Sujet majeur de santé publique, le harcèlement scolaire touche les enfants dès l’école primaire. Les résultats de l’enquête ENABEE de Santé Publique France mettent en évidence l’ampleur du phénomène et ses liens étroits avec la santé mentale.
Selon cette enquête, 16,4 % des enfants de 6 à 11 ans sont considérés comme victimes probables de harcèlement, tandis que 17,9 % présentent des comportements agressifs. Une part non négligeable, soit 6,1 %, cumule à la fois ces deux dimensions, révélant des situations particulièrement préoccupantes.
Le harcèlement est une violence répétée fondée sur un déséquilibre de pouvoir entre enfants. Ses effets touchent le bien-être, la réussite scolaire et le développement. L’étude constate ainsi davantage de troubles émotionnels, comportementaux ou de l’attention chez les enfants concernés. Parmi ceux cumulant victimisation et agressivité, près de 41 % présentent au moins un trouble de santé mentale.
D’autres constats concernent les facteurs de vulnérabilité. Sur le plan individuel, les troubles des apprentissages, les besoins éducatifs particuliers ou certaines caractéristiques physiques augmentent le risque. Les enfants nés en fin d’année, donc souvent plus jeunes que leurs camarades, paraissent également davantage exposés.
L’environnement familial ressort aussi comme un élément important. Les difficultés financières, un faible soutien social ou la présence de troubles anxieux ou dépressifs chez les parents sont associés à une probabilité plus élevée de victimisation. De même, le contexte scolaire et social, notamment dans les milieux défavorisés, peut favoriser l’apparition de ces situations.
Ces constats rappellent que le harcèlement ne peut être réduit à de simples comportements individuels. Il s’inscrit dans une dynamique plus large impliquant l’enfant, la famille, l’École et la société. Sa prévention repose donc sur une approche globale mêlant éducation, soutien psychologique et climat scolaire apaisé. C’est pourquoi le SNALC revendique plus de moyens humains et un meilleur taux d’encadrement, et ce dès l’école maternelle.
Article publié dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1515-École du 10 juillet 2026





