1882, la semaine de classe s’organise du lundi au samedi, avec une coupure le jeudi.
1969, les cours du samedi après-midi sont supprimés.
1972, la journée de repos du jeudi est déplacée au mercredi, afin de consacrer le mercredi à la participation des enfants à des activités extrascolaires.
2008, suppression des cours le samedi matin, à la demande des familles.
2013, décret fixant la semaine scolaire à 4,5 jours, incluant le mercredi ou le samedi matin.
CONSTAT
Depuis 2017, un régime dérogatoire permet d’organiser à nouveau la semaine scolaire sur 4 jours. En 2026, ce régime concerne environ 300 000 PE, 95 % des écoles ont fait ce choix. Les écoles restantes ont souvent été contraintes par leur municipalité à fonctionner sur un rythme de 4,5 jours, contre leur gré.
À chaque rentrée, notre ministre salue l’engagement exemplaire et la conscience professionnelle des professeurs des écoles. Pour autant, le choix réfléchi et l’expertise professionnelle de plus de 300 000 PE sur les rythmes scolaires ne valent rien. On préfère manifestement écouter l’avis d’une consultation citoyenne : 133 personnes, non enseignantes, tirées au sort.
QUELLES CONSÉQUENCES ?
Si demain toutes les écoles se retrouvent dans l’obligation de fonctionner sur 9 demi-journées, la fatigue engendrée par la classe le mercredi viendra à nouveau compliquer davantage la prise en charge des difficultés d’apprentissage, en particulier pour les élèves les plus vulnérables. Comme de 2013 à 2018, les activités culturelles et sportives du mercredi seront délaissées.
Ce rythme hebdomadaire accentuera, sans surprise puisque nous l’avons déjà vécu, la fatigabilité et l’absentéisme des élèves.
Comme il y a quelques années, bon nombre de parents seront tentés de se tourner vers l’école privée voisine non soumise à l’obligation de scolarisation le mercredi matin.
Quel avantage pour le rythme de l’enfant de terminer la classe plus tôt et d’attendre ses parents à la garderie le soir, ce qui sera le cas de la majorité des élèves ?
Le mercredi matin en classe renverra les formations des enseignants au mercredi après-midi, en soirée, au samedi matin, voire pendant les vacances scolaires.
Quant aux préparations de classe, elles devront être réalisées le week-end, faute de temps en semaine. Un rythme épuisant qui ne fera qu’aggraver le stress, les risques de burn-out, multiplier les arrêts maladie et les demandes de démission.
L'AVIS DU SNALC
Le SNALC s’était opposé dès le départ à cette organisation sur 4,5 jours. Pour les enseignants, supprimer la coupure du milieu de semaine engendre de la fatigue, et donc une baisse de la qualité de l’enseignement. Une telle mesure aura également une incidence sur l’attractivité du métier.
Les professeurs sont soumis à des risques psychosociaux au quotidien : complexification du métier, baisse du pouvoir d’achat, éparpillement des missions, manque de satisfaction face à une incapacité croissante à répondre aux attentes, réformes et révisions incessantes des programmes, remises en question permanentes, perte de sens et de cohérence dans les attentes ministérielles… Autant de raisons qui pèsent lourdement sur le moral des professeurs. Un enseignant épanoui est indéniablement plus performant. Pour le SNALC, supprimer la coupure essentielle du mercredi ou réduire la durée des vacances scolaires aura des conséquences lourdes pour les PE comme pour les élèves et les familles.
Enfin, le SNALC note que le bien-être et le confort de l’enfant, beaux principes invoqués pour justifier ces mesures, semblent parfois bien vite oubliés : lorsqu’un élève de petite section est contraint de venir à l’école pour faire la sieste dans un dortoir inconfortable, inadapté, quand ce n’est pas inexistant, lorsqu’un enfant passe près de 12 heures par jour hors de chez lui en collectivité, ou encore lorsqu’il doit subir une heure quotidienne de transports en commun. Quant à la santé des élèves, difficile d’y voir une priorité au regard de l’état de la médecine scolaire…
LE SNALC EXIGE
- Fixer à 4 jours l’organisation hebdomadaire du temps scolaire et rendre dérogatoire la semaine de 4,5 jours ;
- Respecter réellement l’avis du conseil d’école en matière de rythmes scolaires ;
- Préserver les périodes de vacances scolaires, sans remise en cause ni réduction ;
- Reconnaître la pénibilité du métier de professeur des écoles, notamment pour la détermination de l’âge de départ à la retraite.
Article paru dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1513-École du 7 mai 2026 & dans la Quinzaine universitaire n°1516-École du 4 septembre 2026





