Le SNALC a déjà alerté sur les limites de la loi Rilhac. Comme il fallait s’y attendre, l’on observe désormais des changements majeurs dans le pilotage par les IEN des équipes, ce qui affecte le fonctionnement de ces dernières.
En parallèle de cette loi, des circulaires (1) sont venues modifier le rôle des IEN pour opérer la transition vers un fonctionnement au sein duquel le directeur voit son rôle de pilote pédagogique renforcé, doit “structurer le travail collectif de son équipe et des personnels de l’école” et mettre en œuvre “un exercice bien compris de l’autorité fonctionnelle”.
Un rapport de l’IGÉSR relève le manque de légitimité ressenti par les directeurs qui sont invités à adopter une vision stratégique pour leur école et à s’adapter à un « changement de paradigme ». Malgré ce constat, ils se voient confier des tâches relevant d’une supervision de leurs adjoints : ils ne peuvent que constater l’augmentation de leur charge de travail, de leurs difficultés et des crispations dans les équipes.
Néanmoins, notre Éducation nationale fonctionne selon un schéma départemental et l’exécution de ces textes n’est pas homogène. D’un DASEN ou d’un IEN à l’autre, il n’y a pas la même perception ni la même application des directives ministérielles.
L’on observe donc un effet pervers dû à ces changements : les IEN, qui connaissent un recentrage de leurs missions, font preuve d’un nouveau positionnement. Par crainte d’une « perte de contrôle », certains deviennent très tatillons et exigent des comptes sur l’organisation et le fonctionnement des équipes. Ainsi, on voit apparaître des demandes infantilisantes telles qu’une remontée trimestrielle de l’utilisation des 108 heures pour chaque PE, voire le détail mensuel des prises en charge en APC. Ailleurs, des IEN viennent passer une semaine en immersion dans l’école, en dehors des rendez-vous de carrière et des évaluations d’école. D’autres ne font pas confiance aux directeurs pour les décisions relatives aux aménagements d’assiduité. Enfin, ils se montrent inflexibles quant à l’évolution des résultats de l’école aux évaluations nationales généralisées.
Au final, pour le SNALC, ce “changement de paradigme” instaure de la défiance là où il faut reconstruire, voire construire, une confiance réciproque.
(1) circulaires du 29 août 2023 et du 20 mars 2024





