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Santé des jeunes : l’EPS comme solution ?

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Dossier du mois de la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1513 du 7 mai 2026

Dossier rédigé par Laurent BONNIN, secrétaire national du SNALC chargé de l’EPS, avec la participation de France BLANC-GUERIN, Fabrice CAHUE-MERCIER, Laurent ETOURNEAU membres du secteur national SNALC EPS.

Sommaire

Santé des jeunes : l’EPS comme solution ?

Au niveau de la santé physique, la DEPP a synthétisé et publié en février 2026 les résultats des tests physiques mis en œuvre en classe de 6e depuis la rentrée 2026. Ces résultats sont alarmants quant à l’état du potentiel physique des jeunes.

De son côté, l’ANSES indique, que 66 % des 11 à 17 ans n’atteignent pas le seuil de 60 minutes d’activité physique par jour et que 49 % sont dans une zone à “risque très élevé”, passant quotidiennement plus de 4 h 30 devant un écran avec moins de 20 minutes d’activité physique.

S’agissant de la santé psychique, de très récentes études IPSOS (2021-2022), Enabee (2022) et Mentalo (INSERM 2024-2026) convergent : la santé mentale des enfants et des adolescents se dégrade de manière très préoccupante.

Un jeune sur trois présente un risque modéré ou sévère de troubles anxio-dépressifs. En 2023, 936 000 jeunes ont reçu des psychotropes (Assurance Maladie). Un sur sept souffre d’une détresse psychologique majeure. La santé mentale a été déclarée Grande Cause Nationale pour 2025 et 2026.

En raison de ces constats, l’Éducation nationale a fait de la santé physique et psychique des élèves un de ses trois objectifs prioritaires. À  ce titre, un conseiller spécial chargé de la santé psychique, physique et du sport a été nommé le 2 mars auprès du ministre, confirmant les très fortes relations entre ces trois champs.

En conséquence, à l’École, l’activité physique et l’EPS se trouvent en première ligne concernant ces deux aspects de la santé. Comment l’EPS peut-elle agir en la matière ? Est-ce son rôle ? En a-t-elle les moyens ? De nombreux débats agitent la profession sur ce sujet. Le secteur EPS du SNALC fait le point.

Santé physique : des jeunes déjà vieux !

La DEPP a récemment publié les résultats des tests d’évaluation des capacités physiques passés par 130 000 élèves de 6e. En course de durée, les résultats sont affolants : 1 jeune sur 2 est incapable de courir plus de 5 minutes sans s’arrêter !

Le SNALC n’a jamais été opposé à ces 3 tests simples de vitesse (30 m), de force explosive (uni-bond) et d’endurance. Les très mauvais résultats justifient d’ailleurs tout l’intérêt que nous leur prêtions.

Nous avons enfin des données objectives qui confirment ce que chacun constatait et que le SNALC dénonce depuis des années : une dégradation sans précédent du potentiel physique de la jeunesse.

Les causes sont multiples. La mauvaise alimentation (obésité, diabète), l’hyper-captation des écrans (plus de 4 h 30 par jour pour les 11-17 ans), la sédentarité, la prévalence du principe de plaisir, du moindre effort et

de l’anti-frustration, l’électrification de tous les moyens de déplacement (vélo, trottinettes, patins…) concourent à ces pertes drastiques. Et cette liste est incomplète.

Concernant l’École, depuis plus de 10 ans le SNALC dénonce l’insuffisance des programmes d’EPS en matière d’éducation du physique. L’EPS s’est intellectualisée. Les élèves en cours passent la plupart du temps assis, immobiles, à observer, analyser, concevoir et réguler des projets, conséquence du socio-constructivisme qui domine les théories de l’apprentissage et les programmes depuis plus de 30 ans.

Pour le SNALC, il n’est pas question de bannir la réflexion des cours d’EPS, mais de la réduire à son strict nécessaire pour maximaliser la pratique physique dans les temps alloués à la discipline.

Le SNALC est pragmatique. Ce n’est pas avec une dette de 3 000 milliards d’euros que l’on obtiendra 4 h d’EPS pour tous les élèves de la 6e à la terminale. On peut toujours faire rêver toute une profession ! En revanche, à moyens constants, et en attendant des jours meilleurs, le SNALC demande une remise à plat urgente des programmes, des méthodes d’enseignement et des finalités de l’EPS. Il insiste en particulier pour qu’une réelle priorité soit donnée au deuxième objectif de la discipline : développer et « renforcer le capital santé » des élèves !

