Sommaire
LES CONGRÈS PROPOSÉS PAR LE SNALC
partout en France métropolitaine et en outre-mer
- Bobigny : 18 novembre 2024
- Versailles : 17 janvier 2025
- Compiègne : 4 avril 2025
- Amiens : 29 novembre 2024
- Strasbourg : 2 décembre 2024
- Dijon : 30 janvier 2025
- Reichshoffen : 7 mars 2025
- Besançon : 17 avril 2025
- Colmar : 16 mai 2025
- Thionville : 26 mai 2025
- Aix-en-Provence : 8 novembre 2024
- Nice : 3 février 2025
- Toulon : 4 février 2025
- Cournon : 6 février 2025
- Lyon : 10 février 2025
- Montélimar : 11 mars 2025
- Grenoble : 12 mars 2025
- Annecy : 13 mars 2025
- Toulouse : 28 mars 2025
- Saint-Martin (Guadeloupe) : 11 décembre 2024
- Saint-Barthélemy (Guadeloupe) : 13 décembre 2024
- Saint-Laurent du Maroni (Guyane) : 17 décembre 2024
- Kourou (Guyane) : 19 décembre 2024
- Martinique nord-Atlantique : 6 janvier 2025
- Martinique nord-Caraïbes : 7 janvier 2025
- Martinique sud : 9 janvier 2025
DÉCOUVRIR L'ÉCRITURE CRÉATIVE
Réveillez l’auteur qui sommeille en vous !



Tout le monde peut écrire. Pourtant, tout le monde n’ose pas. Chacun de nous possède un imaginaire propre, ses mots à lui. Néanmoins, il est souvent difficile de se prêter à l’exercice solitaire et délicat de l’écriture.
Des activités peuvent aider à développer sa créativité et sa confiance en soi mais écrire s’apprend, se travaille, se cultive. C’est ce que proposent ces congrès, autour d’ateliers animés par l’auteur du livre “Osez écrire, 20 parcours pour libérer votre créativité”, paru chez Eyrolles en 2023.
« L’écriture créative est une méthode d’écriture qui se fonde sur la pratique en groupe de l’écriture, sous la houlette d’un enseignant/animateur. Elle regroupe un ensemble de techniques destinées à faciliter l’apprentissage de l’écrit, à différents niveaux et pour différents publics, présentées sous forme d’exercices », explique Valérie Blondel.

À la question « Aimez-vous écrire ? », répondez-vous : « Oui, mais… » ? Ce doute est un poison, le verrou qu’il faut d’abord observer, puis faire sauter à grands coups de dynamite ! Ce journal intime vous invite à démarrer une pratique d’écriture régulière en partant de votre histoire, de vos goûts et de vos envies pour vous emmener progressivement à oser jeter vos mots dans des textes plus longs et ambitieux ! Partez à la découverte de votre univers et de l’auteur qui sommeille en vous.
À chaque étape de votre journal, vous retrouverez des exercices progressifs, des extraits de romans et des pratiques d’écrivains pour développer votre imaginaire et libérer votre plume.
L’auteur et animatrice, Valérie Blondel, est adhérente du SNALC.
Après des années dans l’édition en France et en Allemagne, elle enseigne le Français Langue étrangère (FLE) à l’Université de Bâle, en Suisse, depuis quinze ans. Également formatrice dans des ateliers d’écriture, elle se passionne pour l’enseignement et l’évaluation du FLE ainsi que pour la communication orale et écrite.

« Le concept est simple, poursuit l’organisatrice de l’atelier, l’exercice est donné par l’animateur sous la forme d’une consigne simple, avec une double contrainte, de temps et de longueur. C’est de cette contrainte que naît et se développe la créativité. Puis chaque participant qui le souhaite lit sa production sous l’écoute attentive et respectueuse des autres. Ensuite, le travail de remédiation sur la langue, la structure de la langue, le style, l’orthographe et la grammaire pourra être fait, d’abord en mini groupe ou seul par l’enseignant, selon la dynamique du groupe. »
La presse en parle
TEXTES DES PARTICIPANTS AUX ATELIERS
LISTE DES ATELIERS
ATELIER : "Je me souviens"
À la manière de Georges Perec, listez vos souvenirs d’enfance, de quelque nature qu’ils soient, joyeux et/ou tristes. Faites appel à tous vos sens (odeur, son, toucher) et laissez les émotions venir à vous.
Georges Perec a listé 480 souvenirs, ne vous mettez pas la pression si vous êtes moins inspiré(e)…
📝 15 phrases au minimum – 🕒 : 20 min – 💡 : Chaque phrase doit commencer par “Je me souviens…”
Je me souviens de son odeur d’après-rasage envoûtante…
Je me souviens du grain de sa peau…
Je me souviens de la douceur de son regard…
Je me souviens de son assurance,
Je me souviens de sa prestance…
…. et de la force de ses coups.
Je me souviens, du parfum délicat, fleur de coton, qui embaumait ses vêtements avec le mien d’une nuit sans sommeil mélangé occupé à le veiller.
Je me souviens de l’odeur du café dès potron-minet avec celui mêlé de quelques doses savamment mesurées de poudre de lait dissoutes dans un peu d’eau.
Je me souviens du silence de cathédrale quand il découvrait quelque chose ou quelqu’un de nouveau. On aurait dit qu’il étudiait à fond la question, attentif et tellement expressif simultanément.
Je me souviens du goût acidulé et de la couleur orangée de sa première purée et puis de son inénarrable expression ensuite. Que diable est-ce ? De quoi s’agit-il ? Où est mon lait ?
Je me souviens de son regard embué quand je partais loin de lui. C’était à la fois toute une tragédie mais aussi toute une comédie.
