Par trois fois.
Par trois fois j’aurai parcouru l’ensemble du système scolaire.
Des bancs du collège à ceux du lycée, de la prépa puis de l’université.
Une fois en tant qu’élève, consterné par le niveau et le travail demandé.
Une fois en tant qu’enseignant, atterré par l’organisation dans le secondaire.
Et enfin comme parent, seule fois finalement où je n’aurai pas été impuissant.
Il est finalement difficile de savoir, quand on a connu le système si intimement, s’il vaut mieux en pleurer ou en rire. Tant l’inertie s’y impose. Tant l’effort est devenu un gros mot chez les élèves, chez les parents, chez des enseignants, chez trop de chefs d’établissement ou d’inspecteurs.
Aussi, je ne ferai pas appel à un raisonnement retors. Ils sont l’apanage des bonimenteurs qui endorment pour mieux servir leur intérêt propre.
Il serait d’ailleurs superflu : la réalité est simple.
On vous ment.
L’école ment à tous les parents de France.
Et nous le savons. Tous.
Mes enfants ont eu des difficultés à l’école. Tous les trois.
Mais ils m’ont eu, moi.
Un peu quand j’avais le temps. Un peu quand je pouvais. Mais suffisamment pour leur apprendre ce que l’école ne se donne plus les moyens d’apprendre, faute d’ambition.
La majorité des enfants échoueront à l’école. Pas les miens. Ils réussissent.
J’étais là pour rappeler qu’il faut apprendre, recommencer, travailler quand on n’en a pas envie, et persévérer quand c’est difficile.
Aujourd’hui, c’est peut-être le dernier argument qui me laisse un peu d’espoir :
Le mur de la réalité est là.
On peut repousser l’échec, l’habiller de mots savants, inventer de pseudo dispositifs, expliquer que tout va bien. Mais à un moment, il faut bien que quelqu’un sache lire, écrire, raisonner, compter.
Alors je vous en conjure : si vous avez des enfants, apprenez-leur :





