L’agression violente d’un collègue dans l’Académie de Montpellier est le dernier épisode en date de la dégradation de notre École et de la perte d’autorité de ses personnels. Le SNALC apporte clairement son soutien sans faille au professeur, et remet les pendules à l’heure dans les médias.
Jean-Rémi Girard, président du syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur, est l’invité de RTL on refait le monde le 13 avril 2026.
Écouter l’interview sur le site RTL
Retranscription des échanges et propos tenus dans l’émission.
RTL – Anne-Sophie Lapix
Un professeur qui tente de rétablir l’ordre dans les couloirs du lycée et qui finit par gifler un élève. Un geste qui entraîne aussitôt de violentes représailles. Ce qui s’est passé vendredi après-midi dans un établissement de Montpellier pose la question de la banalisation de la violence jusque dans les salles de classe. Les agressions sont-elles plus nombreuses ? Les enseignants sont-ils condamnés à aller travailler la peur au ventre ? On en débat dans Refait le Monde avec nos invités. Jean-Louis Linder, président de l’association Autonome de Solidarité Laïque.
ASL – Jean-Louis Linder
Bonsoir.
RTL – Anne-Sophie Lapix
Jean-Rémi Girard, président du syndicat représentatif de tous les personnels de l’Éducation nationale. Bonsoir.
SNALC – Jean-Rémi Girard
Bonsoir.
RTL – Anne-Sophie Lapix
Et Delphine Girard, professeure de lettres classiques, cofondatrice et porte-parole de Vigilance Collège-Lycée, auteure de « Madame, vous n’avez pas le droit », aux éditions Jean-Claude Lattès. Bonsoir.
VCL – Delphine Girard
Bonsoir.
RTL – Anne-Sophie Lapix
Des enquêteurs se sont donc rendus dès ce matin dans le lycée de Montpellier où a eu lieu l’altercation, pour tenter de faire la lumière sur les responsabilités de chacun. Que s’est-il passé vendredi après-midi ? On écoute les explications de Gauthier Legon de Longue-Bugard.
RTL – Gauthier Legon de Longue-Bugard
Oui, deux inspecteurs d’académie mènent depuis ce matin des auditions au lycée Jules-Guesde pour entendre les lycéens et le personnel. Ils analysent aussi, nous dit le rectorat, les vidéos partagées sur les réseaux sociaux. Sur ces images, on voit l’enseignant sortir son téléphone pour photographier un élève. Le jeune, mécontent, tape sur le bras du professeur. L’enseignant s’emporte et gifle le lycéen avant d’être jeté à terre. Au micro de M6, un élève prend la défense de son camarade et pointe la responsabilité du professeur de physique-chimie, habitué selon lui à prendre des photos des élèves pour les dénoncer.
RTL – Élève
Un élève qui passe avec des écouteurs, il va direct le filmer pour envoyer à la vie scolaire. C’est pas normal. Et aussi, c’est que cet élève, je le connais, il est calme. Il n’a jamais été violent, il n’a jamais fait de conneries, il a tout le temps été droit. C’est pas un élève qui était problématique.
RTL – Gauthier Legon de Longue-Bugard
Les deux élèves impliqués ont été exclus jusqu’au conseil de discipline prévu après les vacances scolaires. Btissam Aboubaker, de la FCPE de l’Hérault.
FCPE – Btissam Aboubaker
On appelle au calme. Demain, on a des élèves qui vont se rassembler au niveau de l’établissement. Ils envisagent un blocus. Il ne faudra juste pas que ça desserve l’enquête, qu’il n’y ait pas de violence, qu’il n’y ait pas de poubelles qui brûlent et qu’on reste dans quelque chose de très, très, très pacifiste.
RTL – Gauthier Legon de Longue-Bugard
Le professeur est suspendu à titre conservatoire. L’enquête doit se terminer en fin de semaine.
RTL – Anne-Sophie Lapix
Voilà, papier de Gauthier Legon de Longue-Bugard. On va quand même d’abord parler du comportement du professeur, même agacé puisqu’on lui a volé son téléphone. Sa réaction est totalement inappropriée, Jean-Rémi Girard ?
SNALC – Jean-Rémi Girard
Lui-même a dit qu’il était allé trop loin. Néanmoins, on est dans une situation où c’est parfois difficile d’être encore en capacité de véritablement réfléchir, d’avoir toute la capacité à rationaliser la situation et à savoir ce qu’il faut faire. On est dans une situation où il a essayé de rétablir au départ, pas du tout de manière violente, le calme. Il a vu son autorité remise en cause, même plusieurs fois. À partir de là, déjà, c’est vrai qu’on ne sait plus très bien comment faire. L’idée de sortir son téléphone, c’est pour prendre en photo ou filmer, pour pouvoir – j’allais dire simplement – identifier la personne, parce que c’est un lycée de plus de 2000 élèves. Le professeur ne connaît pas les élèves qu’il a en face de lui. C’est une idée qui peut peut-être paraître logique à ce moment-là, en se disant : « Je n’ai pas d’autres moyens, il refuse de me montrer sa carte, il refuse de me dire son nom. » Et puis ensuite, effectivement, on commence à lui attraper le bras, à lui prendre le téléphone, là, on est dans une situation où, nous, on n’est pas formés à l’Éducation nationale pour réagir à ce type de situation. Donc il a réagi comme il a réagi. On est d’accord qu’on n’a pas à gifler un élève, mais il faudrait quand même dire qu’au départ, si l’élève avait simplement donné son nom ou montré sa carte, il ne se serait absolument rien passé de plus. Et pareil, on n’attrape pas le bras d’un enseignant, on ne lui prend pas son téléphone. Et quand bien même lui-même réagit mal, ce serait peut-être bien que toutes les personnes qui sont là séparent les gens plutôt que de sauter en mode Royal Rumble sur l’enseignant et de le rouer de coups.