Et puis je me souviens de ses tous premiers mots – bababamamama PAPA ! Quelle déception ! : )
Je me souviens des parfums mordorés des feuilles de l’été finissant.
Je me souviens du crissement de la craie qui craque sur le tableau noir.
Je me souviens de l’encre violette du linotype des leçons à venir.
Je me souviens du toujours lumineux et encourageant sourire de mon vieil instituteur…
Je me souviens des tomates gorgées de soleil que cultivait mon grand-père dans son petit jardin au-dessus de la route qui menait aux tanneries.
Je me souviens du jour où je t’ai rencontré, c’était un soir de novembre, il faisait froid…
Je me souviens de cette journée où j’ai croisé le regard Brad (Pitt NDLR). Il m’a invitée à déjeuner en bord de mer. Ce fût une journée mémorable !
Je me souviens de mon premier tour de chants. C’était en 1980, les salles étaient combles et les foules en délire.
ATELIER : "La carte postale"
Extrait de Jeu, Langage et créativité, J.-M. Caré, F. Debyser, Éd. Hachette, 1977 :
1. Mode d’adresse : prénom, appellatif, métaphore affectueuse (Mon lapin chéri…)
2. Raison du séjour (pas d’indication de lieu) : Je me fais bronzer
3. Lieu : sur une petite plage, à Longwy
4. Comparaison avec un autre lieu : ça ressemble à… ; On dirait… ; Ça me fait penser à…
5. Restriction ou nuance : mais en plus… grand/beau/petit
6. Effusion lyrique : C’est formidable ! C’est extraordinaire ! OU C’est désolant…
7. Notation météorologique
8. Commentaire sur les gens du lieu, du pays… OU sur les compagnons du séjour : ils sont… ; ils ont… ; ils font…
9. Restriction ou nuance : mais ils… (en plus ou en moins)
10. Précisions sur les occupations quotidiennes de l’expéditeur du courrier : Moi, je + Verbe au présent
11. Commentaire : C’est épouvantable… ; c’est fantastique…
12. Événement survenu à un proche (au passé composé) : Hier, Jacques s’est cassé la jambe…
13. Commentaire ou Jugement : C’est toujours la même chose… / Il n’en fait qu’à sa tête…
14. Appréciation générale sur le séjour
15. Marque d’intérêt pour le destinataire du courrier : Et toi, au fait, comment vas-tu ?
16. Demande d’informations, de nouvelles sur un point précis : Et ton genou ? Ton examen ?
17. Vœux, souhaits concernant le destinataire : J’espère… ; Je te souhaite…
18. Conseils : Fais bien attention à… ; Prends bien soin de… ; prends garde à…
19. Demande d’aide : Peux-tu nous envoyer mille euros ? Est-ce que tu pourrais aller arroser le jardin ?
20. Justification de la demande : (parce que) nous sommes complètement fauchés et…
21. Évocation d’une rencontre prochaine
22. Prise de congé, salutations, tendresse, signature : On se reverra en septembre, à bientôt, Bises
Ma chère Anne-Laure,
Je suis tranquillement posée sur un banc, sous un arbre, pour décompresser suite à mon burn out.
L’asile psychiatrique est niché au pied d’une petite montagne vosgienne.
On dirait le Club Med, sauf que les GO portent des blouses blanches.
Bien sûr, c’est nettement moins fun que Marbella, et le soleil ne se montre pas très souvent.
C’est vraiment très déprimant d’observer les autres pensionnaires. Ils ont tous des tronches de déterrés dans leur vieux jogging Quechua.
Une pluie fine et insistante tombe depuis 15 jours. Le sol est tout détrempé.
Les autres patients ne m’adressent pas trop la parole, ils déambulent dans les couloirs en marmonnant des paroles inintelligibles. Parfois je perçois un mot au vol : « Lsun », « PPMS », « Pacte », « compétence ».
Mais ils ne sont pas trop envahissants, ils ont plutôt tendance à m’éviter. Je me demande s’ils ne font pas de la phobie sociale.
Moi, je tricote beaucoup. Enfin, je fais semblant, les aiguilles à tricoter sont évidemment interdites ici.
J’ai déjà terminé le dos et la manche droite, ça m’éclate !
J’ai appris hier soir que l’inspectrice nous a acheté des Haribo et des stylos effaçables, le recteur lui a demandé de nous rendre une petite visite.
J’avoue que cette nouvelle m’a réjouie ! C’est tellement touchant que l’institution ne nous oublie pas, qu’elle se préoccupe avec tant de chaleur de notre santé.
Vraiment, je sens que ces six mois aux Trois Épis me font beaucoup de bien. Je ne rêve presque plus de Kyllian.
Et toi, Anne-Laure, comment ça va ? Les élèves te lancent toujours des compas et des gommes à la tronche pendant ton cours d’anglais ?
Et ton troisième dépôt de plainte ? Toujours pas de nouvelles ?
J’espère que ta plainte aboutira avant qu’ils aient incendié ta bagnole pour de bon !
Tu devrais aller voir le médecin du travail, mais si, il existe, et te faire prescrire un petit séjour aux Trois Épis aussi. Ça te ferait le plus grand bien.
Pourrais-tu m’envoyer un peu de lecture ? J’ai déjà fini tous les Tchoupi.
Tu sais, ici, ils ne proposent pas grand-chose, à part le Code Soleil ou les bouquins de Céline Alvarez.
Je me réjouis de ta prochaine visite, pense bien à mettre le badge Visiteur, tu sais comme ils ont vite fait de te mettre au frais dans une chambre ici !
Je t’embrasse fort, on fait un beau métier hein ?
