Dans l’Éducation nationale comme dans la fonction publique, le silence radio de la hiérarchie est rarement anodin. Lorsqu’un personnel ne reçoit aucune réponse à ses courriels, à ses demandes légitimes ou à ses alertes, ce silence devient une porte close : il ne règle rien, mais laisse l’agent seul au bord du chemin.
L’école de Palo Alto le rappelle dans son premier axiome : « On ne peut pas ne pas communiquer. » Autrement dit, le mutisme hiérarchique à tous les niveaux est une forme de communication. Il peut signifier à l’agent que sa parole ne mérite pas d’être entendue. Le deuxième axiome précise que toute communication comporte un contenu et une relation. Ici, le contenu est absent, mais le message relationnel peut être particulièrement violent : l’agent demeure dans le brouillard, déshumanisé et privé des éléments nécessaires à l’exercice de ses missions.
La classification de l’agression d’Arnold H. Buss éclaire encore cette situation : une agression peut être active ou passive. Si l’omission d’une réponse attendue est répétée, ciblée et utilisée pour mettre sous pression ou isoler un agent, c’est une modalité d’agression passive.
L’article L121-1 du Code général de la fonction publique impose à tout agent, et donc a fortiori à l’encadrement, d’exercer ses fonctions avec dignité et impartialité, intégrité et probité. Que dire alors d’un silence ciblé qui heurte la dignité, l’impartialité, lorsqu’il vise certains agents sans motif objectif ou encore la probité lorsqu’il devient un moyen de pression ?
L’article L121-2 impose également la neutralité : ignorer un collègue en raison de ses opinions, de ses interventions professionnelles ou de son engagement syndical constitue donc une faute.
Pour le SNALC, l’incertitude entretenue constitue un facteur de risques psychosociaux que l’employeur doit prévenir.
Face au silence, privilégiez l’écrit factuel et daté, sollicitez une réponse ou un entretien, conservez les relances et leurs conséquences concrètes sur votre travail et votre santé. Si le silence persiste, faites-vous accompagner de vos représentants pour saisir efficacement les dispositifs de signalements.
Article publié dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1517 du 2 octobre 2026




