Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard GEFFRAY, s’est dit favorable à un début des cours à 9 h. Sur le papier, tout le monde applaudit : des élèves reposés, des matins apaisés. Dans les établissements, c’est une autre histoire.
Car l’École ne fonctionne pas en théorie, mais selon des créneaux. Et en EPS, ils sont incompressibles : 2 h en lycée, 2 fois 2 h en 6e. Dans des emplois du temps déjà saturés (25 à 28 h d’occupation hebdomadaire)1, la discipline est reléguée là où il reste de la place. Décaler d’une heure sans allonger la journée, conduit à réduire encore la fenêtre disponible : une matinée qui commence à 9 h n’offre, au mieux, qu’un seul créneau de 2 h. Une classe pratique, les autres attendent. On appelle ça optimiser.
Pour absorber la perte du créneau du matin, il faudrait davantage d’installations. Sauf que les gymnases ne poussent pas par décret ministériel.
Aujourd’hui, piscines, stades et salles sont saturés, partagés entre établissements, collectivités et clubs. En EPS, les après-midis sont souvent pleins : 13 h 30-15 h 30 puis 15 h 30-17 h 30, ou 14 h-16 h puis 16 h-18 h. Décaler les cours à 9 h ne crée donc aucun espace supplémentaire : cela supprime simplement un créneau exploitable le matin sans possibilité réelle de le récupérer l’après-midi. CQFD.
Mais surtout, on oublie l’essentiel : la fatigue des élèves ne se règle pas avec une heure de décalage le matin. Le problème, c’est le manque de sommeil, lié aux couchers tardifs. Décaler les cours sans agir sur ce point, c’est déplacer le problème, pas le résoudre.
Pire : on se prive d’un levier efficace. L’activité physique le matin, associée à la lumière naturelle, améliore la vigilance, la concentration et régule les rythmes biologiques2. Autrement dit, exactement ce dont les élèves ont besoin. Encore faudrait-il arrêter de considérer l’EPS comme une variable d’ajustement.
Le SNALC n’a pas de plateau télé, mais il connait tès bien le terrain. Avant d’annoncer des solutions simples à des problèmes complexes, il serait peut-être temps de regarder comment fonctionne réellement un établissement. Moins spectaculaire, mais nettement plus utile.





