Dossier du mois de la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1514 du 5 juin 2026
Dossier coordonné par Élise BOZEC-BARET, secrétaire nationale du SNALC chargée des conditions de travail et du climat scolaire. Avec la collaboration de Maxime REPPERT, vice-président du SNALC, Jean-Pierre GAVRILOVIĆ, président du SNALC Alsace, Xavier PÉRINET-MARQUET, membre de la cellule juridique du SNALC, Luc PAVAN, Natalie ANJO et Sylvie BECKER, membres de l’équipe conditions de travail et climat scolaire du SNALC, Arnaud FABRE, SNALC de Créteil, Adil BEN AISSA, SNALC secteur national EPS et Laurent BONNIN, secrétaire national du SNALC chargé de l’EPS.
Sommaire
Violences à l’École : du fait divers au phénomène de société
Il n’y a pas si longtemps encore, lorsqu’une agression se produisait dans une structure scolaire, on parlait de « fait divers » ; on minimisait l’incident en évoquant un événement extraordinaire dans un établissement « pourtant tranquille » … Aujourd’hui, la réalité, implacable, nous le rappelle : il n’existe pas d’établissements « tranquilles ». Les violences en milieu scolaire se banalisent : agressions, menaces, harcèlement, traumatismes, suicides, meurtres. Et la liste n’est pas exhaustive.
Les exemples médiatisés, notamment d’agressions au couteau, sont de plus en plus nombreux ces dix dernières années. Dans ces violences, le problème n’est pas le couteau, mais le comportement de celui qui le tient. L’équipement des établissements en portiques de sécurité et les fouilles systématiques ne constituent donc pas des solutions viables, mais des propositions de simple affichage politique.
Au-delà de ces drames, l’augmentation et la répétition d’incivilités en apparence mineures entraînent une forte dégradation du climat scolaire quotidien. Elle est amplifiée par trois fléaux structurels au sein de l’institution : l’isolement, la culpabilisation et l’infantilisation des personnels, le tout dans un véritable climat d’omerta. Même si, depuis la mort de Samuel Paty, il faut reconnaître une évolution bienvenue dans l’octroi de la protection fonctionnelle, cette violence multiforme ne peut plus être considérée comme une succession de faits divers. Il s’agit bien d’un phénomène de société.
Le SNALC n’a d’ailleurs pas attendu pour se mobiliser. Depuis 20 ans, grâce à son partenariat avec la GMF, il propose à ses adhérents une protection juridique pénale.
Dans le même esprit, le SNALC a décidé d’agir pour venir en aide aux collègues en créant mobi-SNALC, outil qui incarne sa philosophie : remettre l’humain au cœur des préoccupations.
Parallèlement à cette assistance, pour le SNALC, la lutte contre ces violences passe par trois actions essentielles :
- Soutenir systématiquement les collègues ; rétablir l’autorité des personnels et reconnaître leur travail en le revalorisant ; recruter davantage pour améliorer le ratio d’encadrement ;
- Responsabiliser les parents et les élèves, en affichant de la fermeté face aux manquements ; il faut en finir avec la politique de l’excuse ;
- Investir dans la santé mentale des élèves comme dans celle des personnels, en recrutant massivement des personnels de santé et en organisant un suivi médical régulier.
Pour le SNALC, le temps des constats et de l’indignation est révolu : seule une action déterminée saura répondre à l’urgence de la situation. Il s’agit de garantir aux personnels comme aux élèves un cadre sûr et apaisant. Car au sein de l’École de la République, la dignité et la sérénité ne sont pas à négocier ; elles s’imposent, sans condition ni compromis.
Agressivité, violence : l’EN doit tracer une ligne rouge
L’agressivité qui monte à l’École n’est pas une fatalité, mais le signe d’un système relationnel défaillant. Le SNALC le rappelle : on ne réglera rien en culpabilisant les enseignants, mais en regardant l’ensemble du dispositif, de la classe jusqu’aux politiques publiques.
Il faut d’abord tracer une frontière nette entre agressivité et violence. Pour Laurent Combalbert[1], l’agressivité est une colère qui se dégrade : quand l’enfant ne sait pas contenir son émotion, elle déborde en cris, gestes brusques et paroles blessantes. C’est une tentative maladroite de dire une frustration, que l’École peut canaliser lorsqu’on lui en donne les moyens.
