Depuis l’instauration du baccalauréat Blanquer et ses évolutions successives, les conditions de travail des professeurs, qu’ils soient examinateurs et/ou correcteurs ont été un sujet de préoccupation majeure pour le SNALC. Le Ministère a amorcé un premier geste qui est loin de résoudre tous les problèmes.
Parmi les difficultés rencontrées, celle des multi-convocations est particulièrement épineuse. Un professeur de français peut ainsi être mobilisé pour les oraux de première tout en corrigeant des copies avant d’enchaîner avec des corrections de spécialité puis des interrogations de Grand Oral ! Les collègues de mathématiques ou de philosophie ne sont pas loin de courir le même marathon.
Face aux revendications du SNALC et d’autres organisations, le Ministère a pris une première mesure : les professeurs convoqués pour des corrections ou des oraux seront désormais dispensés de surveillance d’examen. C’est un début certes.
Restent deux trous -béants- dans la raquette. D’une part, cette avancée néglige la situation des correcteurs et examinateurs issus du collège, de plus en plus sollicités en raison de l’augmentation des arrêts au lycée pendant la période du baccalauréat. Ces collègues continuent en effet d’assurer leur cours en parallèle. Pour le SNALC, cette situation est inacceptable : les missions d’examen doivent primer et s’accompagner de décharges effectives.
D’autre part, le Ministère semble sous-estimer la réalité des enseignants de lycée général et technologique ou ceux de lycées professionnels, intervenant en sections de techniciens supérieurs. Ceux-ci peuvent être convoqués pour d’autres examens dans le courant du mois de mai. Dans la voie professionnelle, cette période correspond à un tunnel intense d’évaluations et de suivis de stages. Dans les lycées généraux et technologiques, les enseignants doivent en parallèle maintenir leurs cours dans le cadre déjà contraint d’une course contre la montre pour boucler les programmes. Dans ce contexte, le SNALC estime que les décharges de service doivent devenir la règle.
Bref, pour le SNALC, il ne devrait plus être possible d’imposer au cours d’une même journée des missions d’enseignement, de jury ou de correction. Les journées n’ont que 24 heures et les professeurs ne sont pas (quoique) des super-héros dotés de super-pouvoirs !
Article paru dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1512 du 10 avril 2026