RTL – Anne-Sophie Lapix
Vous parlez des lycéens pour le coup. Il a d’ailleurs porté plainte, cet enseignant : lui, que risque-t-il pour son geste ?
SNALC – Jean-Rémi Girard
Alors, il y a deux choses. Il y a l’enquête administrative qui est en train d’être menée…
RTL – Anne-Sophie Lapix
Qui a débuté aujourd’hui avec l’enquêteur.
SNALC – Jean-Rémi Girard
Donc éventuellement, on verra si ça va jusqu’à une sanction disciplinaire, ou pas. Ce n’est pas forcément certain. On verra. Pour l’instant, il est suspendu, mais ça, ce n’est pas une sanction. C’est aussi pour le protéger, parce que s’il revenait dans l’établissement, à mon avis, je ne sais pas comment il en ressortirait actuellement.
Et puis, on verra ce qui se passe sur le plan judiciaire, puisque là, lui envisage ou a porté plainte. C’est possible aussi que les parents de l’élève ou d’autres élèves d’ailleurs présents portent plainte aussi. Dans ces cas-là, ce sera la justice qui auditionnera tout le monde. Il y aura possiblement un procès. On verra ce qu’il en ressortira. Ce ne sera pas demain qu’on aura le verdict.
RTL – Anne-Sophie Lapix
Delphine Girard, vous êtes également enseignante. Je ne veux pas dire que vous comprenez cette réaction, mais vous imaginez le contexte de cette réaction d’un professeur ?
VCL – Delphine Girard
Oui, bien sûr, on ne cautionne pas un geste de violence naturellement, mais il est évident que quelqu’un qui a enseigné de nombreuses années en REP+, comme c’est mon cas, comprend la chaîne de causalité qui peut mener à ce geste inapproprié. C’est-à-dire qu’on a là une situation qui est tout à fait emblématique de tout un tas de difficultés auxquelles fait face l’Éducation nationale, parce qu’on est devant un enseignant qui est esseulé face à une meute d’élèves. On manque de façon tout à fait criante d’adultes, et notamment de surveillants dans les lycées. Je voudrais bien connaître, si vous le savez, chers collègues, le ratio…
SNALC – Jean-Rémi Girard
Ils sont très peu nombreux pour le nombre d’élèves.
VCL – Delphine Girard
Dans un lycée de 2000 élèves, comme ça, je serais curieuse.
SNALC – Jean-Rémi Girard
Je crois qu’il y a eu 8 assistants d’éducation.
VCL – Delphine Girard
Voilà, donc tout est dit. On a également une montée de la violence, une banalisation même de la violence, dans la société en général et chez les jeunes en particulier, qui là se fait jour également. Et puis on a un enseignant qui se trouve complètement démuni, face notamment à la question des réseaux sociaux, des vidéos qui tournent et qui vont évidemment transformer l’événement en événement national. Donc, si vous voulez, là, c’est une espèce de confluent de tout un tas de difficultés face auxquelles le professeur, complètement démuni, a eu ce geste évidemment qu’on ne cautionne pas, mais dont on comprend la causalité.
RTL – Anne-Sophie Lapix
Quand même, comme à la base, c’est lui qui a ce premier geste de violence, je précise quand même, la Cour de cassation assure qu’un enseignant qui frappe un élève engage sa responsabilité pénale, et en pratique, les peines sont souvent du sursis. Qu’est-ce qu’on peut dire là-dessus ? Jean-Louis Linder, vous voulez réagir à ça ?
ASL – Jean-Louis Linder
Oui, alors je ne dis pas que ce sont des situations banales à l’ASL. On a très peu de cas de violences volontaires par adulte ayant autorité sur élève. Très peu. La plupart, on va dire, la majorité, en tout cas des cas qu’on a sur nos dossiers, on a à peu près 20 % d’agressions physiques ou verbales. C’est plutôt le monde enseignant. Quand je parle du monde enseignant, je ne parle pas que des enseignants. On parlait des AESH, on parlait aussi finalement des éducateurs en général, qui sont victimes.
