Réunion ministérielle avec les organisations représentatives en présence du ministre
Compte rendu du SNALC du 9 octobre 2026
LE THÈME
Situation dans les lycées.
Point sur les annonces du ministre (3000 remplaçants affectés dans les jours à venir, ligne budgétaire, abondement du « pacte »).
L’ESSENTIEL
Plus de 110 personnels directement blessés et attaqués en marge du mouvement et de ses revendications.
Plus de 70 000 contributions sur la plateforme en ligne ouverte aux lycéens.
Retour sur les 3 annonces :
► 3024 personnes non affectées — presque exclusivement des TZR — et d’autres qui ne le sont que partiellement. La vitesse de réaction est, d’après le ministre, inégale. Une partie ne correspond pas à des besoins dans leur discipline (précisé après une intervention du SNALC demandant combien correspondaient à une situation de remplacement dans la zone et dans la discipline).
► Autorisation de dépassement du plafond d’emploi pour recruter quelques centaines de personnes (NDLR : contractuels). Le chiffre exact est en train d’être arrêté.
► 18 000 parts de pactes supplémentaires vont arriver en début de semaine prochaine.
Il y aura des amendements du gouvernement sur le projet de loi de finance concernant l’Éducation nationale.
Le fameux outil pour améliorer le fonctionnement des remplacements (« dopé à l’IA ») est Optima Rem, qui a été testé dans l’académie de Lyon.
Des travaux sont entamés sur Parcoursup.
LE SNALC A INSISTÉ SUR
- Le rappel du manque d’attractivité de nos métiers. Améliorer cette dernière, y compris par le rattrapage salarial, est une condition sine qua non de l’amélioration de notre École.
- Le problème que constitue le fait de sortir un tel chiffre (3024) sans précisions, et sans échanger en amont avec les organisations représentatives. C’est contraire à l’éthique que le ministre nous avait dit suivre à son arrivée.
- Le trompe-l’œil de cette annonce : on ne va pas faire coïncider les besoins des établissements avec les personnels disponibles, qui ne le sont pas forcément sur la bonne zone, ni dans la bonne discipline.
- La présentation plus que problématique de ce chiffre, qui laissait à penser que les rectorats ne sont pas capables d’affecter un TZR sur un remplacement se trouvant sur sa zone de remplacement.
- Le caractère tout à fait normal du fait qu’il y ait des remplaçants non affectés, puisqu’il y a de nouvelles absences imprévues chaque jour. C’est d’ailleurs ce « matelas » indispensable qui a été réduit par de nombreuses mesures prises politiquement, comme la suppression de 8 000 postes d’enseignants du second degré sous le premier quinquennat d’Emmanuel Macron, alors que le nombre d’élèves avait augmenté.
- Le chiffrage exact de l’enveloppe budgétaire dégagée pour de nouvelles embauches de contractuels, qui semble être la seule mesure concrète des trois. Le SNALC demande la priorité aux contractuels qui avaient déjà de l’ancienneté, pour que leur calcul d’ancienneté ne reparte pas de zéro.
- L’affront que constitue le fait d’avoir mis une annonce sur le pacte au milieu du reste. Le pacte n’a rien à voir avec les absences de longue durée. Qui plus est, c’est le gouvernement qui avait fortement diminué l’enveloppe du pacte cette année. Le SNALC réaffirme son opposition au pacte, et plus encore dans cette situation où il est utilisé pour faire de la com. Nous demandons que l’enveloppe qui a été dégagée soit utilisée pour les embauches d’enseignants supplémentaires, ou pour l’attractivité, et non pour le pacte.
L’AVIS DU SNALC
La seule annonce réelle qui a finalement été faite hier est celle de l’autorisation de dépassement du plafond d’emploi pour embaucher dans l’urgence des contractuels, qui seront souvent ceux qu’on n’avait pas renouvelés il y a un mois.
Pour le reste, c’est du trompe-l’œil. Mais dans ce trompe-l’œil, on laisse penser que les gestionnaires dans les rectorats ne savent pas positionner un remplaçant sur un remplacement, ou encore que des collègues se tournent les pouces alors que TZR est la fonction la plus maltraitée dans notre système. En réalité, on se rend compte qu’une bonne partie de ces fameux TZR non affectés ne correspond pas à un besoin identifié (sur leur zone géographique et dans leur discipline) et qu’ils n’iront donc rien remplacer dans les lycées la semaine prochaine. Au mieux, on les enverra en soutien (ce qu’ils doivent déjà faire dans leur établissement de rattachement), qui s’arrêtera dès qu’il y aura besoin d’un remplaçant, y compris en collège d’ailleurs.
Quant au pacte, l’avoir associé à cette question est malsain, et le gouvernement ferait mieux d’utiliser cette petite enveloppe autrement.
Enfin, le SNALC rappelle qu’en tant qu’organisation syndicale représentative des personnels, il n’a pas à émettre d’avis sur une mobilisation lycéenne. Cela ne l’empêche pas d’avoir déposé un préavis de grève couvrant l’ensemble des personnels, et permettant à chacun d’agir selon la façon qui lui paraît la bonne. Cela ne l’empêche également pas de constater que, sans surprise, les principales revendications (remplacements, bâti scolaire, effets des réformes du lycée général comme du lycée professionnel, inquiétudes sur le fonctionnement de l’affectation dans le supérieur résumées par le vocable « Parcoursup ») correspondent à des sujets que nous portons syndicalement et que nous continuerons de porter.





