Le ministère de l’Éducation nationale a publié le 26 mars 2026 un panorama des conditions d’exercice des AESH[1].
À la rentrée 2024, 134 800 AESH sont en exercice, soit une hausse moyenne de 4,2 % par an depuis 2020. Majoritairement des femmes (94 %), les AESH exercent à 98 % à temps incomplet pour une quotité travaillée moyenne de 63 % d’un temps plein et un salaire mensuel net de 1 030 €. La moyenne d’âge des AESH s’élève à 45,6 ans et 86 % sont titulaires d’un diplôme équivalent au moins au baccalauréat. 64 % exercent en CDI contre seulement 16 % en 2020.
Au printemps 2025, presque la moitié des AESH (49 %) accompagnent 4 élèves ou davantage, soit en pratique 1,6 fois plus d’élèves que notifiés. 72 % se déplacent entre établissements au cours de la journée, 11 % d’entre eux avec des temps de trajet supérieur à 30 minutes.
Les AESH considèrent que leur rémunération est insuffisante et s’estiment peu reconnus et valorisés dans leur travail ou dans la société, malgré un fort sentiment d’utilité. Ils ressentent aussi un manque de considération et de soutien important de la part de l’institution. Les AESH peuvent toutefois compter sur l’appui, l’écoute et les bonnes relations sociales dont ils bénéficient sur leurs lieux d’exercice.
Les AESH estiment ne pas être assez nombreux pour effectuer correctement leur travail. En outre, ils manquent d’équipements, de fournitures, et jugent les formations insuffisantes ou inadaptées.
La charge émotionnelle des AESH et leurs conditions de travail induisent des risques psychosociaux. Un tiers a consulté un professionnel de santé au cours des 12 derniers mois et 45 % jugent leur état de santé mauvais. Enfin, un tiers envisage une mobilité professionnelle à court terme.
Pour le SNALC, ce énième rapport décrit une réalité professionnelle très sombre, devenue pérenne et connue de tous, qui devrait déboucher sur un sursaut. À quoi bon en effet la production de rapports et de chiffres s’ils n’entraînent aucun infléchissement des politiques publiques ? Pour commencer, et pour que leurs conditions d’exercice connaissent enfin un début d’amélioration, l’octroi d’un véritable statut de fonctionnaire pour les AESH est une urgence.
[1]https://www.education.gouv.fr/depp/les-conditions-d-exercice-des-accompagnantes-et-accompagnants-d-eleves-en-situation-de-handicap-470645
Article paru dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1513 du 7 mai 2026