Isabelle
Ma chère amie,
Je suis ici pour faire un peu le point sur ma vie.
Assise au bord de l’océan en Bretagne, bien loin de mes Alpes natales, je me souviens des vacances de mon enfance à l’île d’Oléron et des jeux sur la plage.
Ici c’est beaucoup plus humide, le vent souffle, on sent qu’on est à la fin de l’hiver.
Que les embruns et l’iode sont revigorants !
Le ciel se dégage enfin !
Quelques pêcheurs déchargent des caisses de poisson de leurs chalutiers. Cependant leur travail est rude et ils semblent bien tristes de leur sort.
Moi, j’écris tous les jours de 8 heures à 11 heures, dans ma chambre d’hôtel. C’est très laborieux et j’ai bien du mal à me discipliner.
J’ai appris hier que mon ex-compagnon est décédé brutalement. Cela m’est complètement indifférent !
Si tu savais comme je suis heureuse d’être ici, je me sens revivre.
Et toi, ma chère comment vas-tu ? J’espère que tu as réussi à convaincre ton chef de t’accorder tes vacances pour la fin juillet. En attendant, si la pluie cesse enfin, tu pourras bientôt profiter de ton jardin. N’oublie pas de te ménager et de prendre soin de toi.
Est-ce que tu pourrais passer à l’occasion chez moi pour nourrir le chat, mon fils qui devait s’en occuper a attrapé la grippe.
J’ai hâte de te retrouver pour notre voyage en Sicile ! Je t’embrasse, ma chère amie, à bientôt !
Maguy
Chère Miss K.,
Enfin libre !
Enfin, ça y est, j’y suis. J’ai cru que je ne pourrai jamais venir avec tout ce qu’il me restait à faire. Mais, ça y est. Enfin, j’y suis ! Sur mon île préférée. Ici, il n’y a aucune comparaison possible avec un autre lieu, c’est bien simple, tout est merveilleux ! Enfin, tout est merveilleux…non. Que dis-je ?
Tout est idéal ! Tout est sublime ! Tout est splendide ! Bref, paradisiaque. Tu connais la chanson… Là tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté… Le soleil fait plonger ses rayons dorés dans la mer. Tu n’imagines pas les couleurs… C’est incroyable. Prendre en photo ne reflèterait pas la réalité tant cette dernière dépasse la fiction je crois. En plus ici, les gens sont tellement sympathiques, affables et accueillants. Quel bonheur d’échanger avec eux !
Mais tu me manques.
C’est sûr que si tu étais présente, mon séjour en ce cas, serait absolument parfait.
Ici, moi je ne fais que vivre… Respirer… Contempler… Profiter du souffle doux de l’alizé dans mes cheveux.
Bien sûr, je parcours mon île de long en large, de A à Z, si je puis dire, tu me connais. J’aime bien rester un peu en marge, entre les lignes, entre les mots. M’attarder pour examiner ici un trait et là un segment. C’est plus fort que moi ! J’adore ça !
D’ailleurs, justement tout à l’heure, en me baladant, j’ai rencontré un vieux mot. C’est le verbe APPAROIR. Tu te souviens ? Cela faisait une éternité que je l’avais pas vu ni lu ou entendu. Une drôle de rencontre tout de même… Tu te rends compte ? Tout ce temps, tout ce voyage pour le retrouver là ! Justement sur mon petit îlot de mots. En tout cas, tout ce que je peux te dire, c’était qu’il était plutôt en triste état. Toujours pareil. Sombre inconnu qu’on n’utilise tellement plus. Aucun effort pour se faire connaître celui-là, je te jure, franchement! Enfin, que veux-tu… Apparoir reste apparoir. Cela ne m’empêche pas de passer un excellent séjour ici de toute façon. Tu te doutes bien ! Se retrouver parmi tous ces symboles, ces figures insignes dans cette forêt de signes. Magnifique vacance que ce Vendredi Libéré! Je n’ai tout de même pas croisé Michel Tournier. Sinon, encore une fois, il ne manque que toi ! Dommage que tu aies dû rester sur Saint-Dizier. Ce que je souhaite avant tout maintenant, c’est qu’il y ait une prochaine fois, comme ça toi aussi, tu pourras profiter avec moi de cette île enchantée, de cette petite parenthèse souriante d’écriture créative insufflant une bulle d’oxygène récréative dans notre emploi du temps surchargé respectif de professeures harassées.
En attendant, veille-bien sur nos petits Saints Exupériens haut-marnais.
A présent, je vais prendre congé avec le verbe apparoir, tu sais ce fameux verbe que plus personne n’emploie pour te dire mon au-revoir. Je le conjugue ici quand même pour le plaisir, puisqu’il APPERT que ma lettre est finie.
A très bientôt chère Miss K., chère amie, ma lectrice, ma semblable, ma sœur…
Miss Sen
Chère Maman,
Je réfléchis au soleil
Dans ce petit coin de verdure où nous allions souvent.
Ce jardin ressemble toujours à un petit paradis
Même s’il n’est plus tout à fait le même…un peu moins bleu et rose peut-être.
C’est magnifique, toujours
Malgré la légère brise qui nous enveloppe.
Je suis venue accompagnée des enfants,
Bien qu’eux ne puissent tout comprendre de ce lieu…
Moi, je ferme les yeux et j’écoute leurs rires.
C’est gai et énivrant.
Tiens, Gabrielle s’est écorché le genou. Elle n’a pas pleuré.
Elle préfère consoler son doudou. Elle est mignonne.
C’est comme un retour en arrière, ce séjour ici.
Tu me manques maman.
Comment le soleil brille-t-il là où tu es ?
J’espère que le soleil sait te réchauffer.
Repose-toi, sois en paix.
