Les évaluations d’école ont été généralisées à la rentrée 2022. La plupart des écoles ont donc déjà subi ce dispositif. PE et directeurs savent que l’élaboration et l’analyse des questionnaires de l’auto-évaluation constituent un véritable casse-tête.
Or, le conseil d’évaluation de l’école (CEE) a publié en septembre 2025 – avec 3 ans de retard – des questionnaires à destination des élèves, parents, PE et autres personnels de l’école. Pour le SNALC, ces questions s’avèrent pour la plupart subjectives et intrusives.
On aurait pu penser par ailleurs que ces derniers simplifieraient la tâche des équipes, mais ils comportent plus de 200 questions, soit une masse de données complexe à analyser. Si la liberté de les modifier est appréciable, leur mise en œuvre sera difficile.
Le SNALC conseille aux PE de construire les questionnaires avec prudence : proposer trop de questions, notamment « à tiroirs », entraînera un temps d’analyse conséquent.
Quant aux propositions du CEE, elles portent souvent sur des jugements de valeur, sont subjectives, si ce n’est complètement hors-sol, ce qui pourrait mettre les équipes en difficulté. Florilège :
Je me sens apprécié(e) du maître / de la maîtresse.
Le maître / la maîtresse me donne des consignes claires pour m’aider à travailler.
Je suis satisfait(e) de l’aide apportée par l’école à mon enfant porteur de handicap.
Je suis satisfait(e) de la communication quotidienne de l’école via l’ENT, par courriel ou par texto…
Ainsi, une large partie du document destiné aux parents est digne du questionnaire de satisfaction d’une grande enseigne commerciale. Le SNALC dénonce avec force cette pratique choquante montrant le peu de considération pour la profession. Nombre de propositions débutent par « Je suis satisfait de… », alors qu’on leur préfèrerait des questions faisant réfléchir les familles sur leurs responsabilités. Quant au questionnaire prévu pour les PE, véritables professionnels de l’Éducation nationale, il est à peine plus long que celui des élèves.
Le SNALC, opposé aux évaluations d’école, insiste : l’utilisation de ces questionnaires n’est pas obligatoire. Les PE doivent rester maîtres des documents diffusés à la communauté éducative.
Article paru dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1513-École du 7 mai 2026





