À trois mois des vacances d’été, le climat au sein des DSDEN est particulièrement tendu. La fin de l’année scolaire, traditionnellement éprouvante pour les services administratifs chargés de la gestion d’un million de personnels, dont plus de 320 000 professeurs des écoles répartis sur l’ensemble du territoire, s’annonce cette année encore plus complexe.
En effet, les élections municipales ont engendré un retard significatif dans la gestion des personnels du premier degré. Les écoles étant administrativement gérées par les municipalités, il était impossible d’aborder les fermetures – ou ouvertures – de classes avec les maires avant les résultats des élections. Toutes les échéances ont donc été décalées.
Ce retard a provoqué la superposition des opérations de gestion du personnel, telles que les mouvements inter et intra-départementaux, les recours mobilité, les exeat-ineat ou encore les cartes scolaires, opérations qui sont toutes interdépendantes. Les DSDEN ont dû revoir leurs plannings à plusieurs reprises, modifiant fréquemment les dates prévues pour les groupes de travail, les CSA ou les CDEN, ce qui a mis à rude épreuve des services déjà fortement sollicités.
La politique budgétaire actuelle prévoit une réduction importante du nombre de postes, justifiée par la baisse démographique. Ces fermetures suscitent une vive opposition dans les académies et la précipitation imposée autour de la carte scolaire, dans ce contexte, est particulièrement mal perçue.
Ce manque de temps de discussion est bien commode pour faire accepter les chiffres préoccupants de la rentrée 2026. 1891 ETP seront en effet supprimés l’année prochaine. Pour le SNALC, ces postes auraient pu être utilisés pour renforcer les RASED. On aurait pu également répondre aux besoins de décharge de tous les directeurs et directrices d’écoles, confrontés à des missions devenues ingérables. On aurait pu garantir un remplacement efficace des enseignants en cas d’absence, en augmentant significativement le nombre de remplaçants. Par ailleurs, au-delà des suppressions, certains postes ont été détournés vers des dispositifs tels que les PAS qui n’ont pas d’existence légale et dont les expérimentations ou “préfigurations” n’ont donné lieu à aucun bilan national . Dans toutes les académies, les CSA ont été le théâtre de vives contestations.
Du côté du ministère, l’approche de la fin du mandat présidentiel fait se télescoper bon nombre de textes, et ce, depuis l’année dernière. Les Conseils supérieurs de l’éducation ont à statuer sur de plus en plus de nouvelles propositions, et les remises en question, les modifications de textes sont de plus en plus nombreuses. Ces dernières semaines, nous avons vu arriver des projets de nouveaux programmes (ce qui ne faisait pas partie, pour le SNALC, des priorités absolues), un projet de réécriture du référentiel métier du directeur, très éloigné des attentes de la profession, de nouvelles missions, de nouveaux outils, de nouvelles directives…
Dans ce contexte, il est difficile de prétendre défendre sérieusement les intérêts de l’École. Ce ne sont ni l’implication des enseignants ni la qualité de leur enseignement qui sont en cause, mais bien l’indifférence – voire la négligence – des pouvoirs publics à l’égard de l’éducation. Les priorités gouvernementales sont ailleurs. Le SNALC affirme avec conviction que si l’École continue de fonctionner, c’est grâce à l’engagement et au dévouement des enseignants, et non aux décisions des instances dirigeantes. Lors des élections professionnelles de décembre 2026, le SNALC s’engage à porter la colère de la profession avec force et détermination pour défendre nos intérêts et les intérêts de l’École face à des défis croissants
Article paru dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1512-École du 10 avril 2026




