Le titre de cet article peut sembler grandiloquent, voire pompeux. Pourtant, le SNALC tient à rappeler l’importance de notre métier tout en redéfinissant le verbe « enseigner ».
« L’ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine mène à la violence » disait Averroès. En d’autres temps, Voltaire exprimait aussi son attachement à la raison : « La seule arme contre ce monstre qu’est le fanatisme, c’est la raison. La seule manière d’empêcher les hommes d’être absurdes et méchants, c’est de les éclairer. »
Pour le SNALC, l’enseignant est celui qui apporte la connaissance, qui permet de développer la raison, qui fait réfléchir et donc douter. Autant dire que son rôle est fondamental.
Trop souvent, la modernité voit en l’enfant un être complet et parfait par essence que l’École et la société tendraient à abîmer, à faire souffrir. Il conviendrait donc, plutôt que de le confronter à ce qu’il ne connaît pas – ce qui risquerait de le mettre en difficulté –, de le conforter dans ce qu’il sait et dans ce qu’il est.
En conséquence, trop souvent, les jeunes gens qui fréquentent l’École ne doutent plus. Soit ils ne doutent plus d’eux-mêmes et ne se remettent plus en cause, soit ils n’interrogent plus ce qu’ils entendent de la part de bonimenteurs 2.0 ou de prédicateurs de tous poils. Or, celui qui ne doute pas peut avoir tendance à vouloir imposer son point de vue, sa vérité, quitte à user de violence car celle-ci se trouve légitimée.
En ce sens, enseigner revêt une importance fondamentale: comme le rappelle son étymologie, il s’agit de montrer, de désigner des savoirs que l’élève ne possède pas initialement et qu’on lui transmet afin de l’aider à se structurer, à s’épanouir et à devenir un citoyen à part entière. Pour le SNALC, enseigner va de pair avec instruire soit assembler, ériger, outiller et doter.
Notre mission d’enseignant consiste donc à former par la connaissance, la réflexion et l’esprit critique, des adultes -et à travers eux une société- éclairés plutôt qu’obscurantistes,attachés à la raison plutôt qu’à la violence. C’est en cela que notre métier est essentiel et devrait être reconnu à sa juste valeur. Peut-être est-ce d’ailleurs depuis qu’il a été détourné de son sens premier qu’il a pu être déconsidéré et dévalorisé.
Article paru dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1513 du 7 mai 2026