La violence, elle, change de registre, avec un usage délibéré de la force physique ou psychologique pour blesser, dominer, humilier. À l’École, coups, injures, rumeurs, cyberharcèlement installent l’idée que faire mal est un moyen normal d’obtenir ce que l’on veut. À ce stade, il n’y a pas de « petite violence ». Le SNALC est sans ambiguïté : qu’elle vienne d’élèves, de parents ou de quiconque, cette violence est intolérable.
L’approche systémique de l’école de Palo Alto éclaire ce qui se joue : un élève provoque, le professeur répond sèchement, la classe rit, l’élève surenchérit pensant « perdre la face » et la boucle relationnelle s’envenime. Dans cette logique, l’effet Thorndike joue à plein : un comportement qui « marche » a tendance à se répéter. Si frapper, insulter, menacer permet d’obtenir un avantage, le système légitime la violence.
La position du SNALC est claire : il faut protéger les personnels, restaurer une autorité lisible, sécuriser le cadre. L’enseignant n’a pas à compenser seul les failles d’un système qui doit se remettre en question et travailler sur les interactions qui alimentent l’escalade : impunité des actes graves, silence administratif, disqualification de la parole des enseignants.
S’attaquer à la violence scolaire, c’est donc reconfigurer le système : des règles claires, appliquées et soutenues par la hiérarchie, des protocoles solides et validés de prise en charge des élèves violents. L’École doit redevenir un lieu où l’on accueille les émotions sans jamais tolérer la violence.
[1] Négocier avec ses enfants (et garder son calme), Point Nemo 2026.
Souffrances, violences, pressions : l’exemple de l’Alsace
La situation dans plusieurs établissements scolaires d’Alsace témoigne d’une violence multiforme. Si les actes et tensions visibles sont préoccupants, il ne faut pas négliger les souffrances plus discrètes, issues des pressions institutionnelles et du management, souvent encore plus dévastateurs sur le long terme.
Le SNALC, sensibilisé par son travail de terrain, alerte aujourd’hui sur cette réalité largement sous-estimée. L’exemple d’un lycée du Haut-Rhin met en lumière la montée des risques psychosociaux, conséquence directe d’une gestion autoritaire et de pratiques managériales oppressantes. Les personnels y subissent de lourdes pressions, souffrent d’un manque d’écoute criant et d’une absence de reconnaissance, ce qui détériore tant le climat scolaire que la santé au travail. De même à Mulhouse, la situation d’un collège « à bout » illustre la fatigue extrême et la démobilisation des équipes éducatives, submergées par une accumulation de difficultés et de violences de toutes sortes.
Le rôle des services du rectorat apparaît central dans cette crise. Le SNALC constate que, loin d’apporter écoute et solutions de terrain, les services rectoraux privilégient des décisions descendantes, et imposent, en l’absence de tout dialogue, des contraintes déconnectées des besoins des personnels. Cette gestion ne fait qu’aggraver le malaise et nourrit chez de nombreux agents un profond sentiment d’abandon.
Le SNALC dénonce avec force une institution qui, par son autoritarisme et son manque de réactivité, laisse se développer un mal-être grandissant non seulement au sein des établissements scolaires, mais aussi dans les services administratifs. Que ce soit dans les rectorats, les vice-rectorats ou les inspections académiques, les personnels subissent aussi des conditions de travail dégradées, un manque de reconnaissance et des pressions hiérarchiques similaires qui alimentent une souffrance professionnelle préoccupante.
Le SNALC exige qu’une réponse rapide, humaine et concertée soit enfin apportée à cette crise, afin de restaurer le dialogue, de replacer l’humain au centre du système éducatif et de redonner du sens à la mission fondamentale de l’École.
Violences à l’École : quelles réponses pénales ?
Selon l’OMS, on peut définir la violence comme « la menace ou l’utilisation intentionnelle de la force physique ou du pouvoir […], qui entraîne ou risque fortement d’entraîner un traumatisme […] ». On peut distinguer les violences commises par les élèves contre d’autres élèves de celles qui s’exercent à l’encontre de l’École. Depuis quelques années, la prise de conscience qui entoure le phénomène de la violence dans les établissements scolaires a conduit à la définition d’infractions spécifiques dans le Code pénal.