Et donc là, c’est un cas d’école pour nous. C’est le deuxième en deux ans. Et on a un retour d’expérience. Je ne peux pas donner véritablement le dossier parce que ça rentrerait en conflit avec une forme de confidentialité. Mais en tout cas, on a connu cette situation-là d’un collègue enseignant du second degré, lui-même molesté, et qui donc se protège et va commettre l’irréparable selon la loi, c’est-à-dire un adulte qui transgresse, un adulte ayant autorité, qui transgresse le cadre de son contrôle à lui et qui va alpaguer l’élève. Il s’est retrouvé, puisque vous posiez la question, lui accusé directement. C’est-à-dire que le fait de déposer plainte pour l’adulte qui subit ne viendra pas premièrement dans le bureau du procureur. Ce qui va venir, ça va être effectivement les élèves qui vont probablement être entendus en premier.
Ce que je lui souhaite, c’est d’arriver à la conclusion, comme pour l’autre collègue, relaxe, et au bout du bout, on va dire, une reconnaissance de : eh bien oui, dans cette situation, on ne comprend pas, on ne peut pas cautionner, ce que rappelaient mes collègues, on ne peut pas cautionner, mais en même temps, on ne peut pas vous taper dessus en disant : « Vous n’êtes pas une victime, ils sont victimes d’une situation. »
RTL – Anne-Sophie Lapix
Et il faut noter qu’on a vu cette vidéo de violence, la scène a été filmée, même s’il faut la contextualiser ensuite, mais ça aussi, c’est quelque chose de nouveau et d’important, c’est qu’aujourd’hui, il y a des violences, et on les filme. En fait, il faudrait aussi tenir compte de ça et sanctionner les personnes qui filment, qui participent finalement de ce phénomène.
SNALC – Jean-Rémi Girard
C’est illégal ! On va quand même le rappeler : c’est illégal de filmer des gens sans leur consentement comme ça, encore plus dans un établissement scolaire. Je crois que ça doit faire la cinquième fois qu’on interdit le téléphone portable dans les établissements scolaires. Vous voyez qu’il est toujours là.
Et même, ça peut être générateur de situations de tension parce qu’on se dit : « Ah ben voilà, on va filmer, on va essayer de mettre le prof en difficulté, on va faire un truc, ça va nous faire des vues, on va mettre ça sur les réseaux, ça va être génial. »
Et nous [enseignants], on est incroyablement démunis par rapport à ça. C’est presque la société du spectacle qui s’invite dans la salle de classe, ou dans le couloir, ou dans la cour de récréation.
Et ce qui, finalement, devrait relever aussi au départ de la gestion interne, de la capacité à gérer la situation au sein d’un établissement scolaire, comme vous l’avez dit, Delphine Girard, […] devient quelque chose qui devient soudainement national. Tout le monde en parle, tout le monde prend position. Il va peut-être y avoir un blocus de l’établissement… On est quand même dans des réactions qui sont absolument terrifiantes! Pour une fois encore, il va vraiment falloir qu’on fasse l’enquête. Moi, j’ai vu la version de la vidéo qui filme un petit peu avant, parce qu’il y a eu plusieurs vidéos.
RTL – Anne-Sophie Lapix
Il y a toujours plusieurs vidéos.
SNALC – Jean-Rémi Girard
Plusieurs angles de vue, où, effectivement, il va falloir définir ce qu’est de la violence. Parce que la première violence, ou en tout cas le premier contact physique violent, c’est de la part de l’élève qui attrape le bras de l’enseignant et lui arrache son téléphone. Enfin, ça, c’est une violence aussi. Il faut quand même le dire. Est-ce que sa réaction est proportionnée ? Ce n’est pas à moi de le dire, je ne suis pas juge. On peut clairement en discuter. Enfin, il faut bien voir qu’on est aussi dans la situation de quelqu’un qui, lui-même, a été, dès le départ, victime d’une violence de la part d’un élève qui refuse son autorité dans un effet de groupe.
RTL – Anne-Sophie Lapix
On a parlé de la banalisation de la violence. On va voir s’il y a vraiment une hausse des violences.
RTL – Auditrice
Je suis enseignante et oui, je vais au collège la boule au ventre. Et est-ce qu’on a peur de sanctionner les élèves alors qu’on est dans notre bon droit professionnel ? Aujourd’hui, oui, on se pose des questions, vraiment.
RTL – Anne-Sophie Lapix
Voilà, c’est Marie, une enseignante. « Les auditeurs ont la parole ». C’était il y a quelques jours, avant l’incident de Montpellier de vendredi dernier. Un enseignant qui tente de rétablir l’ordre dans un couloir, qui finit par donner une gifle et se retrouve roué de coups par des élèves. Donc, c’était vendredi à Montpellier. L’enseignant est suspendu, le temps d’une enquête administrative rapide. Les élèves ont été exclus à titre conservatoire et passeront en conseil de discipline au retour des vacances. On essaie de comprendre si cet incident est symptomatique d’une atmosphère de violence dans les établissements scolaires. D’abord, est-ce que les incidents, les faits de violence vis-à-vis des professeurs, ont augmenté selon les chiffres du ministère, Jean-Rémi Girard ?