Continue de veiller sur nous là où tu es.
J’en ai besoin toujours…
Même si nous ne pouvons nous voir pour l’instant.
Je pense à toi. Encore et toujours. Je te laisse pour quelques jours en t’embrassant. Fort
Très chère toi,
Me voici par ici sans bien savoir pourquoi.
A l’ombre des feuilles mortes,
Pareil au cimetière où nous nous sommes tant aimés.
A ceci près que ta tombe n’est plus.
Douceur extravagante de ton absence continue !
Frimas, grêle, arcs-en-ciel de blizzard.
Les autochtones scabreux déambulent démembrés.
Et pourtant ils sourient au fond de leur fossé.
Moi, je pleure.
Tu n’as pas idée, c’est abyssal, ce malheur.
Avant-hier, j’ai bouffé mon raton-laveur.
Trop cru. Je l’aurais préféré mi-cuit.
Indolence automnale de ces zoos mortuaires.
Dans quel état te trouves-tu ?
As-tu reçu mon enveloppe au doigt coupé ?
Je te souhaite des langueurs océanes.
Déchire un peu le voile qui embrume ton âme.
Et donne-moi si tu peux un lambeau de soleil.Le cancer qui me ronge me laisse peu de répit.
Nous aurons d’ici peu l’occasion de trinquer dans un lit.
D’ici là, souris.
Un ami qui te veut du bien.
Mon petit cerveau chéri,
Je profite des vacances et je m’autorise à me poser enfin, histoire de faire un point, sur ma vie, sur le vrai et peut-être aussi le faux.
Me voilà sur l’Aubrac, là où les montagnes sont presque plates et où les vaches te regardent avec une infinie bonté, avec leurs yeux à peine maquillés de noir.
C’est un peu comme une mer très verte et sage, avec des vagues paisibles, rondes et apaisantes.
Je voudrais ne croiser personne, rester avec moi, voir la montagne et seulement la montagne.
Elle est énorme cette respiration, entêtante, grisante, j’avais oublié le goût de l’air !
Ciel sans nuage, d’un bleu auquel on ne croit pas…
Tant pis, mon chemin a croisé celui de randonneurs, ils ont l’air sereins, presque autant que moi … mais de quoi ai-je l’air au fait ?
Mais eux, ils cheminent en troupeau, moi je préfère ma « Rêverie de promeneuse solitaire »,
Moi je respire, je marche, j’observe, je sens, je ressens, je regarde ma vie… je fais exactement ce que font les autres randonneurs d’ailleurs.
C’est surprenant ce qu’on découvre lorsqu’on ralentit le pas, que la machine ronronne et qu’on se met à l’écouter !
Hier, mes enfants m’ont dit qu’ils m’aimaient !
C’est la première fois qu’ils m’ont dit ça, ou peut-être pas, mais c’est arrivé par surprise.
Dans mes montagnes presque plates j’ai appris à écouter, à entendre, à voir et regarder, à savourer : mes enfants m’ont dit qu’ils m’aimaient ! La vie se charge si souvent de nous le faire oublier !
Et toi, mon petit cerveau chéri, tu vas mieux depuis que je respire enfin ?
Et ta tristesse, et ta lassitude, elles sont parties ?
Je voudrais que tu gardes le souvenir des sensations d’aujourd’hui, d’aujourd’hui dans les montagnes presque plates, comme des remèdes aux chagrins peut-être à venir, comme des potions à partager, pour soulager.
Mais attention ! Pense à quel point il est facile d’oublier le bonheur !
Aide-moi à conserver cette énergie que j’emmagasine, place là au bon endroit dans tes tiroirs et laisse-moi une trace de leur chemin pour que je la retrouve.
Je suis si tête de linotte ! J’ai peur d’oublier, oublier d’avoir appris à regarder, à sentir, à savourer !
Ici et maintenant nous allons pouvoir nous reconnecter toi et moi, ne faire qu’une seule et même personne.
J’oublierai ainsi que tu es mon cerveau, que tu fais partie de moi mais que tu n’es pas tout à fait moi : tu es la matière, je suis l’esprit.
Mon cher psy,
J’avais grand besoin de détente. J’ai choisi pour cela une paisible maison de repos à Dignes les Bain, au bord de la mer, dans un pays plus chaud.
Vous me direz, pourquoi pas sur la côte bretonne, comme j’en ai l’habitude ? La mer reste la mer, et ici, le temps est moins sauvage, plus doux. Cependant, quelques nuages peuvent toutefois ternir l’azur sans tache du beau climat méditerranéen.
La tristesse me poursuit, elle m’accable. Quel contraste avec ces paysages joyeux et sereins qui se déploient devant moi et me narguent, jour après jour, avec leurs riantes vallées et leurs couleurs chatoyantes ! Au fond de moi, tout est gris, le monochrome ne rend pas justice à la vue de ma fenêtre.
Il fait beau tous les jours, les lumières même du soleil finissent par réchauffer mon corps de « lézard qui pèle », comme disait le poète Tristan Corbière.
Les aides-soignants sont plutôt aimables, discrets, bien qu’un peu débordés. Je ne m’intéresse guère aux autres pensionnaires, je ne suis pas venue pour faire -encore- des mondanités, à des gens fatigués comme moi par la vie, qui plus est !
Il est, néanmoins, un aide-soignant particulièrement mignon, qui attise en moi des désirs oubliés – vous diriez que c’est bon signe.
Moi, je me consacre à ce que je fais de mieux, la lecture et l’écriture. Les besoins du quotidien étant couverts par l’institution, j’ai cette opportunité inédite de pouvoir m’appartenir un peu pour écrire dans le silence.