LES VIOLENCES COMMISES PAR LES ÉLÈVES À L’ENCONTRE D’AUTRES ÉLÈVES
C’est le cas du racket qui consiste à obliger un élève, sous la menace ou l’intimidation, à remettre de l’argent ou des effets personnels ou à exécuter une tâche ingrate. C’est une infraction punie de 7 ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende (article L. 312-1[1]).

Le bizutage qui, sous prétexte d’intégration à la communauté, comporte brimades et humiliations, a longtemps été traité à la légère. Depuis 1998, une infraction spécifique (L. 225-16-1) prévoit une sanction de 6 mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amendes, sanction doublée lorsque le bizutage est exercé sur une personne fragile physiquement et mentalement.
Le phénomène relativement récent d’utilisation des téléphones portables pour filmer les violences commises envers autrui (happy slapping en anglais) afin de les humilier et de les diffuser sur les réseaux sociaux est réprimé depuis 2007 par l’ajout de l’article L. 222-33-3 (De l’enregistrement et de la diffusion d’images de violence) : Le fait de diffuser l’enregistrement de telles images est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.
Le harcèlement prend une ampleur préoccupante avec les réseaux sociaux. Les infractions concernant le harcèlement moral ont également été complétées par l’article 222-32-2-2 : Le fait de harceler une personne par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende lorsque ces faits ont causé une incapacité totale de travail inférieure ou égale à huit jours ou n’ont entraîné aucune incapacité de travail.
Enfin, un article a également prévu la répression des vengeances de type diffusion d’images et vidéos à caractère sexuel pour humilier (revenge porn) avec une peine portée à 2 ans d’emprisonnement et 60 000 euros d’amende (L. 226-2-1).
LES VIOLENCES À L’ENCONTRE DE L’ÉCOLE
L’augmentation de violences liées à l’institution scolaire a aussi conduit le législateur à créer des infractions spécifiques. Ainsi, l’intrusion dans un établissement est désormais réprimée par les articles L. 431-22 à 432-27 : Le fait de pénétrer ou de se maintenir dans l’enceinte d’un établissement d’enseignement scolaire sans y être habilité (…) dans le but de troubler la tranquillité ou le bon ordre de l’établissement, est puni d’un an d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende.

De même, l’article L. 433-5 relatif à l’outrage envers une personne chargée d’une mission de service public a été complété : Constituent un outrage puni de 7500 euros d’amende les paroles, gestes ou menaces, les écrits ou menaces de toute nature non rendus publics ou l’envoi d’objets quelconques adressés à une personne chargée d’une mission de service public, dans l’exercice de sa mission. (…) Lorsqu’il est adressé à une personne chargée d’une mission de service public et que les faits ont été commis à l’intérieur d’un établissement scolaire ou éducatif, ou, à l’occasion des entrées ou sorties des élèves, aux abords d’un tel établissement, l’outrage est puni de six mois d’emprisonnement et de 7500 euros d’amende (…)
Enfin, suite à l’assassinat de notre collègue Samuel Paty, la loi 2021-1109 du 24 août 2021 a complété l’article 431-1 : Le fait d’entraver d’une manière concertée et à l’aide de menaces, l’exercice de la fonction d’enseignant est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Il n’y a pas encore de jurisprudence à notre connaissance, mais il faut entendre la notion de menaces comme explicite, intentionnelle et de nature à faire craindre un risque réel pour la sécurité de l’enseignant selon une définition proche de celle invoquée pour le droit de retrait.
Malheureusement, face à l’augmentation des violences au sein des établissements scolaires, l’institution peine souvent à réagir à la hauteur des faits, comme vu précédemment. Entre minimisation, dissimulation et pressions sur les victimes, la logique du « pas de vagues » est toujours à l’œuvre.
Pour le SNALC, il est important que les enseignants connaissent les principales infractions et les peines encourues, afin d’alerter au plus vite de manière efficiente en cas de violence. Quoi qu’il en soit, ne restez pas seul si vous vous trouvez dans cette situation : tournez-vous vers votre section académique du SNALC qui saura vous assister et vous conseiller.
[1] Toutes les références juridiques de cet article renvoient au Code pénal.
