L’édito du président

Jean-Rémi GIRARD
Edito de la revue Quinzaine universitaire n°1515 – école du 10 juillet 2026
Combien pour un climatiseur ? Pour un désamiantage ? Pour une rénovation des locaux ? Combien pour un accompagnement réel et complet des élèves en situation de handicap ? Combien pour un fonctionnaire de catégorie A niveau bac+5, combien pour une direction ayant les moyens de fonctionner ? Combien pour des classes d’une taille simplement raisonnable ?
À l’heure où de nouvelles coupes budgétaires sont annoncées, se surajoutant aux précédentes, la réponse à toutes ces questions semble être « pas grand-chose, voire rien du tout ». Pourtant, tous les indicateurs convergent : le système scolaire français s’effrite chaque jour un peu plus, et le salaire et le moral et le bien-être de ses personnels avec lui.
Dans le même temps, on a trouvé 4 millions d’euros pour une convention citoyenne sur les rythmes de l’enfant. On a financé des uniformes dans le cadre d’une expérimentation déjà abandonnée presque partout où elle avait été mise en place. On dégage 20 millions pour un appel d’offres sur la création d’une IA « Éducation nationale ». Ces sujets ne sont pas inintéressants en soi, mais quand la maison s’effondre, est-ce vraiment le moment de redécorer le hall d’entrée ?
Cette incapacité à agir avec raison porte un nom : l’apparence. Peu importe que l’Éducation nationale n’ait pas les moyens de ses ambitions tant que la vitrine fait illusion. Mais défense d’aller voir dans l’arrière-boutique : on constaterait que tout ou presque est en rupture de stock, et que le magasin aurait fermé depuis longtemps sans l’investissement hors norme des professeurs des écoles qui y travaillent.
Le SNALC sait que les priorités aujourd’hui sont les salaires, les conditions de travail et la gestion de l’école inclusive. Pas de changer une fois encore les programmes. La priorité, c’est notre capacité à transmettre la maîtrise de la langue à nos élèves tout au long de la scolarité, et non de blablater sur les consignes de correction du bac. Quelle idée pour notre ministre de se lancer dans une grande opération de com’ sur le sujet — sans transmettre aucun document écrit ou barème nouveau à l’échelon local — alors qu’on n’arrive même plus à recruter les professeurs des écoles dont on a besoin pour enseigner la grammaire ?
La priorité, c’est non seulement d’obtenir un budget permettant à notre institution de sortir de l’ornière, mais aussi de faire des choix à l’intérieur de ce budget. Puisque notre ministre affirme que son objectif est davantage technique que politique, avec un CDD se terminant fin du 1er trimestre 2027, ne devrait-il pas en profiter pour faire un travail de fond sur l’utilisation de l’argent dans notre technostructure ? Visiblement, il y a des marges de progrès possibles. Et elles sont certainement ailleurs que dans des suppressions de postes.
Le SNALC rappelle qu’il n’a qu’une ligne de conduite : la défense de vos intérêts matériels et moraux. Il n’a jamais confondu et ne confondra jamais l’essentiel et l’accessoire. C’est pourquoi il vous accompagne au quotidien, car il sait que l’essentiel, c’est vous.





