La baisse du nombre d’élèves est désormais une réalité : selon les projections de la DEPP, les premier et second degrés pourraient perdre 1 676 800 élèves entre 2025 et 2035, soit 14,2 % des effectifs actuels. Le second degré serait à lui seul amputé de 743 800 élèves, soit 13,2 %. Cette évolution ne doit pas se réduire à une simple opération comptable, mais peut au contraire être l’occasion de repenser l’organisation de l’EPS. Plutôt que de servir de prétexte à de nouvelles suppressions de postes, les moyens dégagés doivent bénéficier aux élèves et aux personnels.
L’EPS présente des contraintes spécifiques : elle engage les élèves dans une pratique corporelle qui mobilise simultanément déplacements, équilibre, force, coordination et prise de risque maîtrisée. La sécurité dépend bien sûr du matériel, des installations, mais repose également sur des effectifs compatibles avec un encadrement de qualité. Une classe moins chargée, c’est moins d’attente, davantage de pratique motrice et une surveillance accrue. Les consignes sont mieux vérifiées, les corrections plus rapides et la prévention des accidents renforcée. Alléger les effectifs permet donc à la fois de mieux apprendre et de mieux protéger, notamment dans un contexte d’inclusion scolaire avec des élèves à besoins éducatifs et moteurs où l’hétérogénéité des besoins éducatifs et moteurs ne cesse de s’accentuer.
La baisse démographique doit ainsi permettre de constituer des groupes plus restreints et de dédoubler certaines séances, notamment dans les activités à forte exigence technique ou comportant des risques particuliers. Elle offrirait de meilleures conditions pour différencier les apprentissages : consolider les fondamentaux pour les uns, développer l’autonomie pour les autres, approfondir la maîtrise motrice pour tous. Cette ambition suppose une volonté nationale : maintenir les postes et abaisser les seuils d’effectifs.
Pour le SNALC, la baisse démographique ne doit pas se traduire par le recul du service d’éducation. Conscient de l’opportunité qu’elle représente pour les comptes publics, le SNALC veillera à ce qu’elle bénéficie aux élèves et à l’EPS
Article paru dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1518 du 30 octobre 2026





