Aujourd’hui, les conditions de travail des professeurs des écoles sont caractérisées par une surcharge mentale aux répercussions de plus en plus alarmantes sur leur santé. Une institution qui fait mine de ne pas voir – ou pire minimise – les réalités vécues par les personnels et l’absence totale de suivi médical adapté dans l’Éducation nationale ne font qu’exacerber cette situation.
CONSTAT
Les journées de travail du professeur des écoles, adjoint ou directeur, sont longues et éprouvantes, tant physiquement que nerveusement. La situation dans le premier degré est d’autant plus difficile que les écoles ne disposent ni de personnels dédiés à l’encadrement des élèves, ni de structures de type « vie scolaire », comme c’est le cas dans les collèges ou lycées. Ainsi, le métier de professeur des écoles ne laisse aucune place au répit : pas d’interclasses, pas d’heure libérée dans l’emploi du temps et une attention qui se doit d’être constante pour tous les élèves, depuis leur entrée dans l’enceinte de l’école jusqu’à la restitution aux parents. L’obligation de surveillance s’opère non seulement pendant le temps de classe, mais également à chaque instant de la journée.
Cette responsabilité devient année après année plus pesante en raison de la hausse du nombre d’élèves dits éruptifs, dont les comportements à risques compliquent considérablement la gestion quotidienne. Les défis liés à l’inclusion scolaire souvent insuffisamment accompagnée viennent encore accroître la charge mentale et accentuer la fatigue des enseignants.
Qui plus est, après la journée de classe, les professeurs des écoles se retrouvent régulièrement exposés à des comportements agressifs de la part de certains parents. Ces situations de tension et de stress viennent s’ajouter à la charge déjà accumulée au cours de la journée, sans que les réponses apportées par l’institution, lorsqu’un problème survient, permettent toujours d’y remédier de manière satisfaisante.
QUELLES CONSÉQUENCES ?
La détérioration des conditions de travail engendre stress, troubles du sommeil, hypertension et diverses pathologies plus ou moins graves. Pour autant, les professeurs des écoles font généralement le choix de reporter leurs consultations médicales, faute de temps et plus souvent encore en raison des refus d’autorisations d’absence opposés par les IEN. Ce report de consultations médicales s’explique également par la crainte d’un arrêt maladie qui serait imposé par le médecin, accompagné d’une journée de carence lourde sur un salaire de PE. Par ailleurs, en cas d’arrêt, les complications organisationnelles au sein de l’école, dues au non-remplacement des enseignants absents, ainsi que la répartition inévitable des élèves de la classe, incitent également bon nombre de professeurs à attendre le dernier moment pour consulter le corps médical.
L'AVIS DU SNALC
La dégradation croissante de la santé des enseignants est une préoccupation majeure pour le SNALC. Tomber malade ou ressentir une souffrance impacte la qualité de l’enseignement prodigué. L’institution peine à recruter des médecins du travail qui ne peuvent assurer les visites d’information et de prévention prévues tous les 5 ans. Pour le SNALC, il faut absolument rendre effective cette visite quinquennale obligatoire, indispensable dans une profession aussi exigeante, au contact de jeunes élèves et du public.
Les conditions d’exercice rendent le métier de professeur des écoles de moins en moins attractif. Conscientes des exigences qu’il implique, des sacrifices qu’il suppose et des risques psychosociaux qui y sont associés, les jeunes générations s’en détournent de plus en plus.
La situation s’est considérablement aggravée ces dernières années. Cette réalité est pourtant totalement ignorée par le ministère de l’Éducation nationale, qui ne met en place aucune mesure concrète pour préserver la santé des enseignants. Serait-ce par crainte de révéler au grand jour le scandaleux manquement à ses responsabilités de l’Éducation nationale, premier employeur de France ?
POUR LE SNALC, IL FAUT
- Mettre en place un suivi médical adapté et régulier pour les PE ;
- Prévenir les situations de souffrance, de burnout, en commençant par améliorer les conditions de travail ;
- Renforcer l’encadrement pour mieux accompagner les situations d’inclusion et la difficulté scolaire ;
- Permettre aux PE de consulter, en cas de nécessité, sur le temps de travail.
Article paru dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1511-École du 13 mars 2026 & dans la Quinzaine universitaire n°1516-École du 4 septembre 2026
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