Santé physique : revoir le tout culturel en EPS !

Les 30 minutes d’activité physique quotidienne (APQ) imposées en primaire, les 2 heures de sport supplémentaires au collège destinées aux élèves en difficulté les plus éloignés des pratiques physiques sont des mesures qu’il faut comprendre comme des remèdes à cette dégradation. Le SNALC s’est largement exprimé à leur sujet en montrant leurs intérêts et leurs limites.

L’EPS doit-elle être concernée par cette mise en forme des élèves ? Des débats s’ouvrent sur ce sujet et font resurgir la vieille dialectique entre nature et culture. Doit-on, en EPS, privilégier une formation corporelle ou des acquisitions culturelles ? 

Pour certains, il existe un risque de voir l’EPS réduite à une discipline supplétive au service de la santé alors qu’elle ne saurait se limiter à une politique sanitaire prescriptive et porte en elle l’ambition d’une culture sportive. La formule célèbre du Professeur en cardiologie, F. Carré –« le sport est à l’activité physique ce qu’est la littérature à la lecture »- est alors souvent mobilisée comme caution scientifique à  une vision militante surannée.

Le SNALC ne partage pas cette conception du sport considéré comme l’acmé des pratiques physique ou comme leur forme la plus prestigieuse mobilisant des compétences hautement socio-culturelles. La réalité lui paraît beaucoup plus nuancée.

Ainsi, sous le vernis, les dérives culturelles du sport sont légion : mercantilisme, entraînement précoce, atteintes à la santé (blessures graves, dopage), politisation, élitisme discriminatoire.

Pour nombre d’élèves également, la noblesse de la culture sportive ne doit pas être idéalisée. La compétition, fondement du sport, est souvent très mal vécue en EPS, instillant en permanence une comparaison sociale, souvent dégradante pour l’image de soi, qui ne met en valeur qu’une élite et n’est pas étrangère à l’abandon des activités sportives (notamment par les filles).

De plus, la formule du Pr. Carré ne devrait pas faire oublier que, pour accéder à la littérature, il faut d’abord apprendre la lecture. À quoi bon mettre les œuvres de Proust, Zola ou Hugo entre les mains d’élèves de CP ?

Ainsi en sport, comme en littérature, l’accès à la culture requiert des apprentissages préalables. Comment faire pratiquer la gymnastique à des élèves sans tonicité musculaire, limités par un surpoids important ou une coordination défaillante ? À l’École, c’est justement le rôle de l’EPS que de permettre aux élèves d’acquérir les bases, les capacités physiques et motrices élémentaires.

Nature et culture ne sont donc pas à opposer mais à lier dans des cercles vertueux. Il est en effet tout à fait possible de développer des qualités physiques (force, vitesse, endurance) et motrices en s’appuyant sur la pratique culturelle des activités sportives.

Pour le SNALC, soucieux de ne pas mettre la charrue avant les bœufs, une entrée des programmes par les capacités physiques et motrices à développer serait à privilégier. Or, l’entrée actuelle par les savoirs et autres champs culturels complètement artificiels les gomment complètement.

C’est cette conception scolaire que défend le SNALC, garante de santé, promouvant un développement capacitaire prioritaire par l’acquisition simultanée d’un patrimoine culturel physique et sportif. Bref, le renversement du paradigme dominant depuis 40 ans !

Santé mentale des jeunes : l'EPS a sa place

L’adolescence est une période de fragilité psychique, accentuée de nos jours 1 par de multiples facteurs (éco-anxiété, réseaux sociaux, crise de l’autorité…).

Face à ce terrifiant constat, le Ministère a lancé en 2023 des formations aux premiers secours en santé mentale2. Cette mesure, utile, reste curative.

Or, sans prétendre résoudre à elle seule une problématique complexe, l’EPS peut jouer un rôle préventif.

Plusieurs études montrent que l’activité physique régulière agit favorablement sur l’humeur, diminue l’anxiété3 et contribue à réduire l’agressivité chez les jeunes4-5. 30 minutes d’exercice quotidien réduiraient de 26  % les risques de dépression chez les 12-18 ans3.

Pourtant, le constat reste amer : 40 % des collégiens ne pratiquent aucun sport en dehors de l’école6, et l’EPS scolaire reste sous-dotée : 2 h hebdomadaires au lycée et 23 % des collèges sont sans gymnase7. De plus, quand les élèves sont en EPS, moins de 50 % du temps est consacré à une pratique motrice réelle8.

