En fin d’année scolaire 2025/2026, le SNALC avait lancé une enquête sur le passage des PIAL aux PAS auprès des AESH.
Suite au dépouillement des centaines de réponses reçues, nous sommes en mesure de vous en livrer un bilan.
Pour les AESH concernés par un passage en PAS à la rentrée 2026, la moitié seulement avait reçu un avenant pour accepter ou refuser (avec risque de licenciement en cas de refus) cette modification d’un élément substantiel de leur contrat (CDD ou CDI) lorsqu’ils ont répondu à notre enquête.
Par ailleurs, 60 % des AESH concernés par un passage en PAS n’avaient pas été conviés à une réunion d’information avant la transformation ou le projet de transformation de leur PIAL en PAS.
Pour le SNALC, cette absence d’information préalable et la violence de l’avenant qui découle du passage d’un PIAL en PAS sont inacceptables et ne font que traduire le manque de considération de l’institution envers les AESH. Or, un tel changement n’est pas sans conséquences pour nos collègues AESH puisque dans 30 % des cas, la zone d’intervention de leur futur PAS est plus étendue que celle de leur PIAL actuel. Par ailleurs, la grande majorité d’entre eux ne bénéficieront pas de remboursement de leurs frais de déplacement inévitablement plus conséquents.
Même si, une fois affecté en PAS, le nombre d’écoles et/ou établissements dans lesquels l’AESH intervient n’est que rarement modifié, environ 50 % des AESH affirment avoir eu un changement d’interlocuteur depuis la transformation de leur PIAL en PAS.
Depuis le passage en PAS, presque 50 % des AESH ont constaté l’apparition de nouveaux dispositifs d’accompagnement des élèves en situation de handicap dans leur école ou établissement.
En outre, dans leur PAS, 60 % des AESH déclarent réaliser plus d’accompagnements « au pied levé » qu’ils n’en assuraient précédemment dans leur PIAL et un tiers déclare connaître des changements de lieu d’affectation et/ou d’horaires de travail et/ou d’emploi du temps de dernière minute.
Concernant le nombre d’élèves en situation de handicap accompagnés dans le PAS au cours d’une semaine, un peu plus de 50 % des AESH accompagnent 3 à 5 élèves, et un peu moins de 50 % estiment qu’ils accompagnent davantage d’élèves que lorsqu’ils dépendaient d’un PIAL. Enfin, parmi les AESH ayant répondu à notre enquête, un gros tiers dit avoir reçu des demandes pour accompagner des élèves non notifiés et pour la moitié, le PAS n’a pas amélioré leurs conditions de travail.
Pour le SNALC, et comme il le pressentait, les PAS présentent bel et bien un risque d’effets dommageables sur les conditions de travail des AESH et le respect de leurs missions. Le SNALC continuera donc à œuvrer pour qu’il en soit autrement !
Si l’on range par ordre décroissant les réponses collectées sur le ressenti des AESH face à l’évolution des PIAL en PAS, il en ressort le classement suivant :
- crainte d’une dévalorisation des missions (pour 36 % des AESH) ;
- inquiétude, dont stress, appréhension… (pour 29 % des AESH) ;
- sentiment de mépris de la part de l’institution (pour 23 % des AESH).
Mais à peine 5 % des AESH interrogés envisagent les PAS comme une solution capable de remédier aux dysfonctionnements des PIAL et moins de 3 % comme une perspective d’amélioration de leurs conditions de travail.
Par ailleurs, concernant la perception des PAS parmi les AESH ayant répondu à l’enquête, les réponses les plus fréquentes et classées ci-dessous par ordre décroissant sont :
- une « usine à gaz » similaire aux PIAL sans garantie d’une meilleure prise en charge des élèves en situation de handicap ;
- un risque de confier aux AESH des tâches ne relevant pas de leurs missions, telles que définies par la circulaire n°2017-084 du 3 mai 2017 ;
- une « usine à gaz » encore plus complexe que les PIAL sans garantie d’une meilleure prise en charge des élèves en situation de handicap ;
- une menace pour la professionnalisation des AESH ;
- un aveu d’échec des PIAL, et de facto, de l’inclusion scolaire, de la part des responsables politiques ;
- un dispositif visant à limiter les dépôts de dossiers MDPH et donc les notifications d’aide humaine ;
- un changement d’appellation (par rapport au PIAL) destiné uniquement à faire entrer le médico-social au sein des écoles et établissements scolaires ;
- une nouvelle organisation qui ne répond nullement à leurs attentes pour mieux accompagner les élèves en situation de handicap ;
- une substitution de l’accessibilité à la compensation et, à terme, un besoin moindre d’AESH.
Pour conclure, et après avoir également recensé et pris en compte également les expressions libres laissées par les répondants à la fin de notre enquête, il est clair que les AESH regrettent le manque de clarté et de communication sur la mise en place des PAS. Peu de PIAL ont organisé une réunion d’information afin d’expliquer les enjeux de cette transformation. La nécessité de ce changement, le fonctionnement du PAS ainsi que les missions et le rôle de chacun ne paraissent pas clairement définis pour tous les AESH.
De plus, les avenants parviennent le plus souvent sans aucune information complémentaire et avec des menaces de licenciement s’ils ne sont pas signés. L’étendue de la zone géographique implique des déplacements plus fréquents, des temps de trajet plus importants et un coût en carburant non négligeable. Ce nouveau zonage risque de compromettre le cumul d’activité, pourtant indispensable pour ces contractuels sous-payés. La transformation des PIAL en PAS entraîne donc des difficultés supplémentaires pour les AESH qui ne sont pas véhiculés et qui n’ont pas accès à un réseau de transport suffisant, tout cela sans augmentation de leur rémunération ni prise en compte des temps de trajet.
Enfin, les AESH craignent une surcharge des accompagnements et s’estiment être traités comme des variables d’ajustement dans une logique purement comptable. Un sentiment d’insécurité et d’incertitude pour l’avenir et le devenir des AESH s’installe progressivement. Entre frais supplémentaires et surcharge d’accompagnement, ils ressentent de plus en plus de mépris et déplorent le manque d’humanité et d’empathie à leur égard.
Le SNALC partage les inquiétudes des AESH et veillera à ce que les PAS n’aggravent pas la dégradation de leurs conditions d’emploi et de travail.