Hier, j’ai appris que ma mère avait attrapé une sacrée grippe. A 74 ans, ce n’est pas anodin. Cependant, je la crois suffisamment solide pour s’en sortir sans dommage.
J’aimerais prolonger ce séjour en ces paisibles lieux. Comme Van Gogh, j’imagine de beaux tableaux, et de nouvelles couleurs me viennent.
J’espère que mes séances ont été remplacées, et que vous ne me les ferez pas payer à mon retour. Manquerait plus que ça !
D’ailleurs, à quelle date exactement avez-vous programmé vos vacances ? J’espère que vous ne prendrez pas encore deux mois, c’est trop. Je ne vous manque pas trop ? En même temps, je vous laisse respirer un peu, c’est pas si mal. Essayez de ne pas vous surmener, comme d’habitude, et n’allez pas vous casser la figure avec votre moto ! Je veux vous retrouver frais et dispos, ainsi que je le serai moi-même.
S’il vous plaît, répondez à cette lettre, faites-moi un signe, même le plus discret. Je me sentirai un peu moins isolée dans ma retraite volontaire. Vous savez bien que je n’aime pas quand vous faites le silencieux.
Je ne sais encore quand je vais pouvoir reprendre mes séances. Je vous préviendrai via doctolib. Portez-vous bien en attendant.
Mon très cher Albert,
Mon voyage s’est très bien passé. Je suis arrivé à bon port, dans le Paris de 3024 chez Nicolas Flammel.
Pourtant, ici plus rien ne m’est familier . Et je ne reconnais plus rien de la ville de mon époque.
Tout est plus sombre, plus lugubre, plus terne et sans consistance.
Le soleil ne brille plus !
J’ai appris qu’il n’y a plus de guerre.
Peut être est ce parce qu’il n’il ya plus rien à détruire ou à voler aux autres ?
Peut être est ce parce qu’il n’ya plus personne en capacité de les faire, ces guerres ? Qui sait ?
Les gens de maintenant ne sont plus que des corps non genrés. Ils sont aussi hyper-connectés à l’aide d’implants et de prothèse à une intelligence artificielle qu’ils appellent MERE.
Le ciel est toujours noir.
J’ai essayé d’entamer des conversations, des dialogues…des échanges mais ils ont oublié la parole. Le verbe qui était au commencement n’est plus.
Je dessine , j’observe et je documente au mieux pour que vous m’aidiez à comprendre comment nous en sommes arriver là. Léonard va adorer mes croquis.
Les émotions… ont disparu. Tout est virtuel comme ils disent en pensée. Moi je dis tout est mensonge.
Je n’ai pas vu d’enfant… même pas en représentation. Personne ne rit, personne ne pleure.
Mais où donc est passé l’humanité ?
Je me suis même demandé si j’étais encore dans notre monde ou dans un univers parallèle.
Et toi mon cher Einstein aurais tu une idée sur la question ?
Au fait ta formule, ça comment avance tes recherches en ce sens ?
Même si je te souhaite d’y arriver, réfléchis y à deux fois avant la confier aux politiciens.
A ce propos, pourrais tu organiser une réunion avec le comité des sages de ton époque pour m’aider à comprendre ce que je vois ici ?
J’ai hâte de partager mes observations avec vous.
En attendant de vous revoir tous à ton époque, je te salue fraternellement.
Ton ami, Michel de Notre Dame dit aussi Aux Bonheurs des Dames.
A M. JM Blanquer
Education nationale (la cave)
110, rue grenelle Paris 07
Mon très cher Jean-Michel,
Après une année plus que chargée, je me suis enfin mise au vert ; loin, très loin de toi.
Ici, c’est le paradis, mais en mieux parce que je suis toujours en vie. C’est fantastique cette vie sans toi ! rien ne vient obscurcir le ciel azur, ni réformes, ni 49.3. En plus, il n’y a personne, donc personne ne m’agace et je suis beaucoup moins aigrie – si ce n’est peut-être un chien qui aboie parfois… au loin.
Moi je bulle et commence enfin à t’oublier, et ça… c’est merveilleux . J’ai appris que ton contrat n’avait pas été renouvelé, tu m’en vois ravie. Jamais je ne m’étais sentie aussi bien, je revis dans ce havre de paix. J’espère que de ton côté, ta cave est bien humide. Je ne te demande pas comment tu vas : cela m’est complètement égal. Je souhaite ne plus jamais avoir à faire à toi ! Si tu veux un conseil : pour ton prochain job vise quelque chose de moins important. Aide-toi et le ciel t’aidera parce qu’ avec tout ce que tu nous as raconté pendant que tu étais en poste…
Si un jour nous venions à nous croiser (ce dont je doute), je te conseille de ne pas venir me saluer.
Bisous
Marco,
Je t’écris pendant la courte pause qui m’a été accordée.
Ce nouvel institut est un immense labyrinthe aveuglant par ses lumières blanches.
On se croirait dans les bureaux mais en plus luxueux.
Je n’aurais jamais imaginé pourvoir intégrer un tel lieu.
Le temps y est maussade et froid. L’accueil peut parfois être tout aussi glacial.
Malgré cela, j’ai bien saisi qu’ils incarnent les codes de ce lieu privilégié.
Moi, j’interviens dans les bureaux et j’ai réussi à accéder aux locaux privés. Je me fais passer pour une étudiante peu qualifiée, je reste discrète.
Les ingénieurs croient que je ne comprends pas leur langue. J’ai été convaincante.
Charles a réussi à intégrer leur équipe de direction.
Sauf le Superviseur de projet qui semble cacher de lourds secrets. Ce qui me déplaît au plus haut point.
Ce lieu bien que prestigieux recèle aussi des plans confidentiels. J’ai pu suivre les conseils de sécurité et réunions.
