À l’approche de l’élection présidentielle, candidats déclarés ou potentiels évoquent la nécessité de réformer les retraites. Très rares sont toutefois ceux qui distinguent les pensions du régime général de celles des fonctionnaires. Le SNALC s’intéresse prioritairement à la situation des professeurs et des autres personnels de l’Éducation nationale.
La création de retraites complémentaires ou par capitalisation est régulièrement évoquée. Or, les agents publics relèvent déjà d’un système obligatoire par capitalisation : la Retraite Additionnelle de la Fonction Publique (RAFP). Elle permet de percevoir, au moment du départ à la retraite, un capital ou une rente viagère. Son rendement demeure cependant limité : pour augmenter sensiblement ce complément, un professeur devrait effectuer un très grand nombre d’heures supplémentaires ; les autres personnels devraient cumuler les indemnités, notamment l’IFSE.
L’État pourrait augmenter la part prise en compte dans ce dispositif au titre des compléments de rémunération. Mais il faut surtout rappeler que les prélèvements ont fortement progressé au fil des années. La cotisation pour pension civile est passée de 6 % à 7,85 %, puis à 10 % et enfin à 11,10 %. Ces cotisations sont versées au budget général de l’État : elles ne financent donc pas directement, à elles seules, les pensions civiles.
À cela s’ajoutent la CSG, instaurée en 1991, la CRDS, créée en 1996 pour rembourser la dette sociale, et la Contribution Additionnelle de Solidarité pour l’Autonomie (CASA), de 0,3 %, acquittée par une partie des retraités. La CRDS, initialement prévue comme temporaire, perdure alors que le remboursement de la dette sociale est désormais envisagé au début des années 2030.
Les retraités de l’Éducation nationale ne sont en aucun cas des privilégiés. Cette situation explique aussi pourquoi les personnels réclament des augmentations de traitement : leur pouvoir d’achat s’est continuellement dégradé et les débuts de carrière se rapprochent dangereusement du SMIC, bien loin des deux SMIC d’il y a quarante ans. Dans ces conditions, faut-il vraiment s’étonner de la baisse continue du nombre de candidats aux concours de recrutement ?
Le SNALC revendique une revalorisation immédiate et pérenne des traitements, sans contrepartie d’heures supplémentaires ou de missions supplémentaires, afin de restaurer l’attractivité des métiers de l’Éducation nationale et de garantir des pensions dignes.
Article paru dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1516 du 4 septembre 2026