Dans Éloge de la fuite9, H. Laborit a démontré l’importance de l’action en réponse à l’angoisse et au stress dans le maintien de l’homéostasie et donc de la santé. L’engagement corporel favorisé par l’EPS peut participer, à cette régulation émotionnelle, et donc améliorer la santé mentale de nos élèves.

Par conséquent, devant un problème qui relève de la santé publique, voire de la sécurité de chacun, le SNALC appelle à :

  • Un plan national pour les équipements sportifs ;
  • 3h d’EPS hebdomadaires pour tous les lycéens ;
  • Une EPS recentrée sur la mise en activité physique des élèves.

Face au mal-être des jeunes, l’EPS et ses acteurs ont un rôle à jouer : donnons-leur les moyens de l’exercer ! Mens sana in corpore sano !


(1) OMS, Rapport sur la santé mentale des adolescents, 2023.
(2) MEN, Circulaire n°2023-012 du 15/03/2023.
(3) Kandola, JAMA Pediatrics, 2020.
(4) Yuxin Zhu et al. Physical activity participation and physical aggression in children and adolescents, Psychology of Sport and Exercise, 2022.
(5) Shachar K et al. Reducing child aggression through sports intervention : The role of self-control skills and emotions, Children and Youth Services Review,2016.
(6) INJEP, Baromètre national des pratiques sportives, 2023.
(7) MEN, Bilan des équipements sportifs scolaires, 2023.
(8) IGESR, La pratique effective en EPS, rapport n°2022-098, 2022.
(9) Henri Laborit, Éloge de la fuite, 1976.

Santé, sommeil et EPS

Le sommeil est un besoin vital et une condition essentielle du développement de l’adolescent, encore insuffisamment prise en compte par nos politiques éducatives.

Une étude de 2023 (VINCI Autoroutes, FNEPE) montre que près d’un adolescent sur deux dort moins de 7 h en semaine, bien en deçà des 9 h recommandées. À 15 ans, 40 % présentent une dette chronique de sommeil. Cette privation réduit la capacité à réguler les émotions, rend les jeunes plus vulnérables au stress et irritables, entraîne des troubles de santé mentale avec un risque accru de pensées suicidaires(1). Le jeune compense l’épuisement de sa semaine (le “jet-lag social”) par des nuits de 12 h le week-end, ce qui dérègle plus encore son horloge biologique et entretient un cercle vicieux.

Une étude publiée en 2019 dans Scientific Reports auprès d’adolescents de 15 ans montre que chaque heure d’activité physique engendre un coucher 18 min plus tôt et 10 min de sommeil supplémentaires (2) : 1 h d’activité c’est 30 min de repos gagné !

De plus, certaines études ont montré que l’exposition rétinienne à la lumière bleue naturelle le matin synchronise l’horloge biologique, bloque la production de mélatonine en journée (et donc le sommeil) et favorise sa libération au coucher (3). A contrario, l’utilisation d’écrans le soir, producteurs aussi de lumière bleue, repousse le sommeil et désorganise le cycle.

Pratiquer une activité physique améliore le sommeil. En extérieur le matin, elle favorise un meilleur endormissement le soir. Il serait dommageable de perdre cet effet bénéfique et régulateur en plaçant les cours d’EPS uniquement les après-midi. À bon entendeur… !


(1) Ella Louis. “Sommeil des adolescents : une approche familiale et interculturelle”. Psychologie. Université savoie mont blanc, 2023.
(2) Xiao Q, Garaulet M, Scheer Fajl. “Eating and sleep timing in relation to weight status and metabolic syndrome”. Journal of Clinical Sleep Medicine, 2019.
(3) LeGates et al. “Light as a central modulator of circadian rhythms, sleep and affect” – Nature Reviews Neuroscience. Juillet 2014

Santé mentale et EPS : ce qu’explique la biologie

L’activité hormonale à l’adolescence peut fragiliser la santé mentale, mais l’activité physique agit comme un régulateur biologique protecteur.

L’adolescence est en effet marquée par une immaturité du cortex préfrontal (siège du contrôle de soi) et une hyperréactivité du système limbique (centre des émotions).

