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Conditions d’exercice des AESH : rapport 2026 de la DEPP

© SNALC

La DEPP (Direction de l’Évaluation, de la Prospective et de la Performance) du ministère de l’Éducation nationale a publié le 26 mars 2026 un panorama des conditions d’exercice des AESH*.

Le SNALC vous en résume les grandes lignes.

Les AESH : portrait statistique d’une profession en mutation…

134 800 accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) étaient en activité à la rentrée 2024 dans les écoles et établissements scolaires des secteurs public et privé sous contrat, soit une hausse moyenne de 4,2 % par an depuis 2020.

La profession reste très majoritairement féminine : 94 % des AESH sont des femmes, une proportion en légère hausse par rapport à 2020 (92 %). L’âge moyen s’établit à 45,6 ans, avec 39 % des effectifs ayant 50 ans ou plus et seulement 15 % de moins de 35 ans. La pyramide des âges traduit une population vieillissante et un faible renouvellement des jeunes générations : depuis 2020, la part des moins de 35 ans a reculé de 3,5 points, tandis que celle des 50 ans et plus progressait dans les mêmes proportions. Une part significative des recrutements récents concerne des personnes de 40 ans ou plus, ce qui suggère des trajectoires de reconversion professionnelle. Les DROM se distinguent par une population sensiblement plus jeune : en Guyane, 51 % des AESH ont moins de 35 ans, 45 % à Mayotte.

Sur le plan géographique, l’Île-de-France concentre 16 % des effectifs, suivie par Auvergne-Rhône-Alpes (13 %), l’Occitanie et les Hauts-de-France (11 % chacune).

86 % des AESH ont au moins le baccalauréat. Près de la moitié des AESH (46 %) sont titulaires d’un diplôme supérieur au niveau requis pour exercer (baccalauréat). Parmi ce personnel, 38 % détiennent un diplôme de niveau bac+2 à bac+4, et 8 % un diplôme de niveau bac+5 ou plus.

En ce qui concerne les contrats, la situation a profondément évolué. À la rentrée 2024, 64 % des AESH sont en CDI contre seulement 16 % en 2020, conséquence directe de l’article 3 du décret 2023-597 du 13 juillet 2023 modifiant le décret 2014-724 du 27 juin 2014 permettant l’accès au CDI après un premier CDD de 3 ans. Entre 2022 et 2023, le nombre d’AESH en CDI a été multiplié par trois.

La quotité travaillée moyenne est égale à 63 % d’un temps plein, soit environ 25,5 heures travaillées par semaine. Près de 98 % des AESH sont à temps incomplet. Les quotités sont plus élevées dans le second degré (en moyenne 70 % d’un temps plein) que dans le premier degré (en moyenne 62 % d’un temps plein).

Quant à la rémunération, le salaire net mensuel moyen n’atteignait que 1 030 € en 2023 du fait de cette quotité réduite.

Sur la fidélisation, les données de suivi de cohorte sont éclairantes : parmi les 115 300 AESH présentes à la rentrée 2020, 69 % exerçaient toujours le métier quatre ans plus tard. Le CDI joue un rôle de rétention notable : 78 % des AESH déjà en CDI en 2020 sont encore en poste en 2024, contre 56 % de ceux qui étaient en CDD. Les départs touchent davantage les tranches d’âge extrêmes : les moins de 35 ans et les plus de 50 ans sont surreprésentés parmi ceux ayant quitté la profession entre 2020 et 2024.

Des accompagnements de plus en plus fragmentés, fatigants et risqués…

Au printemps 2025, 12 % des AESH déclarent avoir une notification d’accompagnement individuel, 19 % pour 2 élèves, 20 % pour 3 élèves, 15 % pour 4 élèves, 10 % pour 5 élèves, 13 % pour 6 à 8 élèves et 11 % pour 9 élèves et plus.

Ainsi, presque la moitié des AESH (49 %) accompagne 4 élèves ou davantage.

Toutefois, dans la pratique, ils accompagnent 1,6 fois plus d’élèves que ceux qui leur sont notifiés.

Tout comme les professionnels du soin et de l’accompagnement, les AESH s’estiment peu reconnus dans leur travail.

Compte tenu du travail effectué et de leurs missions essentielles au sein de l’école inclusive, plus de 9 AESH sur 10 jugent leur rémunération insuffisante. Plus de 8 sur 10 se sentent très peu valorisés socialement et ressentent un manque de considération et de soutien important des institutions, qu’elles soient départementales, académiques ou ministérielles. Les AESH peuvent toutefois compter, dans la majorité des cas, sur le soutien, l’écoute et une bonne relation sociale sur leurs lieux d’exercice.

Depuis la généralisation des PIAL, 10 % des AESH interviennent dans trois établissements ou plus, 15 % dans deux et 75 % ont un seul lieu d’exercice.

Le temps de trajet domicile-travail est de moins de 15 minutes pour 41 % des AESH et de moins de 30 minutes pour 44 %. Toutefois, 15 % d’entre eux mettent plus de 30 minutes pour se rendre sur leur lieu d’affectation.

La durée de déplacement entre deux lieux d’exercice peut constituer un temps non négligeable. Si 28 % déclarent n’avoir aucun déplacement au cours de la journée, 72 % y sont contraints dont 11 % avec des temps de trajet supérieurs à 30 minutes.