Où en es-tu ? Ton intégration de la plateforme se fait-elle dans les temps ? Les ingénieurs supervisant les flux de pétroles ont-ils soutenu ta nouvelle stratégie ?
J’ai hâte que toute cette exploitation cesse.
Prends garde à ce que personne ne suspecte ta mission. J’ai besoin des plans et des images des drones pour pirater leur système de surveillance.
Tiens-moi informée de toutes difficultés. Ici, les chefs ne se doutent toujours pas de la fragilité de l’infrastructure.
Mon chéri,
Je suis partie me ressourcer dans un camp de nudistes. Ça me fait penser à la propriété de tes parents mais en plus cool. C’est le pied ! En plus il fait très chaud !
Mes compagnons de séjour sont très sympas et en plus, très libres.
Moi, je ne peux pas trop te parler de toutes mes occupations mais disons que je profite. C’est formidable !
Hier un copain a perdu ses lunettes et était furieux. Il se plaignait constamment de ne rien pouvoir voir… Bref, c’est un séjour vraiment top !
Et toi, au fait, ça va ? Le ménage ? Tu t’en sors ? ?
J’espère que tu te régales devant la télé. Fais bien attention à faire régulièrement la vaisselle, sinon ça craint…
Peux-tu m’envoyer un peu d’argent ? Je n’en ai plus assez pour les cocktails.
Au fait, demain je rencontre le chef du camp pour une nouvelle inscription pour l’année prochaine.
Allez, à +… On m’appelle,
Bisous
Palais de l’Elysée
55 Rue du Faubourg Saint-Honoré,
75008 Paris
Monsieur le Président,
Au moment où j’écris, je manifeste contre votre politique injuste. Dans la rue, la foule est mobilisée comme sur un champ de bataille, mais avec encore plus de férocité. Notre solidarité est à toute épreuve face à l’ignominie de vos récentes mesures antidémocratiques et « populicides » qui nous ramènent au niveau des pires régimes dictatoriaux.
Le temps semble rejoindre notre cause car il est à noter qu’il fait très beau aujourd’hui. Certains chantent, d’autres préparent des grillades, ou encore organisent les prochains mouvements.
Évidemment, les CRS surarmés qui commencent à nous encercler suscitent notre inquiétude.
Moi, je colle des affiches. Cela prend du temps mais j’espère que cela participera à l’éveil collectif.
Ce matin, Marcel a offert le pastis aux militants. C’était une délicate attention.
Globalement, nous avons passé une bonne journée.
Et vous ? Êtes-vous confortablement installé dans votre mobilier de luxe payé par nos impôts ? Quelles manigances préparez-vous encore contre les honnêtes citoyens ?
Je souhaite qu’un tribunal vous condamne bientôt pour vos abus et votre corruption. Vous devriez vous méfier du peuple qui gronde. Il serait plus sage de quitter vos fonctions de votre plein gré, afin d’éviter de gros désagréments.
Par ailleurs, nous exigeons l’organisation d’une rencontre très rapidement afin de vous présenter toutes nos revendications.
En vous remerciant pour votre attention, veuillez accepter nos sincères salutations.
Cordialement,
Le peuple français
Palais de l’Elysée
55 Rue du Faubourg Saint-Honoré,
75008 Paris
Monsieur Macron,
En congé estival dans le Lot (chez mon frère), tout proche et semblable à l’Aveyron, où l’internet ne fonctionne pas donc pas d’images, vous et les autres ne me manquez pas !
La beauté de la nature et du bâtit sont bien plus agréables.
Dans le coin, les gens sont conviviaux, solidaires et bienveillants même avec les étranges étrangers parisiens…
Même si comme dans toutes les campagnes il existe des brebis galeuses…
Ici, j’alterne la visite des villages, des balades en vélo et le farniente et je profite de la gastronomie.
C’est fantastique le canard à toutes les sauces !
Mais, hier soir, Chris a abusé de l’aligot et aujourd’hui, point de Go !
Je l’avais pourtant bien prévenue de ne pas manger autant que moi.
Bien que coutumier de ces séjours dans cette région, je ne me lasse pas de cette diversité et de ce bon-vivre.
Et vous, à Brégançon, tout baigne… dans la piscine ou la mer ?
Jouez-vous à la pétanque avec Brigitte ?
Profitez bien de vos congés car la rentrée sera corsée…
Ainsi, pourriez-vous envisager d’augmenter les salaires dès celle-ci ?
En effet, tout augmente et j’ai, pardon, nous avons le sentiment de nous appauvrir…
Serait-il possible qu’après avoir téléphoné à Monsieur Trump, vous m’appeliez aussi ?
En vous remerciant d’avance, veuillez recevoir l’expression de mes salutations distinguées.
ATELIER : "Les extrêmes"
« J’étais donc arrivé à ce moment si particulier où l’on peut encore choisir, ce moment où l’on peut choisir l’avenir de ses sentiments. Je me trouvais désormais au sommet du toboggan, je pouvais toujours décider de redescendre l’échelle, de m’en aller, fuir loin d’elle, prétextant un impératif aussi fallacieux qu’important. Ou bien je pouvais me laisser porter, enjamber la rampe et me laisser glisser avec cette douce impression de ne plus pouvoir rien décider, de ne plus pouvoir rien arrêter. »
Olivier Bourdeau, En attendant Bojangles, Gallimard, 2016
📝 6 à 10 lignes – 🕒 10 min – 💡 Ne décrivez pas la rencontre. Focalisez-vous sur les sensations et les sentiments que vous éprouvez.
📝 6 à 10 lignes – 🕒 20-30 min – 💡 Ne décrivez pas une rupture. Focalisez-vous sur les sensations et les sentiments que vous éprouvez.