Des alertes devenues impossibles à ignorer
Épuisement, mal-être diffus, perte de sens et de motivation, sentiment d’isolement, tensions relationnelles, les signaux d’alerte se multiplient. Les témoignages recueillis par le SNALC dessinent une réalité préoccupante pour l’ensemble des personnels.
Ce malaise n’est pas le fruit d’une fragilité individuelle. Il s’enracine dans un manque criant de soutien et de reconnaissance de la part de l’institution qui répond trop rarement et trop tardivement aux sollicitations de ses agents. Les dysfonctionnements institutionnels s’accumulent, laissant les personnels seuls face à des situations parfois explosives : relations conflictuelles avec certains parents, tensions entre collègues, injonctions contradictoires. Dans un contexte marqué par une nécessaire adaptation aux évolutions sociétales et générationnelles, les personnels ne sont pas accompagnés et les cas de violence se multiplient.
Les collègues nouvellement nommés découvrent très rapidement un climat marqué par le stress, le découragement, des équipes déjà fragilisées. Ils se retrouvent eux-mêmes exposés à des problématiques pour lesquelles ils ne sont ni formés ni soutenus. Remise en question, perte de confiance, stress chronique, travail empêché, questionnement sur sa place dans l’institution, sur sa carrière : les répercussions sont profondes et parfois durables. Et lorsque plusieurs collègues vivent simultanément ces difficultés, c’est tout un collectif de travail qui vacille. Dans un système qui peine à protéger et à accompagner, il devient indispensable pour chaque personnel de pouvoir s’appuyer sur des outils fiables pour comprendre ses droits, anticiper son évolution professionnelle, développer son employabilité et reprendre la main sur sa trajectoire. Chacun peut un jour être confronté à ces difficultés, avancer seul devient difficile.
Le SNALC l’a bien compris, c’est pourquoi il met à disposition des collègues une palette d’outils via mobi-SNALC : des accompagnements individuels pour réfléchir à son parcours professionnel, préparer un entretien, surmonter des difficultés passagères, mieux appréhender les évolutions du métier, les risques psychosociaux ou faire face à un conflit. Le SNALC vous propose un espace d’écoute afin de rompre l’isolement et de trouver des solutions adaptées.
Leurs témoignages rappellent que derrière chaque accompagnement, il y a une personne, une histoire, un parcours professionnel qui mérite d’être respecté et soutenu.
« J’ai bénéficié d’un accompagnement PIC (Parcours Individualisé de Compétences). La démarche en ligne est simple et rapide, premier contact par téléphone pour m’expliquer le but de l’accompagnement. S’ensuit une série de rendez-vous téléphoniques où, à chaque fois, en amont, une recherche est préparée. Cet accompagnement m’a permis d’orienter et d’affiner mes recherches car je ne savais pas vraiment où je voulais aller. »
« J’ai pu mieux connaître mes forces et mes faiblesses, ainsi que les compétences que je pouvais transférer dans d’autres domaines. »
« Le PIC est l’occasion de s’arrêter et de se regarder faire, travailler, (ré)agir. La prise de conscience est surprenante : on s’étonne de se trouver des talents et des qualités professionnelles ! »
« Ce qui en ressort de très positif est, d’une part, le lâcher-prise. J’ai très vite senti que, dans ma vie de tous les jours, j’étais bien moins tendue, bien moins irritée et bien plus réceptive aux stimuli qui me font du bien. D’autre part, la confiance en soi est en train de se construire d’une autre manière : mon point de vue sur moi-même change. Je repère précisément les points à travailler pour avoir une véritable, profonde et durable confiance en moi. »
« J’ai désormais une meilleure définition et réorganisation du temps personnel et professionnel, j’appréhende mieux ces temps, sans stress, et j’ai des outils pour gérer des situations stressantes. »
« Les séances m’ont été bénéfiques. J’ai eu droit à une écoute empathique et bienveillante. Dans ma vie personnelle, les séances m’ont ” boostée ” : elles m’ont dynamisée et permis de me lancer dans des activités vers lesquelles je ne me serais pas tournée sans le soutien d’une sophrologue.»
