Depuis septembre 2022, les AED peuvent théoriquement accéder au CDI après 6 ans de CDD. Pourtant, si l’accès à un CDI n’est jamais de droit, pour la plupart des AED, décrocher ce sésame relève carrément du parcours du combattant. En effet, sans règles précises et stables de CDIsation, donc dans l’opacité la plus totale, chaque rectorat accorde le CDI au cas par cas… ce qui revient le plus souvent à ne pas l’accorder !
Il faut d’abord éviter le veto du chef d’établissement dicté en général par des raisons idéologiques et non par des contraintes d’organisation de la vie scolaire. Ensuite, même avec un soutien parfois extrêmement appuyé du principal ou proviseur, voire du ou des CPE et de nombreux autres personnels de l’établissement, les postulants sont soumis à la décision très arbitraire de la rectrice ou du recteur.
Enfin, ces derniers temps, le volet financier s’est invité dans l’arbitrage. Des AED en CDI coûtent plus cher que des AED en CDD et le budget fait défaut !
Cet argument ne tient plus cependant depuis la dernière hausse du SMIC le 1er juin 2026 ; en effet, l’indice majoré 375 des AED en CDI ne garantit plus depuis cette date un traitement indiciaire au moins égal au SMIC ! Quant à la revalorisation dont les modalités doivent être définies par les services académiques, elle est bloquée par le Ministère. Où est donc désormais le coût supplémentaire des AED CDIsés ?
Certes, en 2022, en votant la loi ouvrant la possibilité d’accéder au CDI pour les AED, les parlementaires n’avaient probablement pas envisagé que les conceptions dogmatiques de nombreux chefs d’établissement et le prétexte des restrictions budgétaires rendraient l’application de cette mesure si problématique.
C’est pourquoi le SNALC a déjà alerté le ministre de l’Éducation nationale sur la question de la mise en œuvre incontrôlée de l’accès au CDI pour les AED et sur l’absence de revalorisation des AED CDIsés (attendue depuis le 1er septembre 2025 par certains AED). Nous interpellerons très prochainement les députés et sénateurs pour exiger qu’une issue soit enfin trouvée à ce traitement indigne d’agents publics dont le caractère indispensable n’est plus à démontrer !
Article publié dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1515 du 10 juillet 2026