Je ne glisse pas, je tombe.
Je ne tombe pas, je chute.
Je ne chute pas. Je m’abîme.
C’est un gouffre qui est ouvert devant moi, et comme je n’ai pas le choix, de toute façon, je vais sombrer au plus profond de cette eau.
Est-elle calme, sereine ? Est-elle agitée, tumultueuse ? Est-elle froide, glaciale ? Est-elle chaude, brûlante ?
Peu m’importe. Le plaisir est dans le mouvement et l’immersion. Si je ne peux nager, si les flots me chahutent trop, je plongerai. Si je ne peux plonger, je me laisserai couler doucement.
MAIS
Mes mains caresseront, mes yeux brilleront, mon souffle se perdra. Mon coeur battra.
Je me noierai.
JE SUCCOMBERAI.
JE VIVRAI.
Je me trouve désormais au sommet du toboggan. J’ai oublié qui a dit que « Le bonheur, c’est quand on monte l’escalier », moi je sens juste qu’il est ici, sur ce toboggan qui glisse vers toi. Sensualité de l’attente, bientôt j’attraperai ta main, je sentirai sa chaleur, sa douceur ; puis je serrerai tes bras, ton corps, ton visage où je lirai tous les soleils du monde dans tes yeux noirs. Je me laisse aspirer, engloutir, absorber par cette espérance, cette promesse de toi.
Tu es prête ? Tu la vois cette échelle ? Je ne vais pas la gravir timidement mais enjamber quatre à quatre ces volées de marches jusqu’à m’envoler, non seulement au sommet de ce toboggan au pied duquel tu m’attends, mais aussi bien au-delà, au-delà des doutes, au-delà des “Je préfèrerais qu’on reste amis”, au-delà du néant qui nous attend si ne faisons pas ce pas l’un vers l’autre, cette glissade salutaire qui justifiera à jamais nos existences, cette promesse de vent dans tes cheveux, ce baiser prometteur au creux de tes yeux.
ATELIER : "La petite sœur"
« Je ne glousse avec personne comme je glousse avec mes sœurs. On dit giggling pour « glousser » en anglais. Les chatouillements de l’amour. Un rien pouvait être l’étincelle pour une déflagration de fous rires. Nous seules avions les codes. Rire des mêmes choses, avoir cet humour en commun, c’est sans doute génétique. ‘’Sœur’’ ça rime avec ‘’cœur’’ ».
Mes 18 exils, Susie Morgenstern, L’Iconoclaste, 2021
À l’occasion de la naissance d’une petite sœur, écrivez un poème satirique avec des rimes en « -eur ».
📝 12 vers – 🕒 30 min – 💡 Ne craignez pas l’humour noir
Dans deux mois tu seras là, petite sœur.
Maman ne sera plus que joie
Mais tu feras mon malheur.
Je sens d’ici ton caca, j’entends au loin tes pleurs.
Je t’ai déjà en horreur.
– Et ta sœur ?!
– Mais c’est moi ta sœur, en deux mots vieux crâneur, et elle te dit que tu n’es qu’un loser sans cœur !
– Ok p’tit cœur de p’tite sœur, arrête tes pleurs, je t’offrirai des fleurs qui feront ton bonheur quand tu seras docteur
– Je serai docteur ou arnaqueur, comme il me plaira, quand ce sera l’heure.
– L’heure de quoi p’tite sœur ?
– De ma tartine au beurre !
Si horreur est là ! Ô rageur, Ô ma soeur !
Oeuvre donc pour mon bien, arrête mon malheur !
Eclipse toi ! A la lueur de ton erreur à laquelle colle ton odeur.
Une pensée de toi, sème peur supérieur à la chaleur…du soleil
Rêveur, douceur, bonheur et cajoleur tous ces mots sont désormais
Signe que vous êtes une désormais les seigneurs de la demeure…et moi je meurs.
Je me souviens de la volupté de tes lèvres au matin sur ma peau.
Je me souviens des étoiles étincelantes dans tes yeux.
Je me souviens de ton parfum…
Je me souviens du silence de mon cœur… et puis plus rien ne me revient.
Je me rappelle encore ce jour, de cette heure,
Mes parents me l’avaient répété en cœur :
« Tu vas être une grande sœur ! »
J’avais cru au grand bonheur,
Les jouets, les cadeaux, les fleurs,
Tout cela n’était qu’un leurre !
Aussitôt arrivée, cette petite sœur
A gardé mes parents, pour elle, au moyen de ses pleurs !
Personne n’avait parlé de ses couches et de leur puanteur !
Je vais leur faire peur,
Et écrire une lettre haute en couleur,
Je demande un retour à l’envoyeur
Car, en fait, c’est la fille du facteur…
Dès la première heure,
Je découvrais mon malheur
Loin d’être un véritable bonheur,
Arrivait ma petite sœur
Quand d’autres naissait dans des fleurs,
tu arrivais en tracteur !
Horreur !
Je découvrais avec stupeur,
Ton visage couvert de tumeurs
Ton regard révélateur
Annonçait sans aucune pudeur
Un avenir haut en couleurs
Jamais au grand jamais
Je n’aurais dû réclamer avec ardeur
Quelque chose qui pallierait à mon ennui
Ce fût une énorme erreur
Aujourd’hui, jour de bonheur,
Nous est née une petite sœur.
Elle a les yeux du facteur,
Les pieds du livreur,
Les mains du brocanteur,
Les cheveux du coiffeur,
Les joues du masseur,
Les jambes de l’éboueur,
Les oreilles du sonneur,
Le nom du tuteur.
Papa est en fureur
En ce jour de bonheur !