SNALC – Jean-Rémi Girard
Alors, les chiffres du ministère, il faut savoir ce qu’ils arrivent à capter, en fait. Parce que pour fabriquer les chiffres du ministère, il faut déjà qu’il y ait des choses qui remontent des établissements. Nous, ce qu’on peut constater, en tout cas ce que l’on voit – parce que nous aussi, au SNALC, on a quand même des thermomètres dans les établissements scolaires en tant que syndicat représentatif –, c’est que le climat est beaucoup plus tendu. C’est-à-dire que c’est beaucoup plus stressant. Comme le disait l’auditrice, parfois on n’est pas sûr de vouloir y aller, et on peut se retenir. On peut se dire : « J’ai pas envie de me lancer dans une tentative de démonstration d’autorité qui va peut-être se retourner contre moi. »
RTL – Anne-Sophie Lapix
Donc on capitule, en fait, c’est ça que vous voulez dire ?
SNALC – Jean-Rémi Girard
On se protège. Je pense que c’est plus vu comme ça.
RTL – Anne-Sophie Lapix
Il n’y avait pas de jugement dans ce que je disais.
SNALC – Jean-Rémi Girard
Ce sont des collègues et on les comprend très bien. Ce que l’on voit, c’est que les violences qui ont lieu sont plus violentes, si je puis dire. C’est-à-dire les poignardages d’enseignants jusque dans les salles de classe. Ce n’était quand même pas quelque chose de très typique il y a 20-30 ans. Là, on en a quand même…
RTL – Anne-Sophie Lapix
Il y en a eu deux déjà cette année, depuis la rentrée.
SNALC – Jean-Rémi Girard
C’est ça, depuis la rentrée. Il y en avait eu en mai dernier, Mélanie Grapinet, etc. Et puis, ça commence plus jeune, c’est-à-dire que les écoles primaires ne sont plus du tout protégées de ça. Qu’il y a une violence et une agressivité, et des agressions de plus en plus nombreuses en école primaire, y compris et particulièrement en école primaire, de la part des familles. Ça, c’est aussi très nouveau. Il n’y a pas que les élèves dans l’histoire. Quand vous êtes professeur des écoles, vous avez presque autant de chances d’être agressé par l’entourage adulte de l’élève que par l’élève lui-même.
RTL – Anne-Sophie Lapix
Jean-Louis Linder, vous avez des chiffres ?
ASL – Jean-Louis Linder
[à Jean-Rémi Girard] J’ai envie de dire : vous avez eu mon baromètre, ce n’est pas possible !
SNALC – Jean-Rémi Girard
C’est possible, c’est possible.
RTL – Anne-Sophie Lapix
Il y a une cohérence à la fois autour de cette table.
ASL – Jean-Louis Linder
C’est étonnant. Tant mieux. Je vous rejoins, mais pas complètement. Il faut savoir que sur cinq ans, on pouvait remonter à dix ans, notre baromètre, il date déjà d’avant. On se base sur une quantité d’adhérents absolument phénoménale : 480 000, on était à 500 000 adhérents. Donc, vous voyez le panel, on va dire, entre second degré, premier degré, directeurs d’école, j’en passe et des meilleurs.
Ce qu’on a vu arriver, c’est la stabilisation d’un climat absolument délétère dans les établissements. Et ça, je l’avais noté déjà il y a plus de cinq ans, en disant que la problématique, ce ne sont pas les agressions les plus fortes sur lesquelles tout le monde va communiquer. C’est ce fond toxique qui est accepté maintenant par tout le monde. Et on fait, comme vous le rappelez tout à l’heure, on va dire bonne figure avec ça. Alors, 176 % d’augmentation, un chiffre étonnant sur 5 ans, vous allez voir pourquoi : dénonciation, diffamation, dénonciation calomnieuse. « Ah, monsieur, vous m’avez touché, monsieur, vous m’avez frappé, monsieur, etc. » Diffamation, là, ça passe par voie de presse, mais ça peut passer aussi, on va dire, sur les réseaux sociaux, puisqu’on est vraiment là-dessus. Et puis, après, derrière, on a l’emballement, à partir de ces situations d’un conflit larvé qui va finir, possiblement, en conflit ouvert.
Vous parliez tout à l’heure, Jean-Rémi, des situations du premier degré. Je suis issu du premier degré, ça fait tellement longtemps que ça existe, que j’ai l’impression qu’on redécouvre qu’il n’y a pas que le second degré, et que le premier degré subissait déjà, il y a très longtemps, quelque chose pour lequel les enseignants du premier degré avaient une attitude, pas de complaisance, mais en se disant : « Ils sont petits, c’est normal, et les familles, on va finir par y arriver. »
Force est de constater qu’on n’y arrive plus, tout simplement. Donc, il faut prendre des mesures. Les mesures, elles ne sont pas que répressives en interne, elles doivent être absolument préventives. Et puis, éducatives, forcément.
