La nouvelle enquête SIVIS de la DEPP de février 2026 dresse le bilan 2024-2025. Si l’administration vante un « léger recul » des incidents graves, le SNALC dénonce une réalité toujours plus brutale pour les personnels des écoles.
Un apaisement fictif
Le taux global d’incidents graves en école est passé de 5 à 4 pour 1 000 élèves. Pour le SNALC, ce recul reflète un essoufflement : faute de temps ou de soutien hiérarchique, beaucoup d’incidents passent sous les radars officiels1. Sur ce point, l’enquête elle-même souligne que l’évolution des signalements ne reflète pas nécessairement celle des atteintes subies.
École élémentaire : la tension persiste
Bien qu’en baisse (de 8 à 5 pour 1 000 élèves), le taux d’incidents graves en élémentaire public reste supérieur à celui de la maternelle et du privé. Les atteintes aux personnes dominent toujours (87 % des faits). Si les violences verbales en constituent la moitié, les violences physiques pèsent pour plus d’un tiers des signalements.
Des personnels de plus en plus exposés
C’est le point le plus alarmant de cette nouvelle édition : la part des personnels victimes d’incidents graves est en nette progression, passant de 54 % (enquête 2025) à 61 % (enquête 2026). Le 1er degré subit une agressivité croissante à l’encontre des adultes.
Le poids des familles : une spécificité du primaire
L’implication des familles dans les incidents graves grimpe de 26 % à 30 % en un an. Les personnels des écoles sont en première ligne face à des parents dont le comportement malveillant est trop souvent minimisé par l’Institution.
Pour le SNALC, ce « léger recul » traduit une déconnexion institutionnelle. Le ciblage des personnels et les conflits avec les familles prouvent la dégradation du climat scolaire. L’administration doit mesurer la violence subie par les PE : protection fonctionnelle et soutien hiérarchique ne doivent plus être des options, mais un bouclier systématique
Article paru dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1513-École du 7 mai 2026