Ainsi, les neuroscientifiques montrent que cette phase mêle surcharge hormonale (dopamine, testostérone, cortisol…), hypersensibilité sociale et vulnérabilité accrue au stress.

Ces mécanismes hormonaux et cérébraux peuvent perturber la santé mentale et être responsables en grande partie des états anxio-dépressifs des adolescents, pouvant aller jusqu’aux suicides.

Si ces modifications peuvent contribuer au stress et au mal-être des jeunes, elles ouvrent aussi une fenêtre d’action prometteuse : l’activité physique (AP) est l’un des moyens les plus puissants pour rééquilibrer ces systèmes biologiques ! Aussi, lutter contre la sédentarité des jeunes devient une urgence de santé publique. Or, l’élève passe l’essentiel de sa journée assis, avec une dépense énergétique minimale. En EPS, au contraire, l’AP déclenche des effets neurophysiologiques démontrés : baisse du cortisol (meilleur sommeil), hausse des endorphines et de la dopamine (bien-être, motivation).

Mais l’EPS offre surtout ce que beaucoup d’ados perdent : un espace relationnel sécurisé. Coopérer, s’entraider, appartenir à un groupe renforce la confiance et l’estime de soi. Ces expériences activent des mécanismes hormonaux puissants : dopamine lors des réussites, sérotonine lors des interactions positives, endorphines pendant l’effort, ocytocine dans les relations de soutien. Ensemble, elles stabilisent et augmentent la résistance psychologique. Ces mécanismes deviennent une véritable alchimie protectrice.

Face au mal-être des jeunes, l’EPS constitue donc un facteur protecteur majeur. Le SNALC insiste donc sur la nécessité d’investir dans une EPS plus active que réflexive, pour que nos élèves respirent, dorment mieux, coopèrent collectivement, bref, qu’ils soient tout simplement mieux dans leurs baskets !

L'EPS, facteur X de la santé ?

Comme on l’a vu dans ce dossier, la dégradation de la santé physique et mentale des jeunes n’est pas due à un facteur unique, mais à un cocktail de causes biologiques, sociales et environnementales.

La sédentarité, la dégradation de la nutrition, les usages massifs d’écran, l’impact des réseaux sociaux, le déficit de sommeil, mais aussi le sentiment de solitude, les consommations de stupéfiants, la transformation des liens éducatifs sociaux et familiaux, la culture du moindre effort, de l’anti-frustration et de l’hédonisme constant… sont autant de déterminants qui affectent la santé des jeunes, dans des proportions individuelles souvent particulières et très différentes.

Non, l’EPS ne peut pas être le facteur X de la santé, y compris au sein de l’École. L’EPS est porteuse de santé dès lors qu’elle met les élèves en situation active de pratique. Ce qu’elle fait bien insuffisamment actuellement en raison de ses programmes trop axés sur l’observation, la réflexion et la méthodologie. Elle a aussi un rôle important à jouer en matière d’information et de prévention. Mais en premier lieu si elle doit favoriser le développement des capacités physiques et motrices sources de bien-être, de pouvoir d’action, de confiance en soi, elle doit aussi, et peut-être surtout, donner aux élèves le goût de la pratique physique, source de leur engagement ultérieur dans une activité corporelle ou un sport.

Aucun moyen ne doit être négligé dans cette optique. La diversification des modes d’entrée dans les activités doit être maximale pour apporter à chaque élève l’envie et le plaisir de pratiquer. Entrée par le jeu, par l’effort, par la compétition, par la coopération, par le choix d’APSA, de menus… Rien ne doit être négligé. Si, en badminton, des élèves adorent maintenir l’échange en coopération pourquoi vouloir absolument les engager dans une logique d’opposition et de compétition au risque de les détourner d’effets positifs de la pratique ? La prévalence de la logique interne de l’activité sportive doit-elle l’emporter sur la logique personnelle de motivation de l’élève ? La question mérite d’être posée.

Pour le SNALC, les programmes actuels de l’EPS sont totalement dépassés. Leur culturalisme et intellectualisme prévalents ne sont pas suffisants pour garantir une éducation du physique des élèves. Leur corset formatif et évaluatif n’incite plus à l’engagement des élèves dans des pratiques physiques et sportives ultérieures.
À l’heure où les futurs programmes s’écrivent dans un entre-soi qui fait fi de tout dialogue social préalable avec la profession, le SNALC réaffirme l’urgence de repenser collectivement les objectifs, les méthodes et les contenus de notre discipline.