Une récente note de la DEPP1 confirme, chiffres à l’appui, le déclassement des professeurs. Rien de vraiment nouveau pour le SNALC certes. Le paragraphe intitulé pudiquement « des rémunérations plus homogènes chez les enseignants que chez les autres catégories A (…) » ne surprend donc pas : 40 % perçoivent entre 25 000 et 34 000 € annuels contre 20 % seulement dans les corps comparables et seuls 1/3 dépassent ce seuil contre la moitié des autres fonctionnaires. Mais la note va plus loin en se penchant sur les situations familiales : les inégalités apparaissent alors sous un jour encore plus cru. 2/3 des professeurs ayant au moins un enfant à charge (la moitié chez les autres catégories A), ils sont plus nombreux à interrompre leur carrière (15 % contre 10 %) ou à prendre un temps partiel (38 % contre 29 %) pour des raisons familiales, ce qui n’est pas sans incidence sur le niveau de vie et sur le montant de la retraite. Sans surprise, les femmes sont en première ligne. Plus le nombre d’enfants augmente, plus l’écart se creuse. Championnes du déclassement donc et bien devant les pères, citons les mères de famille nombreuse : 32 % d’entre elles perçoivent un salaire annuel inférieur à 25 000 € (contre 10 % des pères). Les politiques ministérielles de soutien à la parentalité et à l’égalité hommes-femmes ne seraient-elles pas suffisantes ? Le métier de professeur ne permettrait-il pas une merveilleuse articulation entre vie professionnelle et familiale ?
Osons l’optimisme et le volontarisme des responsables d’une académie du Sud de la France ! Interpellés par le SNALC sur la multiplication des formations hors temps de service pénalisant en particulier les femmes, ils ont opportunément rappelé que ces dernières ont un mari –on passera sur les familles monoparentales. Il ne faudrait pas contribuer à la diffusion de stéréotypes de genre en posant de telles questions ! Mais oui, plutôt que de s’interroger sur l’organisation du travail, questionnons l’incapacité des femmes à obtenir un rééquilibrage domestique ! Toutes ces dames qui sollicitent congés parentaux ou autre temps partiel, ont-elles seulement eu l’idée de demander gentiment à leurs maris de sacrifier leurs carrières et leurs futures retraites ? Le SNALC espère que cette brillante idée contribuera à lutter contre les stéréotypes de genre d’un autre âge véhiculés par des statistiques décidément têtues2.
(1) Note de la DEPP 26-02, février 2026, « Les conditions de la vie familiale des enseignantes et des enseignants ».
(2) Esteban L., “L’articulation entre vies familiale et professionnelle repose toujours fortement sur les mères”, 2024, Drees, Études et résultats, n°1298
Article paru dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1513 du 7 mai 2026