Sur mon foyer s’abat un terrible malheur
En ce jour macabre m’est née une petite sœur
Je ne saurais vous dire à quel point ma rancœur
Sème en moi un maléfique instinct destructeur
Que pourrais-je faire contre ce cynique imposteur
Je me vengerai d’abord contre ses géniteurs
ATELIER : "Poème à partir d'une structure"
À partir de la structure du poème de Armand Monjo, La Nouvelle guirlande de Julie, écrire un poème.
ATELIER : "Papa"
Consigne 1 : Quand vous évoquez “papa”, quels sont les mots qui vous viennent à l’esprit
Consigne 2 : Complétez les phrases ci-dessous.
🕒 10 min
Papa,
……………. c’est toujours toi qui ………………………………………….
……………. c’est toujours à toi que ………………………………………….
……………. tu ne m’as pas ………………………………………….
……………. jamais tu ………………………………………….
……………. si je pouvais, je ………………………………………….
……………. il faut vraiment qu’on ………………………………………….
……………. tu as toujours ………………………………………….
……………. j’ai oublié de ………………………………………….
……………. crois-tu que …………………………………………
ATELIER : "Tautogramme"
Consigne : écrivez une phrase composée de mots commençant tous par la même lettre.
Ma manche me mène mieux mais moins mon manteau marron. Mince !
Dans du dentifrice des dindons durs d’oreille, dansent.
Car Corinne carotte cassoulet cuit, craquottes (et) canards.
Ecoute et écorche éléphants et épinards.
Zébu zinzinule et zèbre, zéro zénith, zoologiquement zut !
Tu tapines tes turpitudes, te tartines tes tranches, toujours tu te tires tes taulards, tuant tes tentations trismégistes !
Lire les lettres le long de la ligne.
First, Fight for freedom.
Today Ted ‘s training turtles to tilt.
Marie mondialement méconnue maugréa malgré moi ” Mama-mia miséricordia Madonna “.
Moi, mon modeste mari Marx, méditant ” Marcher mérite Money “, ment magistralement.
Même Mireille mi-maman mi-mamie maoïste masochiste mima Mimi Matti, mi-figue mi-raisin marmonnant ” Mi majeur, mi mineur, mi dièse “.
Merci merveilleux messie maroco-marseillais !
Pendant Pâques, Patrice, plutôt petit peintre pourtant prétendument pas peu prétentieux, partit précipitamment pour Prague, prendre posément plusieurs photos parfaitement pittoresques.
ATELIER : "Métiers imaginaires"
Consigne : inventez des métiers qui n’existent pas.
Empêcheur de tourner en rond
Graisseur d’évier
Enfileur de housse de couette
Laceur de chaussures
Porteur de cartable
Boucheur de WC
Professeur d’argot
Contrôleur du vent
Représentant des portes et fenêtres fermées
Ministre des problèmes sans solutions
ATELIER : "Ritournelle"
Consigne : écrivez une ritournelle dans laquelle chaque phrase commencera par un jour de la semaine. Vous utiliserez un maximum de mots finissant par le son “-i”.
Lundi, il faut relever des défis.
Mardi, le chemin n’est pas fini.
Mercredi, les amis sont au match de rugby.
Jeudi je ne sais plus qui je suis.
Vendredi, que se passe-t-il ? je souris.
Samedi, j’oublie mes soucis.
Dimanche, je me lance, il ne faut pas que je flanche.
Lundi, gros compromis : se lever ou rester au lit
Mardi, sans soucis, gober trois kiwis et c’est parti !
Mercredi, euphorie : c’est la journée des amis
Jeudi, c’est promis le travail sera accompli
Vendredi symphonie, j’écoute du Verdi, quelle cacophonie !
Samedi, youpi l’école est finie !
Dimanche, tout est permis même le whisky avec ou sans folie, plus deux ou trois planches, on se déhanche !
ATELIER : "Mots-valises"
Consigne : créez des mots-valises !
Sapiomnésie : Oublier d’être intelligent.
Phonmnésie/téléphonmnésie (oubli du téléphone)
Enfmnésie/kindermnésie (oublier ses enfants quelque part)
Coursmnésie (oublier de faire les courses)
Voitmnésie (oublier où est garée la voiture)
Bébémnésie (oublier son bébé – dans la voiture)
Garderimnésie (oublier ses enfants à la garderie)
Lunettmnésie (oublier où on a rangé ses lunettes)
ATELIER : "Les expressions culinaires"
Connaissez-vous ces expressions ?
Ramener sa fraise
Avoir le melon
Être serrés comme des sardines
Avoir du pain sur la planche
Couper la poire en deux
Avoir un cœur d’artichaut
Être une courge
Être une poire
Être soupe au lait
Être une quiche
Tomber dans les pommes
Raconter des salades
Faire le poireau
Consigne 1 : Inventez des expressions à partir d’aliments. Ne craignez pas d’être absurde !
📝 10 expressions – 🕒 15′ – 💡 Ton absurde
avoir une mémoire de petits pois
avoir une démarche de pastèque
se pointer comme un champignon
avoir la citrouille râpée
avoir les yeux cerise
être coiffé comme un fenouil
casser les rognons
rester macarons
faire son ananas
être yaourt
avoir une personnalité de tofu
avoir un coeur de camembert
faire avaler la banane avec la peau
être mi-poire mi-coing
avoir l’air d’un champignon sur la Garonne
Ceci n’est pas du basilic.
Avoir des pieds camembert
Avoir des carottes à la place des bras
Travailler comme une moule
Chanter comme un kiwi
Avoir des litchis à la place des yeux
Avoir un burger à la place du cœur
Pousser mémé dans le ragout (la daube)