Chaque année, l’Éducation nationale semble découvrir qu’il fait chaud l’été et froid l’hiver. Les vagues de chaleur reviennent, les bâtiments restent inadaptés, les personnels et les élèves subissent. Les consignes ministérielles changent, les alertes se multiplient, mais l’anticipation demeure le grand absent. Pourtant, l’urgence climatique n’a rien d’une surprise.
Cette gestion permanente de l’urgence dépasse largement la question des températures. Hausse du prix des carburants, déplacements toujours plus nombreux pour les AESH, TZR ou collègues en complément de service : les difficultés s’accumulent et les réponses arrivent toujours après coup. Dans de nombreux territoires ruraux, aller travailler devient même un coût que certains collègues peinent à assumer. Payer plus pour travailler plus : une étrange conception de l’attractivité.
Le même constat s’impose pour les rémunérations. Alors que le SMIC augmente, le point d’indice reste gelé. Les grilles s’écrasent, les carrières se tassent et le déclassement progresse. Des personnels exerçant des missions exigeantes se retrouvent au niveau du SMIC ou s’en rapprochent dangereusement. La « revalorisation historique » n’a eu d’historique que le nom. Quant à la question salariale, elle est sur la table depuis si longtemps qu’elle a pris la poussière.
Dans le même temps, les violences progressent. La sortie du film L’Abandon, consacré aux derniers jours de Samuel Paty, rappelle que six ans après son assassinat, les personnels continuent de travailler dans un climat où la peur, les agressions et la contestation de leur autorité demeurent une réalité. Là encore, les réponses concrètes peinent à suivre les discours.
Le Ministère parle d’attractivité. Le SNALC rappelle qu’elle ne se décrète pas, mais repose sur des conditions de travail dignes, des rémunérations à la hauteur des missions exercées et une véritable considération des personnels. Le slogan du SNALC, « Pour un meilleur traitement », n’a jamais été aussi actuel : meilleur traitement salarial, bien sûr, mais aussi meilleur traitement tout court.
Pour le SNALC, il est urgent d’agir. Partout.
Article publié dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1515 du 10 juillet 2026




