Les inquiétudes causées par les annonces sur Parcoursup et le contrôle continu. Les personnels, notamment les professeurs, ne seront pas la variable d’ajustement ou le bouc émissaire de ces annonces. S’il y a des modifications à apporter, elles ne se feront pas au prix d’une surcharge de travail, par exemple sur la justification des refus dans Parcoursup.
- Le maintien des 3 spécialités en Terminale, et l’attention à porter aux disciplines dont les spécialités ont de faibles effectifs au global ou qui ont pâti de la réforme du lycée (Arts, HLP, SI, SVT, options, etc.) afin de ne pas aggraver les choses.
- Sur le bâti scolaire, la nécessité d’avancer au niveau ministériel afin de ne pas vivre l’éternel ping-pong État/régions. Il y a besoin de diagnostics à jour sur l’état du bâti, qui doivent prendre en compte les fiches RSST.
L’AVIS DU SNALC
Il y a des choses concrètes qui constituent des avancées. On commence enfin à travailler sur la taille des classes et sur leur réduction, comme l’a toujours porté le SNALC. Il est catastrophique d’avoir dû en passer par des millions d’euros de dégâts, par des milliers de blessés et par des milliers de gardes à vue pour que cela commence, enfin, à bouger. Le politique doit prendre conscience de l’importance des corps intermédiaires, qu’il n’a eu de cesse de chercher à affaiblir, et qu’il appelle à la rescousse quand il n’arrive plus à gérer des situations qu’il a lui-même causées.
Soyons clairs : le SNALC ne laissera rien passer qui viendrait dégrader les conditions de travail des collègues ou alourdir la charge de travail de personnels déjà épuisés. Créer des postes est une bonne chose, mais il faut que le rattrapage salarial que nous revendiquons se mette en place pour tous afin que non seulement les postes promis trouvent preneurs, mais aussi que les postes déjà occupés le restent