RTL – Anne-Sophie Lapix
Alors, qu’est-ce qui se passe dans le primaire ? Je ne comprends pas.
ASL – Jean-Louis Linder
Dans le primaire, vous allez avoir clairement, on va dire par exemple, un élève de CM2, mais ça peut arriver même en CP, un élève qui présenterait un trouble du comportement va générer autour de lui de la violence, parfois même directement à l’encontre des adultes qui s’occupent de lui. Les parents vont arriver et vont prendre fait et cause pour la parole de l’enfant, et vont donc immédiatement entamer les hostilités avec l’équipe enseignante. Et ça peut aller jusqu’à des menaces – moi j’en ai subi à titre personnel –, ça peut aller jusqu’à des coups, ça peut aller jusqu’à différentes formes d’agressions. Quand on parle d’agression, les agressions physiques, dans nos statistiques, ne représentent qu’une portion relativement faible. C’est très grave, c’est inacceptable, mais c’est faible. Même si on a vu les augmentations de l’ultra-violence dont vous parliez, Jean-Rémi.
RTL – Anne-Sophie Lapix
D’ailleurs, vous disiez hors antenne que ça a lieu dans des établissements qui ne sont pas des établissements difficiles.
ASL – Jean-Louis Linder
Il n’y a pas besoin d’être en établissement d’éducation prioritaire, moi je l’étais, pour vivre ça. On le vit maintenant partout. Donc ce qu’il faut se dire, c’est que personne n’est à l’abri. Et où va-t-on commencer à pouvoir traiter le problème ? Je crois que si on le traite trop tardivement – c’est peut-être un peu notre recommandation à l’ASL –, c’est-à-dire arriver au lycée, c’est déjà trop tard, c’est la discussion qu’on avait tout à l’heure. Je crois qu’il faut commencer très jeune, avec les familles et les élèves.
RTL – Anne-Sophie Lapix
Delphine Girard, Jean-Louis Linder disait qu’il y avait une espèce de stabilisation à un niveau terrible de violence. Et ça, il y a eu le traumatisme de Samuel Paty, des attentats contre Samuel Paty et Dominique Bernard. Ça vient de là, d’ailleurs, cette espèce d’ambiance de peur au ventre ?
VCL – Delphine Girard
Non, malheureusement, ça ne vient pas de là, mais évidemment, ça en fait partie. Et puis surtout, ça en est illustratif, parce qu’en réalité, l’école, c’est tout simplement la caisse de résonance des tensions qui traversent toute la société. Les enfants sont eux-mêmes le produit d’une culture familiale, qui peut être politique, religieuse, et parfois porteuse de violences ou très antagoniste avec l’institution. Et ces antagonismes se retrouvent à l’école sans le filtre, sans le surmoi des adultes. Et c’est pourquoi, effectivement, on retrouve cette banalisation de la violence, cette contestation croissante aussi des valeurs républicaines qui traversent certaines franges de notre société et qu’on retrouve chez nos jeunes.
Mais vous disiez tout à l’heure, il est vrai que l’ultra-violence, c’est-à-dire le recours à l’arme blanche, d’abord se banalise – le recours à l’arme blanche se banalise –, mais que ce n’est pas l’effet le plus grave. En tout cas, les attaques meurtrières ne sont pas nécessairement le fait des REP+ ou des zones urbaines les plus difficiles. Et néanmoins, je dois vous dire que moi, en tant qu’enseignante, je redoute moins l’agression physique d’un élève qui serait suivi pour des troubles psychiatriques qu’effectivement ce que vous décriviez : ce climat de tension permanente, ce climat de revanche, de haine et de défis contre l’institution que représente l’enseignant, qu’on retrouve dans nombre de banlieues et qui sont le lot quotidien de nombre de collègues. Et cette atmosphère de violence, de défis et de rejet des institutions, et notamment des institutions républicaines – moi c’est mon sujet, mais pas que –, c’est une ambiance qui, pour le coup, est un véritable poison pour le métier, parce que ça donne des collègues qui n’ont plus envie d’enseigner, et puis surtout qui répandent l’idée que l’enseignement, ce n’est vraiment pas une vocation très souhaitable.
RTL – Anne-Sophie Lapix
Des enseignants qui démissionnent, qui sont en arrêt parce qu’ils font des dépressions, et ça se traduit comment ?
VCL – Delphine Girard
Des enseignants qui ont peur, des enseignants qui sont déclassés aussi, des enseignants qu’on regarde avec une forme de commisération quand vous dites que vous êtes enseignant en banlieue et qu’on vous dit : « Ah, c’est beau, ou c’est fort, ou c’est difficile », enfin, souvent avec un air comme ça, d’empathie. C’est une profession qui a beaucoup perdu, du coup, non seulement en attractivité, mais aussi en dignité. Et ça, naturellement, quand on voit malheureusement les chiffres des concours de recrutement actuellement, ils sont tout à fait éloquents.
RTL – Anne-Sophie Lapix
On va voir comment on protège, quels sont les outils pour se protéger à la disposition des enseignants, juste après la pause.
