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La contractualisation de l’enseignement

Le secteur EPS du SNALC déplore la réduction du nombre de postes ouverts au CAPEPS cette année. 800 postes étaient initialement prévus pour l’enseignement public et 100 pour le secteur privé. 170 postes pour le premier et 22 pour le second ont finalement été supprimés. Pourtant l’année précédente c’est bien 1000 contractuels qui ont été employés pour assurer la totalité des enseignements en EPS.

Ainsi, malgré les beaux discours sur le rôle du sport, ses bienfaits, l’importance de l’EPS dans la formation scolaire … c’est une réalité purement comptable et économique qui est mise en œuvre. Ne soyons pas dupe ! L’objectif européen de réduction des déficits, toujours présenté comme une commande d’un ordre supérieur, est aussi une excellente caution et un parfait alibi pour réaliser des coupes franches dans « l’école de la confiance » et au-delà dans toute la fonction publique. C’est bien la somme de 30 milliards d’économies, à réaliser d’ici 2022, qui a été annoncée par le 1er ministre à propos de la réforme de la fonction publique.

Donc, en dépit d’un chômage de masse chez les jeunes, de la bousculade des étudiants toujours pléthoriques aux portes du CAPEPS, l’État n’hésite pas à leur couper l’herbe sous le pied et à accroître la précarité dans l’enseignement. Car c’est bien de cela dont il s’agit. Le grignotage, l’érosion que nous évoquions, consiste ici en un remplacement lent, à peine perceptible, mais sûr, de professeurs diplômés par des enseignants contractuels, bien moins payés, plus malléables, plus précaires et facilement « manageables ». Au diable la formation pourvu que le service soit assuré !

L’Éducation nationale a besoin de contractuels, autrefois ses maîtres auxiliaires, pour assurer des remplacements, combler des manques…particulièrement dans des disciplines en manque de professeurs. Le problème ne se situe pas là. Ce qui est grave, c’est d’une part la massification de ce processus et d’autre part l’effet de substitution volontairement généré de postes de professeurs titulaires par des postes de contractuels, plus précaires et bien moins rémunérés, dans des disciplines pourtant non déficitaires comme l’EPS.

La contractualisation de l’enseignement est donc un beau tour de passe-passe, un hold-up en règle que l’état instaure pour réaliser des économies substantielles en paupérisant sans plus d’état d’âme la fonction publique et ses agents.

Aujourd’hui l’Éducation nationale emploie 140 000 contractuels. Après 6 années sans interruption de plus de 4 mois, les contractuels peuvent obtenir un CDI qui améliore leurs conditions d’emploi. Ces contrats à durée indéterminée, pour un personnel sensé assurer des remplacements, sont non seulement un paradoxe non mais la démonstration que des postes complets et viables existent. Dans le second degré en 2017, 36 000 contractuels assuraient des fonctions d’enseignement représentant 32 000 équivalents temps pleins (ETP). En comparaison du nombre des 57 000 agrégés, qui à ce rythme sera vite rattrapé, on peut affirmer que l’on assiste à la naissance et à l’enracinement d’un nouveau corps d’enseignants : les contractuels.

C’est l’amplification de ce mécanisme que le SNALC-EPS dénonce. Il affirme clairement qu’autant il soutient l’emploi d’un nombre nécessaire et indispensable de contractuels autant il s’oppose à la contractualisation massive de l’enseignement qui aboutit à un appauvrissement croissant de la profession, à sa précarisation, à sa vulnérabilité et augmente encore un peu plus sa déconsidération.

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