« Grâce aux séances de sophrologie, j’ai retrouvé de la sérénité, une reprise de confiance en moi, même si la douleur est parfois présente, elle est moins intense. »
Professeurs : épreuves du quotidien
Au SNALC, nous défendons les professeurs dont le quotidien est d’être en classe –face à des élèves parfois violents– subordonnés à une hiérarchie qui s’annonce bienveillante, mais dont certains membres, dans des cas isolés mais trop marquants, peuvent parfois, sous l’effet du pouvoir, adopter des comportements malveillants, voire de harcèlement.
Le SNALC dénonce les tentatives de déstabilisation que subissent nos collègues quand ils sont des professeurs différents. Si vous êtes une once trop traditionnel dans votre enseignement, vous devenez une cible. L’inspecteur qui vous tressait des lauriers en 2021, revient vous voir en service commandé pour établir que vous êtes en 2026 le pire des professeurs. Ainsi, il n’est pas rare qu’une visite se transforme en réquisitoire contre votre pédagogie : vous ne différenciez pas assez dans une classe à 35, voire vous avez le malheur de suivre les recommandations d’un précédent inspecteur…
Pire : en cas d’incident, vous croyez de bonne foi au soutien de votre hiérarchie : lourde erreur ! Vous passez pour un enseignant dans le besoin. Il arrive alors que ce soit le professeur qui se retrouve mis en cause, considéré comme responsable d’une situation dont il est victime.
En cas de désaccord de fond, nous avons eu connaissance de rapports sur la manière de servir, tout à fait fantaisistes, écrits contre des collègues, perplexes sur l’aide réellement apportée par l’administration. Convoquer et laisser planer le doute peut constituer une autre forme de déstabilisation : cela débouchera-t-il sur une procédure disciplinaire ? Ainsi des collègues sont-ils convoqués au rectorat pour rendre des comptes. Souvent parce que le ton est monté, ou parce qu’ils ont contesté, textes à l’appui, les procédés employés à leur encontre.
Dans des cas de plus en plus fréquents, on nie l’expertise professionnelle des professeurs, on remet en cause la valeur de leur parole, on méprise la pertinence d’arguments de bon sens.
Le SNALC soutiendra toujours ses membres quand ils sont injustement mis en cause. Face aux injonctions, aux violences et aux difficultés du métier, face aux attaques, le SNALC vous conseillera et vous accompagnera. Ne restez pas seuls, ne vous laissez pas faire : contactez-nous.
Quand les poings s’expriment en cours d’EPS
En EPS, les enseignants peuvent être confrontés à des situations de conflit, à des violences entre élèves qui dégénèrent rapidement. Dans ces moments, le professeur doit intervenir pour assurer la protection de tous et rétablir un climat de sécurité. Cette action relève de ses missions de surveillance, d’encadrement et de protection.
Pourtant, une inquiétude récurrente s’exprime dans les établissements : voir des interventions réalisées dans l’urgence faire l’objet, a posteriori, de contestations, notamment si un contact physique a été nécessaire pour séparer des élèves ou empêcher une aggravation de la situation. Cette insécurité professionnelle peut fragiliser la capacité d’action au moment même où la réactivité est indispensable.
Sur le plan juridique, ces situations relèvent de deux régimes distincts : la légitime défense (article 122-5 du Code pénal) en cas d’agression injustifiée, et l’état de nécessité (article 122-7) lorsqu’une action est indispensable pour éviter un danger imminent. Dans les deux cas, trois critères s’imposent : l’imminence du danger, la nécessité de l’intervention et la proportionnalité de la réponse. Ces critères ne sont appréciés qu’a posteriori, au regard des circonstances concrètes.
Ce décalage entre le temps de l’action et l’analyse juridique crée une difficulté propre au milieu scolaire. Les personnels doivent agir immédiatement dans des situations dégradées, alors même que leurs gestes peuvent ensuite être examinés selon des critères juridiques exigeants.
Dans ce contexte, le SNALC revendique la publication d’une circulaire ou d’une note de service définissant précisément le cadre des interventions physiques en situation de danger, ainsi qu’une formation concrète et régulière à la gestion des conflits et des situations de violence. Il demande également un soutien effectif de l’institution aux personnels intervenant dans le cadre de leurs missions, sans logique d’immunité, mais avec une reconnaissance pleine des conditions réelles d’exercice.
L’enjeu est clair : protéger les élèves en permettant aux personnels d’agir immédiatement, sans que leurs interventions soient jugées hors du contexte réel de l’urgence.





