Réunion ministérielle avec les organisations représentatives
Compte rendu du SNALC du 3 novembre 2026
LE THÈME
À la suite des mouvements lycéens, le ministère organise plusieurs groupes de travail, dont l’un porte sur le contrôle continu. La réunion de ce jour constitue le premier des trois temps prévus sur ce thème.
L’ESSENTIEL
La DGESCO rappelle la place importante qu’occupe le contrôle continu dans l’obtention du baccalauréat et dans les procédures d’orientation.
Après avoir évoqué la pression ressentie par les élèves, la DGESCO donne la parole à l’Inspection générale, représentée par Isabelle Leguy.
Parmi 531 remontées d’élèves faisant état de difficultés liées à la pédagogie et aux examens, 5,1 % concernent le contrôle continu, la pression scolaire, l’évaluation ou les notes.
L’Inspection générale relève de fortes demandes de régulation de l’évaluation afin d’éviter les divergences entre établissements ou territoires. Elle évoque également une meilleure valorisation des compétences, de l’engagement citoyen et des options.
L’Inspection générale rappelle que le contrôle continu devait répondre aux difficultés posées par les épreuves terminales, qui exerçaient une pression trop forte sur les élèves. Ce dispositif a été encadré afin de limiter les biais.
L’Inspection générale propose notamment
- de permettre un droit à l’erreur, par exemple en neutralisant une note par trimestre ;
- de développer l’évaluation par compétences ; de ne pas étaler le contrôle continu sur deux années ;
- de s’inspirer de pratiques étrangères, de certaines disciplines telles que l’EPS ou les langues vivantes, ainsi que de la voie professionnelle et du CCF ;
- de rendre la notation plus équitable ;
- ou encore d’organiser des formes d’épreuves communes.
LE SNALC A INSISTÉ SUR
Le SNALC a rappelé que, dès la mise en place du contrôle continu, il avait alerté sur la situation actuelle, notamment dans un communiqué commun avec une autre organisation représentative dans le second degré.
Le SNALC estime que certaines orientations ministérielles tendent à encadrer excessivement les pratiques pédagogiques et les modalités d’évaluation depuis la mise en œuvre de la réforme du lycée. Il rappelle que le Code de l’éducation garantit la liberté pédagogique. Selon le SNALC, le projet d’évaluation, instauré par un amendement, a créé davantage de difficultés qu’il n’en a résolu.
Parmi les solutions évoquées, le SNALC considère que :
- le CCF constitue une réponse inadaptée, au regard des difficultés qu’il suscite dans la voie professionnelle ;
- l’évaluation par compétences ne répond pas aux difficultés soulevées : même avec des critères précis et un barème très détaillé, les contestations demeurent lorsque la note attribuée ne correspond pas aux attentes ou risque de compromettre l’obtention du baccalauréat ou les possibilités d’orientation ;
- ne prendre en compte qu’une seule des deux années du cycle terminal créerait également des difficultés, certaines spécialités étant abandonnées en première et le contrôle continu de terminale ne portant que sur deux trimestres ou un semestre.
Le SNALC invite donc fortement le ministère à revenir à des épreuves nationales, terminales et anonymes.
L’AVIS DU SNALC
Pour le SNALC, le ministère pourrait s’appuyer sur la contestation lycéenne pour promouvoir une volonté ancienne de renforcer son contrôle sur le travail des professeurs. Il estime que cette orientation repose sur une proportion limitée de remontées — 5,1 % d’un corpus de 531 remontées — au regard du nombre total de retours recueillis.
Le SNALC indique qu’il combattra ces velléités en défendant la liberté pédagogique des professeurs. Il a demandé une audience bilatérale afin d’exposer clairement ses lignes rouges.





