Le Ministère a annoncé le 28 janvier 2026, lors d’un groupe de travail avec les organisations syndicales, qu’un nouveau logiciel de gestion du remplacement allait être déployé sur l’ensemble du territoire entre mars 2026 et février 2028. Ce logiciel, associé à un remaniement de la gestion des remplaçants, permettrait d’améliorer le remplacement dans le premier degré. Le SNALC ne partage pas cette analyse et s’inquiète des conséquences concrètes de ces choix.
Des intentions loin des réalités
Le Ministère prétend qu’actuellement les circonscriptions ne mutualisent pas « les moyens » et que les spécialisations (REP+, BDFC, ASH) ne permettent pas une optimisation du remplacement en fonction des besoins. Cette organisation serait source de rigidité et d’inefficacité.
Il souhaite donc la création d’un vivier unique et départemental de remplaçants afin d’éviter la segmentation géographique, bien que le rattachement administratif à une école soit maintenu pour calculer les indemnités (IJSSR).
La déspécialisation complète des postes, déjà actée dans nombre de départements, est également visée. Présentée comme un levier « d’optimisation des forces vives », cette orientation suscite l’opposition du SNALC : cette déspécialisation a des répercussions significatives sur la qualité de vie professionnelle et l’équilibre financier des enseignants qui avaient choisi de postuler pour occuper spécifiquement ces postes.
Par ailleurs, les modalités de gestion du nouveau vivier seront choisies localement (gestion en circonscription, mixte ou au niveau de la DSDEN), ce qui laisse présager de fortes disparités territoriales et une lisibilité encore réduite du dispositif.
Si le Ministère a présenté en réunion quelques diapositives avec des chiffres soigneusement sélectionnés pour justifier ses choix, il reste déconnecté des réalités des écoles. Les données avancées ne rendent pas compte de la complexité du travail des remplaçants. Ils interviennent déjà dans plusieurs circonscriptions et ceux qui sont spécialisés sont également déployés pour des suppléances classiques. Dans ces conditions, qu’y a-t-il à y gagner ? L’administration souhaite-t-elle économiser quelques indemnités en déspécialisant les postes ?
Des conditions de travail dégradées
Il faut rappeler que le métier des professeurs remplaçants nécessite une véritable expertise et qu’il est devenu extrêmement exigeant et éprouvant. Polyvalence, adaptabilité permanente, déplacements fréquents et imprévisibilité des affectations constituent désormais le quotidien de ces collègues. Une enquête de la DEPP atteste d’ailleurs qu’ils ont vu leur santé se détériorer : 68,1 % d’entre eux ont eu au moins un jour de congé pour maladie, contre 56,8 % des enseignants non-remplaçants. Les conditions d’exercice finissent par avoir un impact sur la santé des collègues.
L’inquiétude et la colère de ces professionnels face aux annonces des DSDEN sont donc bien compréhensibles.
Le SNALC alerte sur la perte d’attractivité des postes de remplaçants. Si les PE ne trouvent plus d’avantages à les occuper, la mobilité sur ces postes augmentera fortement et il en résultera une perte de compétences. De nouveaux collègues seront affectés dans la brigade départementale, souvent en début de carrière et contre leur volonté, alors même qu’il s’agit de postes difficiles qui nécessitent une grande capacité d’adaptation, tant professionnelle que personnelle.
Pour le SNALC, si le remplacement devient de plus en plus défaillant, c’est parce qu’il manque cruellement de postes de remplaçants : le démantèlement des spécialités, le remaniement du système de gestion et l’avènement d’un énième logiciel ne permettront pas d’y pallier. Ces mesures ne répondent pas aux besoins. Pour garantir la continuité pédagogique et améliorer les conditions de travail de tous, il est donc impératif de recréer des postes de remplaçants sur l’ensemble du territoire.




