La majorité des académies verront leurs effectifs diminuer d’ici 2035. Alors que notre ministre lance une expérimentation de carte scolaire dans 18 départements, l’Institut des politiques publiques (IPP) publie une analyse alertant sur le risque d’une aggravation de la ségrégation scolaire1.
Paris, ville témoin
Si l’ensemble du territoire connaît, depuis le début des années 2010, une baisse démographique inédite, Paris se distingue par un recul démographique plus précoce et plus important que dans le reste du pays. Les effets sur l’équilibre entre enseignement public et privé apparaissent de facto particulièrement marqués dans la capitale.
Jusqu’alors, le secteur privé parisien a été relativement épargné. Le maintien quasi intégral de ses moyens d’enseignement lui a permis d’éviter des fermetures de classes et de conserver des effectifs globalement stables. Ainsi, les effectifs de CP dans le privé n’ont diminué que de 3,8 % entre 2016 et 2024, alors que dans le même temps, ceux du public (hors éducation prioritaire) ont chuté de 24,4 %.
Une progression du privé sous contrat
Les établissements publics absorbent l’essentiel de la baisse démographique, renforçant mécaniquement le poids du privé. Selon l’IPP, cette tendance pourrait gagner d’autres grandes villes.
À Paris, le privé pourrait accueillir 34 % des élèves de CP en 2030 et près d’un collégien sur deux en 2035. Cette évolution accentuerait la ségrégation sociale : en 2035, 72 % des élèves de 6e issus de milieux très favorisés seraient dans le privé, contre 7 % des élèves défavorisés. L’IPP préconise donc une répartition plus équilibrée des fermetures entre public et privé.
Sans opposer enseignement public et privé, le SNALC rappelle que la mixité sociale doit rester un objectif central. La baisse démographique devrait être l’occasion de renforcer les moyens humains et financiers de l’école publique, d’améliorer sensiblement ses taux d’encadrement et, par conséquent, les conditions d’enseignement et d’apprentissage. Une telle politique contribuerait également à redonner de l’attractivité à l’enseignement public.
Article publié dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1515-École du 10 juillet 2026





