TF1 – LCI Direct
[…] Vous parliez de l’émoi, de la peur de certains professeurs. Nous sommes justement en direct avec Maxime Reppert, vice-président du syndicat enseignant SNALC. Merci d’être avec nous en direct sur LCI. On a appris ce drame, cette professeure d’art plastique poignardée par l’un de ses élèves en plein cours. Son pronostic vital est engagé, elle a été transférée à l’hôpital. Votre réaction à ce qui s’est passé il y a seulement quelques heures?
SNALC – Maxime Reppert
Ma première pensée va bien évidemment à cette collègue qui a été poignardée.
Et puis au-delà de l’émotion, c’est aussi la stupeur, c’est l’effroi. Malheureusement, ce n’est pas la première fois que cela arrive. Là encore, une affaire d’agression, une collègue qui est poignardée, maintenant qui est hospitalisée, c’est à chaque fois, ce n’est pas la première fois si vous voulez, mais c’est toujours aussi déchirant de constater que parce qu’on enseigne, on peut être pris pour cible, on peut être blessé, on peut être victime d’une tentative d’homicide. Donc voilà, c’est beaucoup d’émotions, beaucoup de colère, beaucoup d’effroi. Et malheureusement, pas de surprise.
TF1 – LCI Direct
Pas de surprise, beaucoup de colère. Qu’est-ce que ça veut dire ?
SNALC – Maxime Reppert
Écoutez, je veux dire, on le voit depuis plusieurs années, sur votre chaîne comme ailleurs, des agressions de façon régulière qui sont médiatisées. Ce sont des agressions physiques, des agressions verbales, des menaces de mort sur les réseaux.
On a, si on regarde bien ces dernières années, une multiplication de ces incidents qui montrent aujourd’hui une banalisation de ce type d’actes. Et cette banalisation, elle interroge. Elle interroge parce que derrière, il y a la question de la violence chez les jeunes. Il y a aussi bien sûr la question d’autres questions annexes, notamment celle des réseaux sociaux.
Et puis il y a aussi la question de l’éducation. Nous avons aujourd’hui, nous avons affaire à des jeunes qui se montrent de plus en plus violents, qui bafouent de plus en plus l’autorité des enseignants, l’autorité des professionnels que nous sommes.
Et aujourd’hui, nous sommes démunis face à cette situation, face à ce phénomène de société, puisqu’on demande de plus en plus à l’école de tout faire, de résoudre tous les problèmes de société, et en même temps, on ne donne pas les moyens au personnel de l’Éducation nationale de faire face à ce type de situation.
Et derrière, je suis désolé de le dire, mais il y a aussi le rôle et la responsabilité des parents. Voilà, la première cellule d’apprentissage d’un enfant, ce n’est pas l’école, c’est la famille. Et quand on voit des jeunes qui sont de plus en plus violents, et bien effectivement on peut s’interroger sur ce qui se passe au sein de la sphère privée, sphère dans laquelle malheureusement nous n’avons aucune prise.