École inclusive, EBEP, différenciations, individualisations, climat scolaire ou encore santé mentale alourdissent considérablement les missions des PE. De nouvelles difficultés émergent sans cesse et les situations à gérer en classe se complexifient, une évolution qui n’est plus compatible avec les effectifs actuels.
CONSTAT
Le métier de professeur des écoles n’est plus celui qu’il était dans les années 80. S’impose désormais une réalité beaucoup plus complexe : le professeur doit assumer, en plus de sa mission pédagogique, des responsabilités éducatives, relationnelles, préventives et institutionnelles toujours plus nombreuses. Cette évolution n’est pas le résultat d’un choix des enseignants, mais d’une exigence institutionnelle d’adaptation à l’évolution sociétale.
Au quotidien, l’enseignant doit ainsi dispenser son enseignement en tenant compte des difficultés scolaires propres à chaque élève et ajuster en permanence ses pratiques pédagogiques afin de favoriser la réussite de tous. Il lui revient d’identifier, le plus précocement possible, les situations susceptibles de relever du champ du handicap et d’être attentif aux signaux pouvant révéler une situation de maltraitance ou de mise en danger. À cela s’ajoute une vigilance quotidienne à l’égard du comportement des élèves afin de prévenir les incidents, de garantir un climat scolaire serein et d’assurer la sécurité de chacun.
Par ailleurs, l’évolution technologique a considérablement complexifié la mission du professeur d’aujourd’hui. Nous sommes passés en quelques décennies de l’encyclopédie papier à la naissance du téléphone, à la fibre ou encore à l’intelligence artificielle. Cet univers ultra connecté, avec un accès démesuré à l’information, à la désinformation, aux supports visuels ou à des jeux immersifs en réalité virtuelle, a considérablement modifié l’attention des élèves, leur rapport au savoir et leur tolérance à la frustration.
QUELLES CONSÉQUENCES ?
Le professeur des écoles se trouve désormais au cœur d’enjeux pédagogiques, éducatifs, sociétaux et institutionnels interdépendants. Cette évolution confirme la place croissante de l’École dans le développement global de l’enfant. Une telle responsabilité exige disponibilité, suivi individualisé et capacité à répondre à la diversité des besoins des élèves. Or, le nombre d’élèves par classe ne permet pas du tout de satisfaire cette exigence pourtant indispensable pour garantir la qualité de l’enseignement dispensé.
Alors qu’enseigner en 2026 est nettement plus complexe qu’en 1980, la moyenne d’élèves par classe a peu évolué. Elle serait passée d’environ 24 élèves à 21,4 selon la DEPP (2023). Le dédoublement des classes de GS, CP et de CE1 en éducation prioritaire, le plafonnement à 24 de ces mêmes niveaux hors éducation prioritaire et des classes spécialisées, ou encore les effectifs particulièrement faibles de certaines écoles rurales, contribuent à faire baisser la moyenne nationale et masquent, en réalité, d’importantes disparités. En effet, des classes comptent encore jusqu’à 30 élèves voire davantage, et ce, dans de nombreuses écoles.
L'AVIS DU SNALC
Le professeur des écoles consacre une part croissante de son temps à gérer une classe rendue plus difficile par la multiplication des problèmes : incivilités, violences, harcèlement, fragilités psychiques et perte du respect de l’autorité. Doit-on s’étonner de la dégradation continue du niveau scolaire et de la baisse constante de l’attractivité du métier ?
Réécrire les programmes ou réduire les vacances scolaires ne constitue pas une réponse adaptée. Il n’est pas cohérent d’exiger toujours plus des professeurs des écoles sans revoir les effectifs. Profiter de la baisse démographique pour réduire le nombre d’élèves par classe est un levier concret pour améliorer le suivi, prévenir les difficultés, renforcer l’autorité pédagogique et favoriser un climat propice aux apprentissages
POUR LE SNALC, IL FAUT
- Plafonner les effectifs à 22 élèves dans toutes les classes non dédoublées.
- Intégrer la charge de travail associée à chaque élève en inclusion dans le calcul des effectifs de la classe.
- Améliorer notre taux d’encadrement en augmentant le nombre de professeurs par élève.
- Renforcer drastiquement les RASED pour répondre rapidement aux besoins de chaque école.
Article publié dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1514-École du 5 juin 2026





