Lorsqu’une direction d’école devient vacante, à la rentrée ou en cours d’année, l’administration semble parfois considérer qu’une solution s’imposera d’elle-même. Pourtant, quand un directeur est absent pour raison de santé ou appelé sur d’autres fonctions (personnel de direction, conseiller pédagogique…), une question demeure : qui assurera l’intérim ?
Dans les faits, plusieurs cas de figure existent. Il peut s’agir du collègue ayant le plus d’ancienneté, d’un collègue ayant accepté au conseil des maîtres de rentrée d’assumer l’éventuel intérim, d’un collègue soumis à une injonction hiérarchique … Si l’absence est inférieure à 31 jours, une direction collégiale peut occasionnellement être mise en place, mais celle-ci a ses limites. Au-delà d’un mois d’absence, l’école a besoin d’un interlocuteur clairement identifié auprès de la DSDEN, d’un référent sécurité assumant officiellement les responsabilités liées à la fonction, et qui percevra les ISS en contrepartie.
Le SNALC rappelle dans son dossier spécial direction d’école qu’assurer une direction ne relève ni du bénévolat, ni d’un simple « service rendu ». Être directeur ou directrice aujourd’hui, c’est cumuler des responsabilités et des missions toujours plus nombreuses : gestion administrative, sécurité, relations avec les familles, la mairie et l’Institution, coordination pédagogique, suivi des élèves…
Or, les directions vacantes sont rarement celles bénéficiant d’une décharge totale. Dans plus de 75% des cas, la direction s’exerce parallèlement à la gestion d’une classe. Surcharge mentale, heures supplémentaires invisibles, pression hiérarchique, responsabilités juridiques…
Depuis des années, le SNALC dénonce l’alourdissement constant des tâches des directeurs et l’absence de réponses concrètes de l’administration. La véritable question n’est pas « Qui s’y colle ? », mais bien « Pourquoi cette fonction n’attire-t-elle plus ? ».
Pour le SNALC, la seule réponse durable passe par une véritable revalorisation de la fonction : amélioration des décharges, simplification administrative, accompagnement humain réel et rémunération à la hauteur des responsabilités. Sans cela, les vacances de direction continueront de se multiplier, tout comme les refus d’intérim.