On en débat avec nos invités : Jean-Louis Linder, président de l’association Autonome de Solidarité Laïque ; Jean-Rémi Girard, président du syndicat représentatif de tous les personnels de l’Éducation nationale ; et Delphine Girard, professeure de lettres classiques, cofondatrice et porte-parole de Vigilance Collège-Lycée.
RTL – Capture audio
« Je recule. Et là, qu’est-ce qu’on fait souvent ? Non, non, non, non, non ! Qu’est-ce que j’offre, là ? Tout ce qui est artères. Mais regardez, je rentre mon coup. Qu’est-ce que je peux prendre pour me défendre ? Un cahier. Un classeur, un cahier, si je peux. Si j’ai une poubelle, je prends la poubelle. Si j’ai une chaise, qu’est-ce que je fais de la chaise ? J’interpose. – Arrête ! Arrête ! – Qu’est-ce qu’il va faire, lui ? Il va taper quoi ? Dans la chaise ? Mais pas dans moi ! »
RTL – Anne-Sophie Lapix
Oui, on en sourit, ça paraît fou, mais c’est un reportage d’Hortense Crépin sur un stage de formation proposé par un syndicat d’enseignants, donc pour les professeurs, des stages comme ça. Vous aussi, Jean-Rémi Girard, vous en organisez ?
SNALC – Jean-Rémi Girard
Oui, au SNALC, on a souvent des stages, déjà, sur les questions de judiciarisation du système éducatif, parce que les personnels de l’Éducation nationale n’ont pas été formés à connaître leurs droits et à connaître, éventuellement, parfois même leurs devoirs aussi. C’est parfois très flou de savoir ce qu’on a le droit de faire, pas le droit de faire, ce que l’on risque et comment il faut agir quand il nous est arrivé quelque chose. Mais on a eu aussi des stages qui, sans aller jusqu’à « je prends la chaise », étaient des stages, au moins, de comment déjà essayer de désescalader : des techniques, des méthodes pour arriver à désescalader pour justement ne pas arriver à ça. Là, ça a l’air rigolo, le « je prends la chaise », mais il faut se souvenir que quand on avait, parce qu’on a maintenant quasiment toujours des vidéos, la vidéo de ce qui s’est passé pour Dominique Bernard, on avait un collègue qui avait effectivement une chaise pour s’interposer. Donc, ce sont des choses qui arrivent réellement. Et si on se souvient de ce sketch d’Anne Roumanoff sur la formation des enseignants en éducation prioritaire, et d’ailleurs, du coup, aujourd’hui, on l’a bien dit, pas qu’en éducation prioritaire, en fait, on est très, très proches, parfois, de ce qu’on conseille aux collègues. À l’époque, c’était fait pour faire rire ; aujourd’hui, on ne rigole plus.
RTL – Anne-Sophie Lapix
Jean-Louis Linder, est-ce qu’on a les armes suffisantes pour gérer cette violence qu’on a du mal à canaliser dans sa classe ?
ASL – Jean-Louis Linder
Ça serait trop facile. C’est un travail de longue haleine, en fait. Il y a d’abord à traiter l’urgence : le cas du collègue, le cas d’autres collègues qui seraient dans des situations. La solidarité, d’ailleurs, entre collègues a tendance à baisser aussi, et je crois qu’il faut le dire aussi. On met beaucoup d’attentes, on va dire, sur le corporatisme. On dit toujours : « Ah oui, mais entre collègues, on va se soutenir. » Face à des situations de stress en continu, on agit comme des animaux, et au bout du bout, on s’isole. Donc déjà, rien que là, si on était capable de rétablir un petit peu un esprit collectif, un peu de tranquillité entre nous, peut-être qu’on arriverait déjà à résoudre en partie.
RTL – Anne-Sophie Lapix
Même si ça existe, cette solidarité, malgré tout.
ASL – Jean-Louis Linder
Ça existe, ça existe.
En tout cas, on voit monter ça et on a quelques réponses. Jean-Rémi le disait tout à l’heure : former au droit. Pourquoi ? Pas pour devenir des juristes, ça n’a aucun intérêt, mais pour savoir, au moment où l’on pose un acte ou une parole, de le faire en toute sécurité. Et puis aussi d’entamer peut-être un autre travail avec les élèves, qui est un travail qu’on voudrait bien mener, on va dire, avec le ministère de la Justice : c’est faire intervenir la notion du droit, en discuter dans des ateliers croisés. Former des adultes, c’est très bien, mais si on laisse les élèves dans une ignorance crasse, on ne va pas y arriver. Or, le droit, ça se discute. Sinon, il n’y aurait pas d’avocats ; nous n’aurions que des machines, que des IA, qui vous donneraient, on va dire, une sanction face à une situation.
RTL – Anne-Sophie Lapix
Donc il faut des débats, professeurs-élèves, sur ce qui est permis, les limites ?