La charge émotionnelle des AESH est élevée et plus le nombre d’élèves accompagnés est conséquent, plus les risques psychosociaux sont importants. Un quart d’entre eux déclare cacher ses émotions et faire semblant d’être de bonne humeur et près de la moitié (48 %) pense à son travail en dehors des horaires professionnels. Ils peuvent aussi être confrontés à la détresse des familles (26 %) et se sentir isolés (16 %). Les changements imprévisibles concernent 16 % des accompagnants et 20 % déclarent réaliser des tâches qui ne relèvent pas de leurs missions.

De plus, ils sont aussi exposés aux violences dans l’exercice de leurs fonctions. 37 % déclarent avoir subi une atteinte verbale (arrogance, mépris, insulte, moqueries) et % évoquent une atteinte physique telle qu’une bousculade, un coup ou une blessure dans le cadre de leur travail (contre 3 % pour les autres agents), probablement liée à une exposition à des élèves présentant des troubles du comportement.

Enfin, 7 % des AESH déclarent avoir subi des atteintes d’ordre matériel au cours de l’année 2024-2025, dont 67 % concernent un vol ou une dégradation du matériel personnel.

Des conditions de travail et une formation nettement perfectibles…

36 % des AESH estiment ne pas avoir assez de collègues pour effectuer correctement leur travail, notamment les AESH qui suivent entre 5 et 8 élèves par semaine. Les AESH sont confrontés à une charge de travail importante, parfois mal définie et qui peut aller au-delà de leurs missions, c’est-à-dire la prise en charge d’élèves non notifiés.

Un tiers des AESH ne se sent pas vraiment intégré à une équipe. Ce sentiment est d’autant plus fort que les lieux d’exercice se multiplient.

La formation est jugée insuffisante ou inadaptée par 37 % des AESH pour la formation initiale et 53 % des AESH pour la formation continue. Ce jugement est notamment exprimé par celles et ceux ayant un niveau de diplôme supérieur au baccalauréat et par celles et ceux accompagnant trois élèves ou plus.

Les fournitures ou équipements sont également jugés insuffisants ou inadaptés : 50 % des AESH déclarent manquer de chaises, tables, manuels…, 48 % expriment un manque d’ordinateurs, d’accès à internet ou de photocopieuses… et enfin 64 % jugent ne pas disposer de logiciels et applications adaptés à leur usage professionnel.

28 % des AESH jugent les consignes reçues insuffisantes ou pas assez claires pour effectuer correctement leur travail. 51 % estiment que les consignes reçues ne sont pas adaptées aux moyens dont elles disposent pour les mettre en œuvre.

Un peu moins de la moitié des AESH (45 %) juge son état de santé mauvais ou très mauvais. 37 % des AESH déclarent des troubles du sommeil. Cette proportion est plus élevée pour les AESH accompagnant beaucoup d’élèves et/ou exerçant sur plusieurs lieux. 9 % des AESH présentent un risque élevé de dépression.

Un tiers des AESH a consulté un professionnel de santé pour des raisons liées au travail au cours des douze derniers mois, notamment pour des douleurs liées à la posture de travail (station debout prolongée, déplacements fréquents…). Cette part augmente avec l’âge, passant de 22 % chez les moins de 30 ans à 37 % chez les 60 ans et plus.

43 % des AESH ont eu au moins un congé pour raison de santé en 2023-2024. En moyenne, une AESH est arrêtée 13 jours par an pour des raisons de santé.

Un tiers des AESH envisage une mobilité professionnelle à court terme. En effet, 79 % jugent leurs perspectives de carrière insatisfaisantes. 27 % des AESH pensent ne pas pouvoir exercer la fonction jusqu’à la retraite et 36 % envisagent de changer de métier ou de poste à court terme.

Pour le SNALC, les résultats de cette étude ne sont pas vraiment surprenants : ils mettent en évidence l’absence de considération de l’institution à l’égard des AESH, les maintenant depuis tant d’années dans une grande précarité, caractérisée entre autres par des rémunérations indigentes et une absence totale de statut et de perspectives d’évolution. Pourtant le rôle indispensable de ces personnels dans l’inclusion scolaire des élèves en situation de handicap n’est plus à démontrer !

Les conditions de travail des AESH sont dégradées, notamment par une charge de travail toujours plus lourde, un manque de formation et de moyens humains mais également matériels pour remplir correctement leurs missions, impactant in fine de manière très négative leur état de santé.

Tous ces éléments expliquent aisément la crise du recrutement et le turnover élevé des AESH.

Le SNALC ne cesse de le revendiquer : un statut de fonctionnaire est la condition nécessaire, et certes non suffisante, pour sortir les AESH de la galère professionnelle et, au-delà, économique et sociale, imposée par les politiques et l’Éducation nationale.

* Deux sources de données ont été mobilisées. D’une part, des données issues de sources administratives qui recensent de façon exhaustive les AESH en activité au 30 novembre de chaque année. D’autre part, l’enquête nationale 2025 de climat scolaire et de vécu professionnel, collectée auprès d’un échantillon représentatif de 1 200 AESH.