Alors que la vague de chaleur touche une partie du territoire, la question de l’ouverture des écoles revient sur le devant de la scène. Jean-Rémi Girard, président du SNALC, ne réclame pas la fermeture générale des établissements, mais alerte sur un problème structurel et récurrent : des salles de classe inadaptées aux températures extrêmes, des professeurs insuffisamment écoutés, et une absence criante d’anticipation. Il appelle à des solutions concrètes et durables, du bâti scolaire à la climatisation, plutôt qu’à une gestion dans l’urgence renouvelée chaque été.
Jean-Rémi Girard, président du SNALC, est l’invité de RMC le 26 mai 2026.
Retranscription des échanges et propos tenus dans l’émission :
RMC – Estelle Denis
Nous avons Jean-Rémi Girard avec nous, et nous sommes ravis de l’accueillir. Jean-Rémi Girard est président du SNALC, le Syndicat national des lycées, collèges, écoles et enseignements supérieurs. Il est notre invité aujourd’hui. Bonjour Jean-Rémi.
SNALC – Jean-Rémi Girard
Bonjour Estelle.
RMC – Estelle Denis
Jean-Rémi, est-ce que c’est une bonne chose que les écoles soient ouvertes aujourd’hui ?
SNALC – Jean-Rémi Girard
Il faut prendre les décisions au cas par cas, parce que toute la France n’est pas confrontée aux mêmes problèmes de température. Mais c’est un problème récurrent — on en parlait déjà l’an dernier, l’année d’avant, et on en parlera chaque année, parce qu’il fait de plus en plus chaud, de plus en plus souvent. Il va falloir faire quelque chose. Chaque année supplémentaire qu’on attend en disant « il fait chaud, c’est pas grave, ça arrive », on ne fait rien — et l’année d’après, on se retrouve avec la même conversation.
RMC – Estelle Denis
C’est vrai. Et cet hiver aussi, parce qu’il sera trop froid.
SNALC – Jean-Rémi Girard
La société est climatisée. Vos locaux sont climatisés, la plupart des locaux sont climatisés, les cinémas sont climatisés — et personne ne remet ça en cause. Mais alors, pour des enfants qui se retrouvent parfois à 30, 35 degrés dans une salle qui, intelligemment, est exposée plein sud parce que l’architecte a bien pensé le truc — là, ça va, je suis tranquille.
RMC – Estelle Denis
Mais Jean-Rémi Girard, vous appelez à fermer les écoles ou à installer de la climatisation ?
SNALC – Jean-Rémi Girard
Je n’appelle pas à fermer toutes les écoles de France. J’appelle à ce que, lorsque la situation ne permet pas d’enseigner et qu’il commence à y avoir un danger, on ferme. Et il faut écouter les professeurs, qui sont les seuls, avec les élèves, à se trouver dans les salles. Si un professeur fait remonter, par le directeur ou le chef d’établissement, qu’il y a un danger, que ça ne va pas — eh bien oui, il faut fermer.
RMC – Estelle Denis
Mais comment font les parents pour aller chercher leurs enfants à l’école ?
SNALC – Jean-Rémi Girard
C’est justement parce qu’il faut anticiper, Estelle. Les professeurs n’y sont pour rien, ce n’est pas à eux de prendre ce type de décision. Si on n’anticipe pas, on se retrouve dans la panade : d’un côté, on doit assurer la sécurité des enfants — et la nôtre, accessoirement — et de l’autre, étant fonctionnaires, on est tenus de fonctionner, donc on fait. Mais ça ne peut pas continuer comme ça. Personne n’est surpris par le fait qu’en hiver on ait du chauffage. À un moment, il faut se rendre compte qu’il faut construire des solutions réelles et pérennes. Ça passe par le bâti scolaire, par la plantation d’arbres dans des endroits qui n’en ont plus, par des climatiseurs réversibles, par des ventilateurs. Je veux dire : nous sommes la France, nous avons des départements d’outre-mer où des salles de classe ont été climatisées parce qu’on y sait ce que c’est que la chaleur. À un moment, le sud de la France aujourd’hui, ce n’est plus très différent de ce qui peut se passer en Guadeloupe ou à La Réunion.
RMC – Estelle Denis
Merci beaucoup, Jean-Rémi Girard, d’être intervenu dans Estelle Midi.