ASL – Jean-Louis Linder
Ça a commencé à se mettre en place dans certains établissements, à notre initiative. On a proposé ça, on a des avocats conseils, on en a 200 sur le territoire. Et donc on a proposé, nous, de prendre en charge les avocats conseils au titre financier, et ensuite d’animer des débats, en prenant des thématiques. On parlait de l’autorité parentale, je crois que c’est quand même le nœud du problème. Quand les parents arrivent et disent : « Vous devez, il faut, vous… », pensant que l’autorité parentale est un droit absolu, un droit, on va dire, un petit peu…
RTL – Anne-Sophie Lapix
…qui s’impose au professeur.
ASL – Jean-Louis Linder
…au professeur, mais pas que. Donc il y a nécessité de ça.
RTL – Anne-Sophie Lapix
Delphine Girard, c’est aussi un des problèmes, l’implication des parents ?
VCL – Delphine Girard
Oui, absolument. Et ce que nous disions tout à l’heure en est la conséquence. C’est-à-dire que le déclassement du métier d’enseignant, la difficulté dans laquelle on le sait communément, fait aussi que son autorité auprès des jeunes, mais aussi son autorité intellectuelle auprès des adultes, n’est plus assurée. Et de plus en plus fréquemment, vous avez maintenant des enfants ou des parents qui contestent même les contenus de l’enseignement. C’est le fameux : « Madame, vous n’avez pas le droit de nous enseigner cela, qui va à l’encontre de notre foi. »
SNALC – Jean-Rémi Girard
Et les notes !
VCL – Delphine Girard
Les notes : « Vous n’avez pas le droit de nous mettre cette note-là alors qu’on a travaillé. Vous n’avez pas le droit de nous enseigner quelque chose qui nous heurte ou qui contrevient à nos idées. » Et il y a cette idée qu’on peut enjoindre des choses à l’institution parce que l’enseignant est fragilisé dans son autorité, à tous les sens du terme : au sens intellectuel et puis au sens, naturellement, de l’autorité qu’il doit avoir sur ses élèves.
RTL – Anne-Sophie Lapix
Et ça, c’est lié à quoi, cette remise en cause totale de la légitimité de l’enseignant par l’élève ?
VCL – Delphine Girard
Comme nous le disions, c’est d’une part le fait qu’il y a une partie de la société, et de la jeunesse surtout, qui est maintenant dans une forme de confrontation avec l’autorité républicaine, tout simplement, avec l’institution, avec la société en général. Parce qu’on est dans une société qui a des antagonismes de plus en plus forts, des fractures sociales de plus en plus fortes, qui se polarisent aussi politiquement, avec une violence politique qui gagne aussi les esprits de manière générale. Et puis parce qu’on a un déclassement des enseignants qui fait qu’on considère maintenant que les enseignants ne sont plus forcément des références et qu’on peut les contester.
SNALC – Jean-Rémi Girard
Et déclassement salarial également. En fait, ce n’est pas parce que je suis syndicaliste, président du SNALC, que je parle que de salaire, mais ça joue, à un moment, la perte de pouvoir d’achat des enseignants. Quand les élèves savent combien leurs professeurs gagnent par mois… – et on ne parle même pas des contractuels, qui sont de plus en plus nombreux : en collège-lycée, un enseignant sur dix n’a pas passé le concours. Il a été recruté parce qu’il fallait quelqu’un et parce qu’il était volontaire et qu’il avait le niveau de diplôme. On en est là. Mais effectivement, je n’ai pas d’élèves qui me disent : « Moi, je voudrais bien faire ce métier plus tard. » On en a encore parfois à l’école primaire qui trouvent ça sympathique. Dès qu’ils arrivent au collège, et encore plus quand ils arrivent au lycée, aujourd’hui, je ne sais pas quelle génération va vouloir devenir enseignant d’ici 10 ans, 20 ans. Je ne les ai pas dans nos classes.
RTL – Anne-Sophie Lapix
Mais alors, comment on rétablit le prestige et l’autorité de l’enseignant ? C’est bien si on l’augmente, mais ce n’est pas la seule solution.
SNALC – Jean-Rémi Girard
Non, ça en fait partie. Il faut agir sur plusieurs choses. On est bien d’accord. Ce n’est pas juste : si on augmente les salaires d’un seul coup, il n’y a plus de violence. Ça ne marche pas comme ça. On est entièrement d’accord. Mais effectivement, il faut qu’on ait le soutien de toute la société derrière. À commencer déjà par notre hiérarchie, quand vous faites quelque chose et qu’ensuite, parfois votre chef d’établissement, parfois votre DASEN, votre inspecteur, etc., vient vous dire : « Vous n’auriez pas dû faire comme ci, comme ça. » Souvenons-nous de Samuel Paty, qui allait se prendre un cours sur la laïcité en plein dans la figure. Voilà, c’est ça aussi l’Éducation nationale. Quand on a eu le mouvement « Pas de vague », qu’au SNALC on a énormément soutenu, il ne partait pas de rien, il partait d’une réalité qui est vécue de manière très, très forte.
RTL – Anne-Sophie Lapix
Et il a fait évoluer les choses, ce mouvement ?
