Réunion ministérielle avec les organisations représentatives
Compte rendu du SNALC du 26 octobre 2026
LE THÈME
Annonces faites suite au mouvement lycéen.
L’ESSENTIEL
Restitution rapide de la consultation sur la plate-forme en ligne (+ de 100 000 contributions). Questions principales (dans l’ordre décroissant) : temps scolaire (71 %), bâti scolaire, remplacement des professeurs (31 %), classes surchargées (25 %), santé mentale (20 %), climat scolaire (19 %), Parcoursup (18 %), parole lycéenne (16 %).
Les annonces sont les suivantes :
- Travail pour faire évoluer Parcoursup pour la rentrée prochaine (clarté, données publiques avec les critères d’examen des vœux, explicitation des refus, accompagnement à l’orientation dès la classe de seconde — via la possibilité d’ouvrir un compte Parcoursup), immersion dans le supérieur en première et terminale partout où cela est possible). Un groupe de travail sera organisé sur, par exemple, la question du contrôle continu.
- 10 000 places supplémentaires en BTS, entraînant des créations de postes d’enseignants. 4 000 places supplémentaires en BUT, 1 000 places supplémentaires sur la nouvelle licence « portail santé » (ex PASS LAS)
- Plafonner les secondes GT à 28 élèves dès la rentrée 2027 dans les lycées les moins favorisés, prolongée aux autres lycées à la rentrée 2028. Travail sur la réduction de certains groupes en première et terminale.
- Création de 500 postes de professeurs supplémentaires au PLF 2027 (annulation des suppressions prévues pour les enseignants du second degré).
- 500 postes supplémentaires de psychologues, ASS, infirmiers au lieu des 300 prévus.
- Garantir 1 h de pause en milieu de journée pour les lycéens dès la rentrée 2027.
- Réexamen des modalités de contrôle continu : un groupe de travail réinterrogera cela.
- 4 milliards d’euros de prêts (EduRenov) d’ici 2030 à mobiliser pour la rénovation du bâti scolaire.
- Doublement de la représentation lycéenne au Conseil supérieur de l’éducation, représentation au CAEN, réserver des sièges pour des lycéens de la voie professionnelle.
LE SNALC A INSISTÉ SUR
- L’imprécision de nombreuses annonces (sur Parcoursup par exemple), qui nécessiteront d’être détaillées, notamment sur leur financement et leur lien avec le PLF 2027 : ces annonces sont-elles réellement garanties ?
- Le risque que certaines des mesures soient des « mesures magiques » sur des « heures magiques ». Comment faire croire qu’il y aura un accompagnement à l’orientation dès la classe de seconde, alors que les « 54 heures » actuellement dans les textes ne sont pas financées et n’apparaissent pas dans les grilles horaires ?
- La nécessité non seulement de créer des postes en lycée, mais aussi d’annuler l’ensemble des suppressions prévues dans l’Éducation nationale au PLF 2027.
- La nécessité d’une volonté politique sur la question du bâti scolaire, sans quoi le ping-pong État/collectivités locales va reprendre, et les choses n’avanceront pas.
- La prise en compte enfin de la taille des classes en lycée, sur laquelle le SNALC alerte depuis longtemps. Il faudra expliciter comment mettre en place le seuil de 28 élèves en seconde en même temps que la pause méridienne sans causer des problèmes sérieux en termes de fabrication d’emplois du temps, qui risquent par endroits d’être très dégradés. Pour le SNALC, la mise en place de seuils maximum doit progressivement se faire à tous les niveaux du système éducatif, et non uniquement en seconde.
- Le nécessaire respect de la liberté pédagogique des professeurs sur la question de l’évaluation des élèves. Si l’on veut des évaluations normées, alors on fait des épreuves nationales et anonymes. Le SNALC sera très vigilant pour éviter une nouvelle tentative de transformation des professeurs en exécutants (après les deux premières via le projet local d’évaluation, qui ne résout strictement rien pour Parcoursup)
L’AVIS DU SNALC
Sur la forme, le premier ministre a transmis en priorité le contenu des annonces à des influenceurs (sic !), qui les ont diffusées avant même le début de la réunion avec les organisations syndicales (ou avec les organisations lycéennes). C’est du jamais vu et c’est à la fois ridicule et méprisant. Sans compter la confusion que cela engendre, puisque l’on n’a visiblement pas tout à fait dit la même chose à tout le monde.
Sur le fond, plusieurs annonces correspondent à des revendications que nous portons de longue date (taille des classes, bâti scolaire, nombre de postes d’enseignants et de personnels de santé, sociaux, psychologues) : le politique a perdu beaucoup de temps, d’énergie et d’argent public à faire la sourde oreille aux corps intermédiaires, voire à organiser leur affaiblissement (comme avec la loi de transformation de la fonction publique). Il a fallu des millions d’euros de dégâts, des milliers d’heures de cours perdus, des milliers d’arrestations et de gardes à vue, des milliers de blessés, pour qu’on finisse par se rendre compte qu’écouter nos analyses, fondées sur notre représentativité et nos enquêtes aurait été nettement plus efficace et apaisant.
Le SNALC a toujours alerté sur les conséquences des réformes Blanquer dans les différentes voies du lycée. Celles-ci apparaissent nettement dans les résultats de la consultation, comme elles apparaissaient déjà dans ceux de nos propres consultations : il est temps d’en prendre la mesure.





