Suite à la mise en place d’un nouveau logiciel de gestion et de pilotage du remplacement, la « départementalisation » des remplaçants a fait l’objet d’un premier bilan présenté par le Ministère le 24 septembre 2026.
Le taux d’efficacité du remplacement aurait progressé d’1,9 % sur un an, progression que le Ministère attribue à la nouvelle organisation qu’il a impulsée.
Or, le logiciel ne prend pas en compte les décharges réglementaires non remplacées : les directeurs et directrices des écoles de moins de trois classes ne bénéficient pas toujours des 6 ou 12 jours annuels de décharge auxquels ils ont droit. De même, les 18 demi-journées de pondération en REP+ ne sont pas systématiquement assurées dans leur intégralité, faute de remplaçants. Localement, les textes ne sont donc pas respectés : des remplaçants sont retirés de certaines de leurs missions pour assurer la continuité pédagogique devant élèves, ce qui améliore artificiellement les indicateurs du taux de remplacement.
Le Ministère modifie profondément les conditions d’accès à ces postes. Les remplaçants aguerris les quittent et les autres PE ne les demandent plus au mouvement intra-départemental, bien que l’exercice de ces fonctions exige expérience et capacité d’adaptation. Ces postes sont dès lors attribués, après la phase principale du mouvement et hors vœux, notamment à des T1, T2 ou T3, sans véritable possibilité de recours.
La mise en place du nouveau logiciel entraîne également des conséquences sur la rémunération des remplaçants : certaines suppléances, notamment pour des décharges supplémentaires de rentrée des directions d’école, des visites croisées entre pairs dans le cadre de formations obligatoires, des équipes de suivi de scolarisation ou des équipes éducatives, ne donnent plus lieu au versement de l’ISSR. Un coup dur pour les remplaçants, d’autant que la majoration ponctuelle de l’ISSR ne compense pas l’augmentation massive du coût du carburant.
Par ailleurs, selon les chiffres communiqués, la part des PE affectés au remplacement n’aurait augmenté que de 0,8 point en cinq ans. Cette progression reste largement insuffisante.
Pour le SNALC, le taux d’efficacité du dispositif comme le pourcentage d’enseignants affectés au remplacement progressent beaucoup trop lentement. Dans les écoles, professeurs et familles sont confrontés quotidiennement à des classes sans remplaçant et aux difficultés qui en découlent. Les PE remplaçants, eux, sont généralement mobilisés dans des contextes difficiles. Ils assurent la continuité pédagogique dans l’ombre et avec une reconnaissance bien insuffisante. Au final, les indicateurs présentés par le Ministère restent donc à considérer avec prudence. Les chiffres de l’année en cours risquent eux aussi d’être largement biaisés lors du prochain bilan, compte tenu de la cyberattaque et de la situation qui perdure à Toulouse et à Nantes, où les services sont fortement paralysés.
Pour le SNALC, l’amélioration du taux de remplacement aurait été bien plus visible si la baisse des effectifs scolaires avait été mise à profit pour augmenter le nombre de remplaçants. Le Ministère fait au contraire le choix de dégrader les conditions de travail des remplaçants tout en poursuivant les suppressions de postes dans le premier degré.
Conditions d’exercice, rémunération, affectations… Le dossier spécial du SNALC rassemble toutes les informations consacrées aux remplaçants.