SNALC – Jean-Rémi Girard
Il y a eu des évolutions. Alors elles sont faibles, on ne va pas se le cacher. Il y a eu une évolution. Au SNALC, on avait beaucoup travaillé sur la question de la protection fonctionnelle. On avait demandé tout simplement l’automaticité, en réalité, c’est-à-dire que dans une situation, quand vous la demandez, votre employeur, c’est-à-dire l’État, va s’engager, d’une part, sur les questions de frais d’avocat, etc., et c’est peut-être pas ça l’essentiel, en réalité, ici ; mais aussi, c’est pour ça que ça s’appelle « protection fonctionnelle » : il va s’engager à vous protéger, c’est-à-dire à ne plus vous soumettre à la situation dangereuse dans laquelle vous vous trouvez. Ça peut être de vous suspendre temporairement, ça peut être parfois de vous changer d’établissement. Récemment, on a géré au SNALC une collègue qui a dû changer d’académie parce qu’elle était en danger là où elle était.
RTL – Anne-Sophie Lapix
Ils avaient gagné, alors ?
SNALC – Jean-Rémi Girard
Ils n’avaient pas gagné, parce que le père a été condamné au tribunal. Nous aussi, en tant que syndicat, on a une cellule juridique, on a un partenariat avec un cabinet d’avocats, parce qu’aujourd’hui le syndicalisme, c’est la justice. On ne peut plus faire du syndicalisme sans avoir les moyens d’aller en justice. Ça fait partie de tout ce qu’on met en place. La protection fonctionnelle, on le voit, elle est de plus en plus demandée chaque année, mais elle est aussi de plus en plus accordée. Il y a eu un avant et un après Samuel Paty sur la protection fonctionnelle. Déjà, les collègues savent que ça existe, parce que ce n’est pas en formation initiale que j’ai appris l’existence de la protection fonctionnelle, ni en formation continue. Et maintenant, ils savent comment la demander et ils savent que le SNALC ou tout autre organisme normalement constitué et intelligent saura les aider à l’obtenir.
ASL – Jean-Louis Linder
Quelques réserves, quand même. Depuis le début de notre interview, nous sommes en accord. Sauf là, forcément, il me fallait un petit truc. Protection fonctionnelle. Alors, accorder plus, oui. Accorder mieux, à voir.
SNALC – Jean-Rémi Girard
Ah, ça, on est d’accord, en fait.
ASL – Jean-Louis Linder
Deux mois à attendre, puisque c’est le délai légal. Et s’il n’y a pas de réponse, ça vaut désaccord. Où a-t-on vu ça ? Même les impôts ? « Pas de réponse vaut accord. »
RTL – Anne-Sophie Lapix
Oui, ça, ça a changé il n’y a pas si longtemps que ça. Ça n’a pas changé.
ASL – Jean-Louis Linder
Donc la protection fonctionnelle, on le voit à travers les 12 374 dossiers, on va dire qu’on en a 63 % qui ont un entourage juridique très clair, c’est-à-dire pour lequel on pourrait aller en justice.
Nous, notre but, ce n’est pas d’aller en justice, comme tu l’as rappelé Jean-Rémi, c’est vraiment d’apaiser les situations et de trouver toutes les solutions en interne, quitte à ce que l’autorité soit rappelée par un DASEN, par un recteur, par une autorité. Très bien.
Eh bien, sur l’ensemble des dossiers, donc 12 374, on peut estimer, on va dire, que seuls 544, voire au maximum 800, ont été enregistrés et pour lesquels on a eu une réponse.
Donc vous voyez que la proportion est extrêmement faible. On ne peut pas dire que c’est l’ensemble des protections fonctionnelles demandées. On est intervenu auprès du Sénat.
RTL – Anne-Sophie Lapix
On a une grande chance de se faire refuser.
ASL – Jean-Louis Linder
Oui, mais seulement sur cette partie-là. Et on a des avis juridiques extrêmement posés. On est allé devant la commission sénatoriale du sénateur Lafon pour demander qu’effectivement il y ait une amélioration. Vous parliez de l’automaticité, mais c’est une évidence. Et puis, au-delà de ça, c’est la capacité aussi de se dire : très bien, l’automaticité, mais quand ? Quel délai ? La loi Genetet est arrivée, mais la circulaire Genetet, elle n’est pas appliquée.
RTL – Anne-Sophie Lapix
C’est quoi la circulaire Genetet ?
SNALC – Jean-Rémi Girard
Genetet était une ministre de l’Éducation nationale. On ne le sait déjà plus.
RTL – Anne-Sophie Lapix
Oui, c’est vrai qu’on l’a oubliée.
ASL – Jean-Louis Linder
On en a eu quelques-uns qui sont passés très vite. En tout cas, ils n’ont pas tous été, on va dire, sans laisser quelque chose.
RTL – Anne-Sophie Lapix
Et ce débat est déjà terminé. Si, si, c’est possible. Mais merci beaucoup d’être venus dans ce studio. C’était très vivant et très intéressant.





