Le 14 avril 2026, É. Geffray et P. Martin, président du MEDEF, ont signé une convention de coopération (consultable sur medef.com.) Deux chapitres sont consacrés à la Voie Pro. Si la majorité des articles ne surprend pas le SNALC ; deux d’entre eux ont néanmoins retenu son attention.
On retrouve, sans surprise, le florilège habituel : certificats de spécialisation, FCIL, « colorations » — nouvel habillage de la non transformation de la carte des formations — et, une fois de plus, la promotion du travail indépendant. Ce dernier point, s’il n’est pas nouveau, interroge par son timing : alors que l’Inspection du travail mène actuellement campagne contre le recours abusif aux travailleurs indépendants, il eût été utile que le ministre du Travail en touche un mot à son homologue de l’Éducation nationale — qu’il rencontrait précisément trois jours plus tôt pour signer la convention Avenir Pro. Cette même convention qui consacre un concept prétendument au service de nos élèves : l’ex-lycéen professionnel « chômeur sous statut scolaire ».
Malgré tout, pour la première fois depuis le lancement de la TVP, le MEDEF semble s’intéresser concrètement aux lycéens pros, avec les articles 8 « Proposer des PFMP pour les élèves de la voie pro » et 9 « Investir le parcours différencié en terminale pro ».
Le SNALC note quelques dissonances, et se demande si notre ministre a lu avant de signer :
- Accorder une attention particulière aux lycéens pros en éducation prioritaire est délicat, sachant qu’ils en sont exclus depuis 2015 ;
- Le parcours différencié et ses 6 semaines de PFMP a disparu en avril 2026. Le voilà ressuscité ?
En dépit de ces couacs, le SNALC choisit l’optimisme et espère que ces engagements se traduiront par une offre de stages enfin à la hauteur des besoins, condition sine qua non pour des PFMP de qualité.
Toutefois, il n’est pas devenu crédule et maintient sa demande d’élargissement de la clause sociale à l’ensemble des marchés publics au bénéfice de tous les lycéens professionnels, de manière à leur offrir, ainsi qu’à leurs enseignants, un dispositif comparable à « 1 élève, 1 stage » dédié aux élèves de 3e et de 2de GT.
Article paru dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1513 du 7 mai 2026





