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Le « savoir s’entraîner » : le lycée ce n’est pas les staps !

© iStock – Shaiith

Le « Savoir S’entraîner » : Le Lycée Ce N’est Pas Les Staps !

Aux trois grands objectifs généraux (développement des ressources, accès à une culture et gestion de la vie physique) de l’EPS viennent se surajouter avec les nouveaux programmes des lycées une formation aux rôles managériaux et « savoir s’entraîner ». La nouveauté est de taille. Il ne s’agit pas d’un simple transfert des ex compétences méthodologiques. Il s’agit bien là d’une véritable évolution et d’une promotion avec la naissance de nouveaux objectifs, centraux et transversaux. L’EPS accentue là son orientation méthodologique. Elle ouvre un nouveau champ d’attentes institutionnelles et d’efforts didactiques.

Penchons-nous sur l’intérêt de ce nouvel objectif, le « savoir s’entraîner ».

Il introduit en premier lieu une forte redondance dans les programmes

Il y a en effet répétition entre les objectifs généraux 2 et 4, entre le « savoir se préparer et s’entraîner » où « l’élève apprend à gérer sa pratique physique, … à s’entraîner de façon autonome » et la gestion de la vie physique, devenue « construire durablement sa santé » où « l’élève apprend à développer durablement sa santé ».

De même il y a répétition avec le Champ d’apprentissage 5 qui permet aux élèves de « réaliser une activité physique pour développer leurs ressources et s’entretenir ».

La volonté est bien de généraliser un enseignement méthodologique en EPS, d’imposer de l’abstraction et le « savoir s’entraîner » à tous les élèves, dans toutes les séquences pédagogiques et dans toutes les APSA. Cela n’ira pas sans grandes difficultés tant pour les enseignants que pour les élèves :

– Au niveau des lycéens, cet objectif s’appliquant également aux LGT et aux LP, comment avec seulement 2h d’EPS hebdomadaires (1h15 effective en moyenne, temps de déplacement, de vestiaire, d’installation du matériel compris), dans des conditions d’apprentissage souvent dégradées (manque d’installations, environnements extérieurs, bruits, conditions climatiques…), avec des élèves essentiellement motivés par la détente, le défoulement et la pratique d’activités physiques, comment peut-on raisonnablement attendre des enseignants de former des « élèves, habitués à être entraînés par autrui, à devenir des élèves qui savent s’entraîner de façon autonome».

Les lycéens ne sont pas des étudiants en STAPS ! Ils ne disposent ni de l’intérêt, ni du temps, ni des conditions pour aborder systématiquement un tel objectif.

– Au niveau des enseignants d’EPS, comment satisfaire à cette exigence dans les conditions évoquées précédemment, avec des effectifs de classes pléthoriques, dans toutes les séquences d’enseignement, dans toutes les APSA, pour tous les élèves, tout en visant parallèlement l’ensemble des autres attendus ?

 

Les déclinaisons de cet objectif général, dans les groupements d’activités, donne ensuite lieu à des attentes très audacieuses.

Dans le CA1, par exemple, il est prévu que les élèves sachent « assurer la prise en charge de leur préparation et de celle d’un groupe, de façon autonome pour produire la meilleure performance possible », soit à peu près la compétence d’un préparateur physique !

Dans le CA4 il est attendu que les élèves sachent « analyser les forces et les faiblesses en présence par l’exploitation de données objectives pour faire des choix tactiques et stratégiques adaptés à une prochaine confrontation », soit quasiment la compétence d’un coach de club entouré de son staf technique ! De plus il est requis que « l’élève construise les compétences nécessaires à l’analyse des données pour réguler les ressources qu’il met en œuvre ». Construire en EPS des compétences nécessaires à l’analyse de données !?! Mais qu’est devenue la discipline ?

Où veulent en venir les programmes ? Est-on face à des lobbys ou des lubies de pontes, totalement irréalistes ? Est-ce une devanture de façade, de parade, destinée à satisfaire d’autres visées garantissant la pérennité de la discipline ? Mais à quel prix ? N’existe-t-il pas d’autres disciplines pour former des statisticiens ? N’y a-t-il pas des compétences plus prioritaires à aborder en EPS ?  Le développement physique et moteur peuvent-ils être à ce point concurrencés par des apprentissages du self-training et du co-management ?

Rappelons la position très favorable du SNEP, à l’égard du savoir s’entraîner et de la méthodologie, clairement précisée dès 2014. Selon ces représentants de la profession, un des axes des programmes des lycées doit porter sur «les modalités de raisonnement attendues (analyse, comparaison, analogie, modélisation…), les attitudes (engagement, effort, entraide…) dans les différentes phases d’apprentissage (…) cette partie prend sens pour les élèves dans un ’’apprendre à s’entraîner’’, qui signifie s’inscrire dans un projet de développement, donc de progrès, en rationalisant de plus en plus, en fonction des âges et des cycles, les méthodes pour atteindre le but fixé».

Tout est dit et les programmes ont bien su l’intégrer. Le SNALC pour sa part en a une toute autre vision.

En très grande partie inadapté au public scolaire, aux conditions d’enseignement, le « savoir s’entraîner », sous couvert d’autonomie et de santé de l’élève, génère de la difficulté, de l’infaisabilité, du désintérêt. Il entraîne la discipline dans une dérive préjudiciable et introduit assurément dans la formation scolaire des techniques managériales conformes à celles attendues sur le marché du travail, en demande d’auto et co-adaptation, d’auto et co-régulation, d’auto et co-évaluation, bref d’auto-et co-management.

Malgré la mise à disposition de ressources institutionnelles fascinantes, sensées guider les mises en œuvre, celles qui en résulteront seront très disparates, partielles ou totalement artificielles.

Comptant pour le CCF aux différents baccalauréats, voilà un nouveau facteur de variabilité, de complexité et de subjectivité laissé à la charge des équipes qui ne manquera pas d’affecter la valeur et l’équité de la diplomation en EPS.

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