Le nouveau référentiel direction d’école1 a été publié le 21 mai 2026, alors même que le SNALC et l’ensemble des organisations syndicales demandaient la tenue de groupes de travail supplémentaires.
Chez les directeurs et directrices d’école, les réactions de colère n’ont pas tardé : « Tant d’attente pour cela ? », « On est payé combien pour assumer tout ça ? », « Nous voilà pilotes pédagogiques de niveaux que nous ne maîtrisons pas ? », « À quand une véritable aide administrative et une révision des décharges ? » …
Pourtant, fin 2019, le Ministère avait lancé une vaste consultation adressée aux directeurs d’école. Leurs réponses faisaient émerger des besoins urgents : 33 % réclamaient une aide humaine pour la gestion du quotidien, 27 % un allègement des tâches et 45 % souhaitaient davantage de temps pour exercer leurs missions. Si les décharges d’enseignement ont depuis été revues, les quotités accordées demeurent largement insuffisantes.
La réécriture du référentiel version 2026 est essentiellement une mise à jour intégrant les évolutions issues de la loi Rilhac et des décrets publiés depuis 2014. En revanche, elle ne tient compte ni des besoins exprimés par les directeurs, ni des résultats de l’enquête menée par le Ministère lui-même, ni des revendications portées par les organisations syndicales.
À la suite des groupes de travail de mai 2025 et mars 2026, le projet initial de référentiel a quelque peu évolué : l’obligation pour le directeur de rechercher des solutions de remplacement a été retirée et le respect des obligations réglementaires de service est désormais explicitement mentionné, les 108 heures n’étant pas extensibles à merci, même pour répondre à une autorité fonctionnelle. Néanmoins, cela reste insuffisant pour le SNALC.
Le renforcement du pilotage pédagogique fondé sur les résultats aux évaluations nationales est totalement établi par ce référentiel. Contrôle et management par les chiffres au détriment de la liberté pédagogique, évaluations d’école tous les cinq ans, évaluation de la fonction tous les cinq ans, … Le directeur d’école se voit désormais sommé de devenir un expert de la pédagogie tous cycles confondus, ce qui n’est pas anodin. La pression institutionnelle est énorme mais les conditions de travail ne s’améliorent pas.
Le SNALC le répète : il faut revoir les missions des directeurs d’école et alléger leur charge de travail, au risque de voir la fonction progressivement désertée.
(1) https://www.education.gouv.fr/bo/2026/Hebdo21/MENE2612947C




