Le SNALC a été convié à deux réunions mi-juin sur le thème du numérique dans l’éducation. L’une s’est concentrée sur l’IA, l’autre sur l’examen d’un projet d’arrêté créant une attestation et une certification des compétences numériques pour les personnels. Ces deux rencontres ont été encore une fois l’occasion pour le Ministère de démontrer sa déconnexion des préoccupations du terrain.
Soucieux de ne pas rater le train en marche (et il va très vite !), le Ministère entend développer des partenariats avec les entreprises de la EdTech et « acculturer » les professeurs pour qu’ils fassent évoluer leurs pratiques. Il prévoit même de doubler la correction humaine d’une correction par la machine pour minimiser les risques d’erreur notamment lors des examens.
La certification envisagée s’appuierait sur un référentiel constitué d’un simple copier-coller du cadre de référence européen. Le professeur deviendrait alors un créateur de ressources numériques évaluant par le numérique tout en s’assurant du bien-être physique et psychologique des élèves. Sans oublier de promouvoir avec gourmandise de nombreux projets collaboratifs tout en restant pleinement conscient de l’impact des technologies numériques sur l’environnement !
Le SNALC a tenu à tempérer les ardeurs du Ministère en rappelant deux réalités :
- Le numérique est un outil qu’il n’est pas question d’imposer aux professionnels qui doivent pouvoir exercer leur liberté pédagogique.
- Avant de penser à imposer et à certifier, i l serait pertinent de faire un état des lieux des équipements et des logiciels mis à disposition en vue d’une harmonisation cohérente. Enrichir d’obscures start-ups ou soigner ses relations avec de grands groupes ne saurait tenir lieu de politique.
Concernant l’IA, l’enjeu essentiel réside aujourd’hui dans la lutte contre la triche et le plagiat. Le sujet est sérieux puisqu’il remet en question l’acte même d’apprendre. Cependant, bien utilisée, elle pourrait devenir un instrument de travail parmi d’autres à condition que les professeurs bénéficient d’outils fiables et de formations solides.
Enfin, le SNALC appelle à ne pas céder à la fébrilité et à évaluer clairement la balance bénéfices/risques dans tous les domaines concernés. Il reste extrêmement circonspect par exemple sur la perspective de déléguer à l’IA certaines opérations de gestion des personnels…
Article publié dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1515 du 10 juillet 2026





